Le dernier quartier de lune

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« écoutez la voix d’une femme qui n’a pas de nom car son histoire se fond avec celle de la forêt de l’extrême nord de la Chine ». Nous voilà au pays des Evenks, vers l’ancienne Mandchourie, à la frontière de la Sibérie russe. Voici un énorme coup de cœur qui vous porte fort et loin et que j’ai pu partager avec Natacha, ma collègue BD à la librairie. Chacune avec son ouvrage, nous nous donnions des nouvelles de notre avancée au sein du clan, urireng, de ces nomades éleveurs de rennes. Chi Zijian, l’auteure, qui a passé un temps avec ce peuple qui laisse rythmer sa vie de camp par les saisons, les rituels chamaniques et les bêtes peuplant les vastes forêts, nous donne à voir l’histoire de ce monde fragile. Cependant, rien d’idyllique dans cet univers, naissances et morts sont étroitement liées et la rudesse de cette vie ne les épargne guère. Le travail de traduction, mené par Yvonne André et Stéphane Lévêque, est magistral, tant les retranscriptions de certaines scènes sont incroyablement riches et l’atmosphère résolument grandiose. Nous sommes avec eux et elles, tourmentées, amoureuses, émues, contemplatives; proches de cette grand-mère qui vous fait confident(e) au même titre que la pluie, le feu ou le vent. Bref, voici « Le dernier quartier de lune« , une épopée dans les vastes steppes, au pays des climats rigoureux et des croyances animistes. Un vrai et beau voyage que celui-ci!

Le dernier quartier de lune de CHI Zijian – éditions Philippe Picquier – 364 p. – 22 euros –

Fanny.

Hiver à Sokcho

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Nous passons un hiver à Sokcho, Corée du Sud, non loin de la frontière qui délimite le pays de son obscur voisin du Nord. C’est une jeune franco-coréenne, tout comme l’auteure, qui nous raconte son histoire, cette rencontre avec un homme, auteur de bande dessinée, venu du nord-ouest de l’hexagone et comme échoué dans le froid hivernal de cette petite ville portuaire. C’est un petit roman, ce séjour que nous faisons auprès de ces deux êtres, en recherche d’un soleil, d’une émotion amoureuse, d’un destin pris dans le brouillard de leur vie. Et c’est un petit roman d’une grande intensité, qui nous fait vibrer, nous laisse aller à la vie, nous emporte dans les habitudes d’une vie d’Ailleurs. Tout est à lire en prenant le temps d’observer, de ressentir et de se laisser happer par l’ambiance et la rencontre entre ces deux personnes qui se cherchent, barrière de la langue et des perceptions, se découvrent, vont autant l’un vers l’autre que l’un contre l’autre, comme le mouvement des vagues. L’Hiver à Sokcho est un écrin que l’on quitte sur la pointe des pieds, totalement charmée par l’univers d’Elisa Shua Dusapin.

Et merci à ma pétillante collègue Linda qui a, le plus simplement du monde, écrit « J’aime ce livre » en coréen sur mes deux mirettes en forme de cœur.

Hiver à Sokcho d’Elisa Shua Dusapin – Zoé éditions – 140 pages – 15.50 euros –

Fanny.

Et voici Gaëlle!

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A chaque rentrée, nous avons le plaisir d’accueillir un(e) nouvel(le) apprenti(e), pour 2 ans, en alternance. Après Estelle, l’année dernière (qui poursuit sa formation avec nos collègues jeunesse), nous accueillons donc Gaëlle. Elle sera avec nous, à l’étage, pour sa première année afin de découvrir le métier de libraire et effectuera sa deuxième année d’apprentissage avec Anne-Rozenn et Linda.

Gaëlle a tout de suite bien intégré le fonctionnement de la librairie puisqu’elle nous a apporté une tarte au citron meringuée dès les premières semaines🙂.

