Nirliit

Nirliit

Juliana Léveillé-Trudel nous propose une envolée du Sud (Montréal) au Nord (Salluit) tout comme les oies – Nirliit en langue inuite -. Son héroïne repart au pays du grand froid pour rendre hommage à une chère amie, Eva, partie dans l’eau profonde du fjord. Par cette disparition, elle tisse le lien avec la communauté du Nunavik, ce territoire où les grands chasseurs nomades sont devenus de grands cœurs brisés par l’alcool, la drogue et la violence.

Évidemment Léveillé-Trudel nous parle d’une partie de ces Qallunaat – les Blancs -qui ont pris et prennent toujours, les richesses du sol comme les richesses humaines. Mais ce qu’il y a de puissant dans ce roman c’est cette histoire racontée comme un carnet de bord où l’on y trouve sincérité, mots crus, poésie, colère, beauté, violence et questionnements. Notre héroïne aime très fort, elle aime ce peuple, frotte son désespoir à leurs silences, comprend comme elle rejette.

Dans cette histoire foncièrement contemporaine, Juliana Léveillé-Trudel écrit les choses comme sa narratrice le ressent, sans ambages. Elle nous raconte ses « oursons », ces enfants qui appartiennent à tout le village, pour le pire et parfois le meilleur, elle nous rend compte de leurs vies, de leurs rêves, de leurs espoirs. Et moi j’ai embarqué dans ces vies « de bric et de broc » sur fond d’aurores boréales et de soleil éternel. Car parfois dans ce roman qui se rend dur comme un roc, il y a cette lumière qui perce à travers ces failles et ces ruptures.

L’héroïne revient donc, Nirliit, se rend à ses souvenirs et me voilà émue par ce roman qui fait des ricochets sur l’âme du grand peuple du Nunavik. Coup au cœur !

Nirliit de Juliane Léveillé-Trudel chez La peuplade éditions – 173 p. – 18 euros –

Fanny.

 

Publicités

Merci Maude!

41886560_2150805911829171_8185427708704980992_n

C’est avec un enthousiasme et un sourire à toute épreuve que Maude Mihami a dédicacé samedi dernier son premier roman Les dix voeux d’Alfréd (Ed. Nil). Une belle rencontre pour nous comme pour les lecteurs. L’invitation a déjà été lancée pour la sortie de son prochain livre, au printemps prochain.

Merci à Maude, et à Patrick Le Goff qui l’accompagnait!

(de la part de toute l’équipe, et de Fanch et Soizig bien sûr…)

Les libraires masqués

Ca raconte Sarah

livre_galerie_9782707344755

Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard, Minuit, paru le 06/09/2018, 188 pages, 15€

« Ça raconte Sarah, sa beauté inédite, son nez abrupt d’oiseau rare, ses yeux d’une couleur inouïe, rocailleuse, verte, mais non, pas verte, ses yeux absinthe, malachite, vert-gris rabattu, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte le printemps où elle est entrée dans ma vie comme on entre en scène, pleine d’allant, conquérante. Victorieuse. »

Sarah pénètre dans la vie de notre narratrice avec fracas un soir de nouvel an, balayant tout sur son passage. Notre héroïne qui menait jusque là une existence rangée, voit alors voler en éclat toutes ses certitudes. Et nous nous engouffrons avec elle. L’éblouissante Sarah devient alors l’instigatrice d’une passion dévorante à laquelle personne n’était préparé.

J’ai lu ce roman d’une traite, tant il est difficile de le reposer. Pauline Delabroy-Allard parvient à retranscrire l’urgence, l’avidité de notre héroïne durant toute la première partie de l’ouvrage. La seconde partie est un peu plus laborieuse, teintée de quelques petits bémols (certaines descriptions font effectivement penser à des encarts wikipédia). Certains peuvent également arguer que quand même, perdre pied à ce point pour une histoire d’amour, ça fait peut-être beaucoup. Étonnamment, cela arrive pourtant tous les jours. Tout cela pour dire que certes, l’éditeur aurait pu y faire quelques petites retouches, cependant, Ça raconte Sarah est, pour moi, un très beau premier roman. Pauline Delabroy-Allard possède incontestablement une vraie plume et est une autrice très prometteuse.

A découvrir,

Emma

Einstein, le sexe et moi

054

Je suis autiste Asperger, je trempe mes madeleines dans du coca, la différence entre « émigré » et « immigré » m’agace – merci je me sens moins seule -, je porte un amour compulsif pour les dates, j’aime beaucoup les calembours comme « j’ai mal occu, j’ai mal occu, j’ai mal occupé ma jeunesse« , la lumière vive me panique et j’ai participé comme un tigre à Question pour un Super Champion, je suis, je suis… Olivier Liron !.

Voilà, je l’ai, « mon » livre dans la catégorie « drôle et touchant » de la Rentrée littéraire 2.018. Merci Olivier Liron!.

Voici une histoire qui se lit d’une traite, il y a du suspense haletant, lié à l’enchaînement des épreuves, il y a du rire dans la manière qu’à l’auteur de mettre en scène ce qu’il a vécu lors du tournage de l’émission, il y a de l’émotion vive dans les évènements qui se rappellent à l’auteur : son enfance, ses parents, le collège, les filles et autres pensées mordantes. Olivier Liron nous offre ce moment de vie, poétiquement décalé, adorablement subversif, délicatement subtil et joyeusement humain. Einstein, le sexe et moi est un vrai délice de lecture, de quoi jeter en l’air, de bonheur, les petites fiches jaunes de Julien L. (qui n’a jamais vu une fois dans sa vie « Question pour un champion« , ne peut comprendre cette excitation fugace et imagée). Zinzinulons donc pour ce second roman de l’auteur, véritable Charlie Chaplin de l’écriture, qui vous fera passer du rire aux larmes avec talent.

