La faille du temps

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Je pourrais parler de Shakespeare, parler de l’abandon vécu par Jeanette Winterson qui l’amena à avoir ce lien particulier au Conte d’hiver. Mais d’abord, ce mot, celui jaillit à la fin de ce roman : sublime. Ce mot avec toute sa puissance évocatrice. Sincèrement émue par cette Faille du temps vers laquelle se retrouvent ses personnages, traduit par l’indispensable Céline Leroy.

En le lisant, je me suis aussi retrouvée dans cette faille : jeune fille allongée sur un lit dans une maison écrasée par le soleil. C’est dans cet endroit que je compilais la lecture d’histoires shakespeariennes faites de vengeance, de tragédie et de pardon (Netflix peut aller gentiment se rasseoir en salle d’attente). Jeanette Winterson a ce don pour subjuguer ses lecteurs, vous entraînant dans son histoire, pour vous faire ressentir des émotions vives.

Par une nuit pluvieuse, Shep recueille un mort, une valise et une enfant. Dans un autre espace géographique, un homme, Léo, préfère « assassiner le monde plutôt que changer », au mépris de tout et principalement de l’amour et l’amitié. Perdita, enfant recueillie et choyée, grandit, puis un jour : le passé se rappelle au présent.

Vengeance, tragédie, pardon… Winterson reprend un conte de 1611 avec subtilité, intelligence et talent. La faille du temps est un exercice de style littéraire mené au titre de Grand Art, qui vous prend au cœur de la première à la dernière page.

Sublime donc.

Fanny.

 

 

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La petite fille qui en savait trop

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Et voilà un très bon Peter May, heureuse je suis ! Première fois publié en 1981 (« The man with no face »), voici un roman noir à souhait qui se déroule dans un Bruxelles sombre, inquiétant, battu par la pluie et gangréné par les affaires politico-financières.

Neil Bannerman, journaliste d’investigation au Edinburgh Post, est dépêché par son directeur de publication afin d’enquêter sur une affaire de corruption. Sauf que la mort s’invite au programme en fauchant un de ses confrères et un prétendant au poste de Premier ministre du Royaume-Uni; tout ceci dans une mise en scène macabre qui garde un témoin… une petite fille autiste.

Taillé dans la masse de ses Highlands natals, Bannerman va faire souffler le chaud et le froid au sein de la Communauté européenne, mettant en péril certaines alliances nauséabondes, tandis qu’une petite fille cherche à sauver sa peau.

Haletant, vif, prenant, voici du Peter May sombre et tranchant à souhait, traduit par Ariane Bataille. Coup de cœur !

Fanny.

1793… à Stockholm

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1793 de Niklas Natt Och Dag (Sonatine)

Sombre, poisseux, sinistre, effrayant, glacial, sanglant, inhumain… Voici quelques mots qui me viennent à l’esprit pour qualifier ce roman de Niklas Natt Och Dag, histoire de vous donner envie d’y plonger. Ça marche, hein? 🙂 Mais j’ajouterais aussi passionnant, envoûtant, réaliste, palpable, stupéfiant, inoubliable…

En cette année 1793, à Stockholm, un corps est repêché dans un lac insalubre. Démembré et la langue tranchée, l’homme semble avoir subi les pires sévices. Un homme de loi, atteint de phtisie et qui se sait condamné, s’empare de l’enquête, accompagné d’un ancien soldat, vétéran de la guerre contre les Russes.

1793 est un thriller historique d’une rare intensité. A ne pas placer entre toutes les mains, j’en conviens! Mais qui ravira les amateurs du genre, et notamment les lecteurs de Tim Willocks.

Gaël

Le jeu de la musique

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Un premier roman intense en émotions qui évoque à la fois l’amitié, la perte, l’amour, le désordre intime.

Le jeu de la musique commence par une fin et vous déploie ses ailes de roman polyphonique. Vincent, Sabine, Céline, Jess, Cassandre, Raphaël et Zoé : des croisements de parcours au sein d’une jeunesse qui ne trouve pas -plus- de sens à sa vie.

Stéfanie Clermont y ajuste sa pensée, comme un journal de bord ponctué par le vie des Autres. Il y a beaucoup à ressentir dans ce roman qui se livre au lecteur avec beaucoup d’âme(s). Des souvenirs, des manques, de la mélancolie, de la violence, de la douceur, de l’amertume, l’auteure québécoise louvoie dans ces sentiments multiples et nous offre une histoire crue, tout à la fois contemporaine et intemporelle.

