Rencontre en Terres d’Amérique

Callan Wink et Francis Geffard arrivant tôt à Dinan, nous avons pu jouer les guides touristiques et leur offrir un petit aperçu de la ville : le centre historique, le Jerzual, une ballade en bord de Rance (avec une eau nettement plus calme que la rivière Yellowstone), le chemin de ronde… Callan observant avec attention les différents sites chargés d’histoire, Francis comblant les nombreuses lacunes d’Emma dans ce domaine.

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Après quelques échanges avec un jeune pêcheur (le guide de pêche n’est jamais loin), petite pause autour d’une bière bretonne, histoire de poursuivre la découverte de la région.

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La rencontre approche, avec son lot de stress (est-ce que tout le monde sera là? Est-ce qu’on va s’emmêler les pinceaux pendant l’entretien? Et comment on dit pêche à la mouche déjà en anglais? On savait bien qu’on aurait dû réviser du vocabulaire.. bon bah tant pis, hein).

Bref, quand on arrive à la librairie et qu’on voit tous nos lecteurs qui attendent bien sagement, dans notre tête ça fait un peu ça : joie/peur/excitation/soulagement/je-vais-plutôt-rentrer-et-aller-me-cacher-sous-la-couette/bon-non-je-ne-peux-quand-même-pas-faire ça/allez, courage,go! Et on y va.

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Deux heures qui passent très vite. L’écriture, la traduction, l’Amérique aujourd’hui… Le temps manque, forcément, mais à la fin de l’échange, on repart tous un peu plus riche de quelque chose.

Donc voilà, merci aux lecteurs d’être venus si nombreux (le record de 60 personnes est battu (YEAH!)et franchement, on ne pourra pas aller au delà au vu de la configuration de l’espace), merci à Callan pour sa gentillesse et sa disponibilité, merci à Francis d’avoir rendu cette soirée possible (et je crois qu’on peut ajouter Whouaou pour la traduction simultanée sans filet!).

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Bon, nous aussi on n’arrive qu’à l’épaule de Callan, mais on ose quand même la photo debout. Le rendez-vous est pris pour la parution de son futur roman : il reviendra à la librairie en échange d’un masque personnalisé (il va falloir bosser, maintenant ;)).

 

Les libraires masqué(e)s

 

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L’invention des corps

L'invention des corps

Et voilà, c’est reparti mon kiki à la librairie! yuhuuu quelle aventure. Et bien sûr il y a des pépites que je me dois de vous faire partager, encore et toujours 🙂

Un roman époustouflant. Des méandres de la toile internet aux circonvolutions des cellules, de la survie à l’échappée, Pierre Ducrozet nous plonge dans un récit haletant, d’une plume dense et avertie. Lire à en avoir le souffle coupé, j’ai suivi et poursuivi Álvaro , jeune professeur mexicain aux prises avec la barbarie de son pays, ne veut que s’échapper de ce monde. L’invention des corps est une histoire ultra contemporaine qui vous prendra à bras… le corps, dès les premières pages. C’est un roman noir qui palpite, qui pose la question de la dictature de qui sur qui; Ducrozet fait surgir des morts, des pirates du web, des transhumanistes et je reprends tout juste mon souffle. Entre le Mexique et la Californie, nous suivons ce survivant, génie de la programmation, réduit à son état de « migrant », ce corps qui vagabonde, dans les mains d’un géant du Net qui refuse la déchéance de son propre corps en s’enfermant dans la recherche de son Graal: l’immortalité, la toute puissance. Une brillante scientifique française sera la clé de la résilience pour ce jeune homme blessé et indomptable. Nous partirons avec eux, vers ce souffle de liberté et vers ces résistants 2.O de notre ère. L’auteur nous projette dans ces destins, ces êtres reliés désormais par les liens et hypertextes à travers le monde, qui décident de rendre justice à leur manière, est-ce à dire : totalement « Anonymous », cette entité au visage masqué, « ils » et « elles » ne sont plus qu’un. Les mythes anciens frôlent les questions de notre société actuelle, Ducrozet nous entraîne dans son Invention…ce road-trip hallucinant de vérité(s) où décidément « l’homme est un loup pour l’homme ». Un grand coup de cœur pour cet ouvrage écrit d’une main de maître.