Les libraires masqués

 

L’Amérique à Oron : Whaou!!!!

Jour 1

Après plusieurs semaines d’excitation, ça y est, c’est le grand départ pour la Suisse. Réveil à 5h30 pour prendre le bus, puis le train. On est à fond!

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Après 3 heures de TGV (eh oui, une heure de retard sur l’horaire prévu..) et une demie heure de métro, nous arrivons enfin Gare de Lyon. Et nous avons raté notre correspondance. Emma est à bout, elle est persuadée d’avoir vu un parc Gare de Lyon (manque de verdure, sûrement…). Le prochain train est à 15h47, il ne nous reste plus qu’à patienter.

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L’occupation est facilement trouvée.

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Bon, en début de soirée, la fatigue commence sérieusement à se faire sentir..

Vers 20h00, nous arrivons finalement à Lausanne et nous nous trouvons face à ça :

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Je crois qu’on n’a toujours pas compris de quoi il s’agissait réellement.

Encore un petit effort pour arriver à Oron. On prend un autre train et une demie heure plus tard nous arrivons, accueillies très chaleureusement (et avec une raclette !!!) par Ariane et Nicolas, chez qui nous logerons pendant notre séjour.

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Jour 2

Après avoir récupéré, on découvre la place où se tiendra le festival, on rencontre les différents bénévoles, on discute et on passe, je crois, pour les libraires-bretonnes-un-peu-tarées qui ont traversé la France afin de se rendre à Oron.

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Vers 14h30, les auteurs arrivent, les festivités peuvent commencer. C’est aussi la rencontre avec Marie Musy (libraire à Oron) l’initiatrice de ce projet fou : réunir 6 auteurs américains, pour un festival littéraire, dans une ville de 1300 habitants.

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Marie Musy

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Peter Heller

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David James Poissant

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Tom Cooper

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Dan O’Brien

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Joseph Boyden

Et là, vous me dites : Mais où est Pete Fromm?!!! Patience, patience, il arrive.

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Présentation des auteurs, tout le monde est arrivé, le festival peut commencer.

Jour 3

Après une soirée très sympa, à discuter, boire des coups, tout ça en écoutant un groupe de rock (les Nineteeneightynine) jouer, on se sent plus que bien en Suisse. Tellement bien, qu’on s’autorise à sortir les masques pour faire quelques photos.

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Hyper heureuses de retrouver Pete Fromm

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Entre coups de main sur les stands et tables rondes, la journée file à toute vitesse.

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Les échanges sont passionnants, les tables rondes auxquelles tout le monde peut assister (l’avantage d’un petit salon!) sont bien menées, l’atmosphère est super conviviale et le rire de Peter Heller (nous n’avons malheureusement pas d’enregistrement) plus que communicatif.

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              Sara, bénévole                                                            Léa et Francine, bénévoles

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                                          Marie                                 Jeff, journaliste et secrétaire de l’association

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Manguy, membre du comité

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Avec Dan O’Brien                                                        Peter Heller et Kim, sa chouette compagne

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Peter Heller et Céline Leroy, sa pétillante traductrice

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Catherine, présidente lumineuse du festival

La journée s’étend encore un peu, pleine d’émotion, autour d’un verre.

Hamburgers, hot-dog et bières : c’est l’Amérique, quoi !

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Jour 4

Dernier jour de festival. Au programme : lectures, table rondes, mais également course de radeaux. Un radeau miniature a été confectionné pour chaque auteur, inspiré de son univers. La mise à l’eau se fait dans l’après-midi, par son auteur, à la rivière, avec les enfants.

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Oliver Gallmeister a rejoint son auteur (Merci à Joseph Boyden pour le photo bombing :))

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Et Peter Heller vient spontanément s’ajouter à la photo🙂

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Julien Blanc-Gras, l’exception française à Oron

Début d’après-midi, remise des radeaux aux auteurs :

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L’émotion est bien là.