La question « d’où venons-nous ? que sommes-nous ? où allons-nous ? » résonne dans la solitude des grandes villes, de Montréal à San Francisco, et Clermont nous offre en réflexion, plutôt qu’en réponse (et c’est donc bien plus intéressant), ce roman polymorphe brillant.

Fanny.

L’Iconoclaste, Loco Loca,Cécile Coulon…la rentrée de septembre démarre (déjà)!

Hier, avait lieu la présentation de la rentrée littéraire de l’Iconoclaste (https://www.editions-iconoclaste.fr/), à Rennes. Histoire de ne pas trop perdre le fil de l’actualité littéraire, je m’y suis donc rendue, accompagnée de Saul, mon lecteur en herbe de deux mois.

La présentation s’est déroulée dans un lieu très chouette, que je ne connaissais pas : Loco Loca, un café/resto/bar à tapas rennais dont le charme opère dès que l’on pénètre dans la jolie cour de ce lieu enchanteur.

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Loco Loca

La salle était, en vrai, plus animée mais au vu de la qualité d’image de mon téléphone, j’ai pris très peu de photos de la présentation. J’ai donc pioché sur internet.

La maison d’édition a fait le choix de miser sur un nombre de titres restreint (seulement trois) mais de viser juste et je dois avouer que pour les libraires et les lecteurs cette économie est appréciable car la rentrée de septembre rime souvent avec overdose.

J’ai ainsi pu découvrir les titres de Jean-Baptiste Andrea (dont le premier roman Ma reine a remporté un joli succès), de Mathieu Palain et, joie, de Cécile Coulon (jeune autrice dont il faut absolument découvrir les ouvrages si ce n’est pas encore fait!). Ces trois auteurs étaient présents pour nous parler de leur romans.

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La rencontre s’est poursuivie par apéritif dînatoire délicieux, moment privilégié pour échanger avec les éditeurs, auteurs ainsi que les collègues libraires s’étant déplacés pour l’occasion.

Petite pause photo avec Cécile Coulon pour le blog et il est malheureusement temps de repartir…

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(héhé, je ne vous avais pas menti hein, sur la qualité photo de mon téléphone ;))

Le verdict de cette présentation est sans appel : je repars avec trois romans qui me donnent très envie et qui viennent donc épaissir la jolie pile de livres à lire que je peine à faire descendre (Si mon petit Saul est adorable, les nuits hachées, ne vont pas de paire avec la lecture..).

Alors, promis, je démarre bientôt et je vous redis vite.

Emma

Et pour les flâneurs qui souhaitent une petite pause au calme, après l’effervescence urbaine, voici le site de Loco Loca :

https://locoloca.com/

 

 

Tous, sauf moi

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Tous, sauf moi de Francesca Melandri (éd. Gallimard)

Pour l’instant l’une de mes plus belles lectures de l’année!

En quatrième de couverture:

« 2010, Rome. Ilaria, la quarantaine, trouve sur le seuil de sa porte un jeune Éthiopien qui dit être à la recherche de son grand-père, Attilio Profeti. Or c’est le père d’Ilaria. À quatre-vingt-quinze ans, le patriarche de la famille Profeti est un homme à qui la chance a toujours souri : deux mariages, quatre enfants, une réussite sociale éclatante. Troublée par sa rencontre avec ce migrant qui déclare être son neveu, Ilaria commence à creuser dans le passé de son père. »

Je suis déjà assez friand de ces grands romans qui mêlent histoires intimes, ou familiales, et grande Histoire, mais quand, en plus, l’auteure nous fait naviguer entre les destins et les époques avec une telle fluidité, c’est le summum!

De Francesca Melandri, j’avais déjà lu Eva dort (Gallimard, 2012), autre fresque familiale et historique que j’avais beaucoup aimé. Je ne peux que vous inciter à découvrir cette grande écrivaine italienne.

Gaël

Le chien de Madame Halberstadt

Le chien de

Baptiste n’a pas la patate, ni la frite, et encore moins la banane. Maxine l’a quitté, l’écriture aussi, pas de succès, son égo est en berne.

Jusqu’au jour où sa voisine de palier, Madame Halberstadt, née Darget, lui demande de garder son vénérable toutou quelques jours. Sauf que Croquette a beau avoir la face d’ E.T., ce n’est pas un chien comme les autres…

Me voilà ainsi partie dans ce conte burlesque, frais et attachant. Avec un sens de la répartie et du détail qui fait mouche, Stéphane Carlier signe une histoire drôle à souhait avec une pointe délicate de dérision et un soupçon de fantaisie pas piquée des hannetons. Vous allez adorer Croquette 😉

Fanny.