L’invention des corps de Pierre Ducrozet chez Actes Sud – 304 p. – 20 euros –

Fanny

Rencontre Terres d’Amérique : dernières places

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A huit jours de la rencontre Terres d’Amérique (vendredi 29 septembre, 19h00), il ne nous reste que quelques places! Et c’est formidable de voir un tel engouement pour cette soirée qui promet d’être passionnante. Si vous souhaitez être bien placés, n’hésitez pas à arriver un peu en avance. Pour ceux qui ne seraient pas encore inscrits (il nous reste huit places) vous pouvez le faire par mail (contact@librairielegrenier.com), téléphone (02.96.39.59.83) ou en passant à la librairie, tout simplement.

A bientôt

Les libraires masqués

Une fille dans la jungle

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Une fille dans la jungle, Delphine Coulin, Grasset, paru le 23/08/2017, 240 pages, 18€

La fille c’est Hawa, jeune sans-papiers qui décide, lors du démantèlement du camp de réfugiés de Calais, de ne pas monter dans un des autocars proposés pour une destination aléatoire. Rêvant d’Angleterre et se méfiant de cette solution proposée, elle choisit de rester avec six autres jeunes, qui sont, comme elle, dans le dénuement total, avec la peur au creux du ventre et l’espoir d’un jour meilleur. Parce que malgré les violences, le froid, la faim que tous ont endurés, cela semble impossible qu’il n’y ait pas quelque part, forcément, une trêve.

« Cela ressemblait moins que jamais à une jungle, ou alors une jungle froide, de bois et de boue, avec des animaux crottés, et des monstres de métal au loin, sous le crachin. Pas le genre qui fait rêver, avec les perroquets et les feuilles vertes et grasses, où on transpire dans une odeur d’humus. Une jungle du pauvre. Ici, il n’y a pas un arbre, pas une feuille, pas de chaleur. Et aujourd’hui, c’était silencieux. Cette jungle qui avait été un chaos où des milliers de personnes vivaient, mangeaient, parlaient, se battaient, était devenue un désert, où ils étaient seuls, tous les six.

Six garçons et filles, tous très jeunes, dans une ambiance de fin du monde. »

Lire Une fille dans la jungle c’est une claque, un coup qui remet un peu les choses en place. Tout à coup, les petits accros du quotidien semblent bien dérisoires. Et c’est le genre de roman, où on se dit : celui-là, il faudrait vraiment le mettre entre toutes les mains.

Emma

P.S : Et un grand merci à ma collègue Natacha. Sa lecture enthousiaste m’a fait découvrir Delphine Coulin.

JERUSALEM d’Alan Moore

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Il est déconcertant de prendre un tel plaisir à la lecture d’un livre tout en sachant qu’une bonne partie échappe à votre esprit cartésien et formaté. J’ai mis trois semaines à lire Jerusalem (livre-monstre de 1266 pages!) et j’en suis sorti bousculé, déstabilisé comme après une expérience insolite.

Les Boroughs, quartier populaire de Northampton, au centre de l’Angleterre. Les gens qui y vivent, qui y ont vécu, y sont passés, aujourd’hui, il y a dix ans, il y a cent ans, il y a mille ans. Une multitude d’histoires, de destins qui ne cessent de se lier, des connections infinies qui font apparaître l’Histoire de Northampton, l’Histoire de notre monde (nos mondes?).

J’imagine assez bien Alan Moore s’amuser à perdre le lecteur dans les méandres d’une ville dont il semble connaître tous les lieux, tous les recoins, tous les angles… Et c’est avec une certaine jubilation qu’on se laisse entraîner dans les ruelles sombres et les pubs miteux, dans de vieilles églises ou dans l’En-Haut.