Einstein, le sexe et moi d’Olivier Liron aux éditions Alma – 195 p. – 18 euros –

Fanny.

Helena

***Spoiler alert*** : cette photo peut constituer un indice.

IMG_3671

Helena, Jérémy Fel, Rivages, 733 pages, paru le 22/08/2018, 23€

Surprenant son petit ami dans les bras d’une autre, la jeune Hayley décide de partir précipitamment chez sa tante dont le voisin n’est autre que George Kingsbury, joueur de golf renommé.  Le championnat auquel elle doit participer a lieu dans trois semaines et Hayley est loin d’être prête. Puisque plus rien désormais ne la retient à Wichita, autant quitter la ville et se concentrer sur ce qui en vaut vraiment la peine : La World Junior Girls Championship.

Tommy, quant à lui, ne peut soulager sa souffrance qu’en l’infligeant aux autres. C’est près d’un abattoir désaffecté qu’il a choisi de se débarrasser de sa dixième victime et il a déjà sur les lèvres le gout de l’excitation qui suivra la mise à mort.

Norma gère seule ses trois enfants dans le fin fond du Kansas, jonglant entre les affres de l’adolescence et les commérages, menant  avec fierté son combat du moment : le concours de mini-miss que sa petite Cindy doit gagner à tout prix.

Évidemment, tout ne va pas se passer comme prévu et Jérémy Fel va vous faire passer une nuit blanche. L’écriture est incisive, les chapitres très courts, le rythme effréné : autant vous le dire tout de suite, si vous mettez le nez dedans, vous êtes fichus. Vous ne referez réellement votre apparition qu’une fois le roman terminé. Et si les 733 pages vous font peur, pas d’inquiétude, vous ne les verrez pas passer. Par contre, vous les sentirez car, que les choses soit claires : ça pique un peu.  Ceux qui ont lu Les loups à leur porte sont passés par là, ils savent donc à quoi s’attendre (en un peu plus violent, tout de même). Âmes sensibles, abstenez-vous. Les autres : foncez!!

 

CVT_Helena_4078

 

Gaël et Emma

 

 

Une maison parmi les arbres

IMG_3659

Une maison parmi les arbres, Julia Glass, traduction Josette Chicheportiche, Gallmeister, 459 pages, 24.40€, paru le 23/08/2018

Tomasina Daulair a voué sa vie à Morty Lear, auteur/illustrateur jeunesse adulé. Aussi, lorsque ce dernier meurt accidentellement, c’est l’heure pour Tomasina de faire le bilan des années écoulées. A la fois secrétaire, cuisinière, amie, confidente, la jeune femme est rapidement devenue indispensable à Morty, au point de mettre sa vie personnelle entre parenthèses. Parallèlement, à l’instant où Morty disparait, un biopic retraçant son histoire est en cours. Nicholas Green, l’acteur vedette choisi pour l’incarner à l’écran se présente à Tomasina. L’occasion pour eux deux de replonger dans le passé de l’écrivain.

Julia Glass est loin d’en être à son premier roman mais elle est, pour ma part, une découverte. Nous ne sommes pas ici dans un roman à rebondissement, à l’américaine. Il s’agit plus d’une histoire qui s’installe tranquillement, d’une atmosphère, de personnages qui se dévoilent peu à peu et auxquels on s’attache sans même s’en rendre compte.

Bref, c’est un coup de cœur!

Emma

P.S : Pour les amateurs de littérature jeunesse, le personnage de Morty Lear est inspiré d’un auteur/illustrateur bien connu. A vous de deviner de qui il s’agit :)!

 

 

 

La librairie fête ses 40 ans!

Affiche 40 ans 4-page-001

Eh oui, Le Grenier a déjà 40 ans! Nous vous proposons de nous retrouver pour cette belle journée à la librairie, afin que nous puissions fêter cela tous ensemble. Si une telle aventure est possible aujourd’hui, c’est avant tout grâce à vous qui nous faites confiance depuis de nombreuses années et nous tenions à vous en remercier. Nous vous donnons donc rendez-vous à la librairie Samedi 20 Octobre, à partir de 14h00.

A 14h30, l’après-midi débutera par le résultat du quiz « Connaissez-vous votre Grenier?« . Ce concours autour de l’histoire de la librairie sera disponible dès le 20 septembre en magasin et en ligne. Vous aurez donc un mois pour tester vos connaissances.  Les gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses, avec, évidemment, de nombreux lots à gagner!

A 16h00, la librairie jeunesse se transformera en dance floor pour les petits. David Delabrosse nous fera swinguer et chanter avec  un spectacle musical pour enfants« Ego le cachalot et les p’tits bulots »(spectacle gratuit).

 

A 17h00, la musique continue avec le groupe Vendredi Treize. Laissez-vous emporter par le Jazz manouch de Laurent, Pascal et Nicolas qui nous feront le plaisir de jouer aux quatre coins de la librairie.

Vendredi Treize

 

Nous terminerons cette journée, que nous souhaitons chaleureuse et conviviale, autour d’un verre.

Bref, tout est prévu, il ne manque plus que vous :)!

L’équipe du Grenier.