Marre des pâtes-à-rien?

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C’est vendredi, on a couru toute la semaine, sans forcément prendre le temps de préparer de bons petits plats. Résultat, pour moi, ce midi, c’est pâtes-à-rien (pour ceux qui ne connaissent pas le concept, ce sont des pâtes avec rien dedans, ni sel ni beurre, parce qu’on prépare son tupperware en speed le matin, juste avant d’aller bosser). Alors, autant vous le dire, tout de suite, c’est ambiance tristitude ce midi.

Heureusement, le nouveau 180°C vient d’arriver!

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Et ça, c’est top! Ca met tout de suite de bonne humeur. Tout d’abord parce que c’est une très belle revue, avec une belle qualité photo, pleine d’humanisme sur les femmes et les hommes qui œuvrent pour que l’on ait de superbes produits dans nos assiettes, et des recettes qui nous mettent l’eau à la bouche (amateurs de l’émission On va déguster, sur France Inter, vous allez adorer!). Ensuite parce que les rédacteurs de cette revue sont, certes, amateurs de bonne chère mais également de bons mots et donnent à leurs recettes un ton plutôt décalé.

En voici un exemple avec ce Pointillé de daurade aux mûres :

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« 1 : Les mûres et le poisson Lacérez-vous les jambes en allant récupérer une belle poignée de mûres bien mûres dans les taillis. De retour à la maison, passez-vous du Mercurochrome, faites-vous consoler, puis placez les filets de daurade dans le congélateur. Mixez les mûres, puis passez-les à travers un petit tamis afin de récupérer un coulis noir et épais comme, comme…comme je ne sais quoi. Du goudron peut-être? Ajouter un peu de jus de citron et gardez au frais. »

Alors, je n’ai pas encore pris le temps de tester moi-même une recette (ceci étant dit, je peux tout à fait tester les vôtres) mais les lecteurs que je croise à la librairie sont unanimes : elles sont top!

Emma

Rencontre avec Eric Vuillard

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A l’occasion de la sortie de son prochain livre L’Ordre du jour (éd. Actes Sud), nous aurons le plaisir de recevoir à la librairie Eric Vuillard le vendredi 12 mai à 19h.

L’occasion pour certains de découvrir un grand écrivain, et pour d’autres d’échanger à nouveau avec cet auteur passionné et passionnant. Comme d’habitude, la rencontre sera suivie d’un apéritif dînatoire.

N’oubliez pas de vous inscrire. Nous vous attendons nombreux.

Les libraires masqués

Les marches de l’Amérique

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Lorsque j’ai refermé le livre de Lance Weller, j’ai eu le souffle coupé et la pensée vagabonde. J’ai eu besoin de me relier au silence de la pièce, me reconnecter aux bruits alentour, à la douceur du rayon de soleil qui passait en oblique sur le mur, aux chants des oiseaux qui ont décidés de squatter la gouttière. Voilà, du silence, de la paix. Car Les marches de l’Amérique est un roman fracassant, traduit par François Happe (qui porte bien son nom d’ailleurs). Tout commence par le souvenir. Un jeune garçon se remémore leur rencontre sous ce soleil implacable : Tom Hawkins et Pigsmeat Spence. Ils sont deux vagabonds des plaines qui errent dans ce pays, l’Amérique, qui a pillé, massacré et tué sans relâche. Lance Weller fait face à ses deux personnages et nous raconte leur histoire. Tout débute par la naissance de cet enfant taiseux qu’est Tom. Cette mère qui le pince un peu trop fort pour avoir une réaction, ce père qui ne lui accorde qu’un regard réprobateur. Weller y installe sa première tragédie, ce premier destin incandescent. Puis arrive Pigsmeat qui porte, depuis son origine, la disparition de la mère, morte en couche. Le père le porte responsable de cette vie, et donc, de cette mort. Voilà la deuxième tragédie. Et toujours le style de Weller qui fait battre violemment votre cœur et vous brûle les doigts : l’écriture est intense, concise et magnifique. La violence est partout sur leur chemin, pas de répit: les indiens luttent pour leur survie, les Mexicains luttent pour leur territoire, les colons saccagent l’âme et le corps. Et puis il y aura Flora, cette fleur qui a poussé dans ce terreau avide de sang et de désir de conquête. Elle est une putain, une femme esclave qui apprendra, sous l’égide du maître, à lire, écrire et donc à comprendre, vaincre, questionner. C’est elle qui donnera un but au chemin de Tom et Pigsmeat et c’est ce trio qui traversera ce pays de fous, de poussière et de meurtres. Weller parle de son pays, espace tangible, mobile et pourtant magnétique. Il parle de ceux et celles qui l’ont fait, dans la douleur, la violence, la peine, les cris et l’amour. Lance Weller nous transperce le cœur, nous fait nous souvenir que nous vivons encore comme des fous dans cette grande Histoire qui nous dépasse. Les marches de l’Amérique a une puissance de narration incroyable, il nous parle de destins, de barbarie et de rédemption. Du grand, du fort, de l’intense, pour tout cela, monsieur Lance Weller, vous êtes un sacré bon écrivain.