Et hop, c’est parti pour un petit tour dans la nature vaudoise, il aurait été impensable, pour Marie, d’organiser cette manifestation sans une ou deux escapades. Et on la comprend🙂.

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Après quelques achats, un gros pull pour Tom (Cooper) et une paire de bottes pour Jamie (Poissant), tout le monde est équipé.

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Alors, déjà, il y a un règlement, on n’improvise pas une course de radeaux comme ça!

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            Notre super Ariane et Pete                                      Les radeaux des petits

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And the winner is….Joseph Boyden (mais à l’envers, le canoë)

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La fin du dernier jour approche, et alors, un dernière fois, des échanges, des rires, de l’émotion et des bières. Pour revenir sur les bières, on a d’une part découvert une excellente brasserie (La brasserie du Jorat), présente sur tout le festival. Ce qui explique que nous avons régulièrement une bière à portée de main. D’autre part, l’eau de la fontaine était stipulée « non potable » :

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Si si, derrière le jet d’eau il y a un « non ».

Jour 5

Train à 7h09, couchées assez tard, ça pique un peu, mais c’est pas grave. Un des leitmotiv du festival était d’ailleurs : « on dormira quand on sera mort ». Du coup, nous c’était plutôt : « On dormira quand on sera dans le train. »

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Une dernière petite photo avant de s’écrouler sur les banquettes. Et c’est là qu’on se dit que les masques, c’est quand même cool, parce que la tête au réveil ne devait pas être top😉. On se dit surtout qu’on reviendra dans 2 ans, qu’entre temps, les échanges continueront, que Fanny ira faire du woofing dans le Dakota, chez Dan O’Brien, qu’il y aura aussi sûrement plein de beaux moments à la librairie et que l’on croisera peut-être quelques ami(e)s suisses à Dinan. Bref, c’était top.

Fanny et Emma.

 

Bruce Holbert : 04 octobre

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Un vent de grands espaces souffle dans la vitrine à l’occasion de la venue de Bruce Holbert. Et la date de soirée approche à grands pas. Comme d’habitude, cette rencontre à la librairie est gratuite. Par contre il faut s’inscrire🙂 :

Il reste encore quelques places et une semaine (jusqu’au mardi 27septembre)pour vous inscrire à la rencontre (afin de pouvoir gérer au mieux la logistique : chaises, boissons, petits gâteaux etc..). L’inscription peut se faire à la librairie (bien sûr) mais également par mail (contact@librairielegrenier.com) et par téléphone (02.96.39.59.83).

A bientôt,

Emma

 

 

 

Watership Down

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Seul, abandonné, presque oublié pour ne pas avoir travaillé suffisamment mon accent américain, pour ne pas avoir chevauché dans les étendues sauvages du Montana ou du Wyoming, pour ne pas avoir su apprendre à poser un collet dans les forêts de l’Oregon ou à chasser le puma dans les Rocheuses (bon… je crois que j’en fais un peu trop!), et face à l’afflux stupéfiant de lecteurs depuis mercredi, il a bien fallu que je trouve les ressources nécessaires. Et pour cela, j’ai trouvé le livre idéal. Une perle, un joyau, que dis-je, un diamant brut de pur plaisir: Watership Down de Richard Adams.

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Paru en 1972 en Angleterre, où il est devenu culte, Watership Down, réédité avec soin par les éditions Monsieur Toussaint Louverture, n’est pas sans rappeler Le Vent dans les Saules (autre classique de la littérature anglaise) puisqu’il s’agit également d’un roman animalier. Un groupe de jeunes lapins, sentant une menace arriver, fuient leur garenne et bravent tous les dangers pour trouver un nouveau paradis où s’installer. C’est un immense plaisir que de les suivre et de les voir bondir, s’entraider, farfaler, faire raka et se sauver la vie.

Voilà une lecture des plus revigorantes!

Vive Shraavilshâ!!!

Gaël