Les marches de l’Amérique de Lance Weller chez Gallmeister – 354 p. – 24.20 euros-

Fanny.

Douleur

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Douleur, Zeruya Shalev, traduction de Laurence Sendrowicz, Gallimard, 400 pages, paru le 16/02/2017, 21 €

Retour de vacances à la librairie

Emma : Alors, le Shalev, t’as aimé?

Fanny : Ouais, c’était fort. C’est remuant comme truc.

Emma : C’est clair. En même temps, je trouve qu’il est plus facile que son précédent* pour la découvrir ((*)Ce qui reste de nos vies).

Fanny : Hum, c’est vrai, il possède un spectre plus large de lecteurs à qui on peut le proposer.

Emma : Et t’as vu cette scène, là?

Fanny : Ah oui, dans le resto ?

Emma : Ouais, elle est terrible cette scène…

Fanny : Faut que tu fasses le coup de cœur.

Emma : Ah mais je l’ai fait déjà, y’a longtemps.

Fanny : Ah bon?

Emma : Bah oui.

Fanny : T’es sûre? J’ai rien vu.

Emma : Attends, on vérifie.

Fanny, cherche désespérément sur le blog. Il faut se rendre à l’évidence, Douleur est passé à la trappe.

Emma : Ah oui, je me rappelle maintenant. Je sais pourquoi je ne l’ai pas écrit. Tu sais quoi.. quand un bouquin me touche, je peux pas le conseiller tout de suite. C’est égoïste hein, mais j’ai besoin de le garder un peu pour moi. Et après du coup, j’ai zappé.

Et c’est comme ça que parfois, on aime tellement un bouquin qu’on en oublie d’en faire le coup de cœur…

Les libraires masquées

Adamsberg revient!

Eh oui! Un nouveau roman de Fred Vargas paraîtra le 10 mai: Quand sort la recluse (Ed. Flammarion)

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Il y sera question d’araignées, de bulles gazeuses, d’un couple de merles, de garbure béarnaise et d’un pigeonnier. Du Fred Vargas pur jus, un vrai régal! Encore une enquête brumeuse pour Adamsberg qui, comme le dit Lucio, devra gratter jusqu’au bout.

Gaël

L’affaire Isobel Vine

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L’affaire Isobel Vine, Tony Cavanaugh, Traduction Fabrice Pointeau, Sonatine, Paru le 06/04/2017, 22 €, 416 pages.

Quand je vois sur un bandeau « Le nouveau Michael Connelly« , j’ai tendance à me méfier. Pourtant, cette fois-ci, je dois avouer que la comparaison tient effectivement la route.

Darian Richards est un enquêteur tenace, droit, un poil misanthrope, qui après 16 ans de bons et loyaux services à la brigade des homicides de Melbourne, décide de raccrocher. Sa reconversion est toute trouvée : mener sa barque en solitaire au bord des Grands Lacs, Nouvelles Galles du Sud. Seulement voilà, quand on est super bon, on est forcément rappelé et c’est ce qui arrive à Darian après quelques années à l’écart.

Un ancien collègue doit être promu commissaire. Avant d’être nommé, il faut s’assurer qu’il est totalement clean. La mission de Darian est donc la suivante : contrôler qu’il n’y a aucune affaire douteuse liée à cette homme. Ce qui va le ramener à une affaire classée datant d’une vingtaine d’années : l’affaire Isobel Vine…

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Un roman policier comme on les aime : un flic attachant, une enquête qui tient la route avec, en prime, les bas fonds de Melbourne, peut-être moins connus par ici que ceux de Los Angeles.

A découvrir

 

Emma