Voici ce qui est écrit page 835:

« Vous commencez à comprendre la véritable échelle de l’œuvre, sa profondeur et son ambition, les qualités qui vous ont échappé jusqu’ici. L’inquiétude vous gagne, le sentiment que le récit n’appartient pas au genre auquel vous aviez pensé au début, celui de l’aventure picaresque ou de la comédie sexuelle. Plus inquiétant, le récit outrepasse les limites rassurantes du genre pour s’aventurer dans le territoire perturbant de l’avant-garde. Pour la première fois, vous vous demandez si vous n’avez pas eu les yeux plus gros que le ventre, et vous êtes embarqué par inadvertance dans quelque magnum opus colossal alors que vous vouliez juste vous contenter d’une lecture de plage achetée à l’aéroport. Vous commencez à douter de vos qualités de lecteur, de votre capacité à suivre cette fable mortelle jusqu’à sa conclusion sans que votre attention se disperse. Et même si vous la finissez, vous doutez d’être assez malin pour comprendre le message de cette saga, si tant est qu’il y ait un message. Vous soupçonnez que ça vous passe au-dessus[…] »

🙂

Pour terminer, j’aimerais mettre un genou à terre pour saluer la qualité mémorable et le travail exceptionnel réalisé par le traducteur Claro (merci à lui de m’avoir fait découvrir les métaplasmes).

Gaël

P.S. Pour ceux qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure que représente cette lecture, un internaute nommé Molosovsky (que je remercie au passage) a réalisé l’arbre généalogique de la famille Vernall. N’hésitez pas à me le demander.

Jerusalem de Alan Moore (Ed. Inculte)

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De la bouffe, des potins et des chatons

Eh oui, voici un formidable article qui va compiler des centres d’intérêts divers et variés, moins sérieux que la littérature parce que bon, les coups de cœur c’est bien, mais les posts les plus lus sont ceux qui ne parlent pas de livres (paradoxe?).

Enfin bref, c’est lundi, la reprise est forcément un peu dur pour tout le monde alors voici tout d’abord de quoi se réconforter avec la nourriture. Ok, c’est régressif, mais bon, il fait froid, on a plein de raison d’être en colère (Le réchauffement climatique, les relations américano-coréene à coup de c’est-qui-qu’a-la-plus-grosse, une super loi travail…) et puis c’est chouette d’être un peu faible, parfois.

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Eh oui, le nouveau Marabout food est sorti, avec, évidemment, plein de recettes qui donnent envie et qui sont relativement faciles à faire. De quoi donner un petit coup de fouet à votre indice glycémique. Ensuite, une fois le point de non retour atteint, quoi de mieux que les potins pour faire passer cet après-midi tout gris plus vite?

C’est là que Jean-Marie Pontaut entre en scène avec ce titre : Sous les jupes de la Vème.

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Un bon moyen pour savoir tout ce qui se trame dans ce monde bien secret des politiques avec, au cœur des affaires, le rôle de certaines prostituées (humhum, ça a l’air tellement mystérieux!).

Les férus d’histoires ne seront pas en reste puisque Histoires extraordinaires, d’Alain Decaux vient de paraitre.

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On nous indique même, sur la quatrième de couverture, qu’Alain Decaux est au mieux de sa forme (Merci Le Point pour ce commentaire!). Ce qui est déjà une bonne nouvelle.

Votre overdose de coulants au chocolat combiné à la lecture un peu honteuse des potins vous reste sur l’estomac? Pas d’inquiétude, l’instant chatons est là pour ça!

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Des calendriers, des agendas, des carnets avec des chatons pour vous réconforter tout au long de l’année. C’est pas chouette ça?

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En vous souhaitant un joli lundi. Et bonnes lectures, évidemment ;)!

 

Emma

 

 

Vera

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Vera, Karl Geary, traduit par Céline Leroy, Rivages, 21.50€, paru le 30/08/2017

Sur le bandeau on peut lire « Une histoire d’amour inoubliable » (The Guardian). J’ai envie de dire oui, incontestablement, au cœur de Vera se trouve une histoire d’amour, poignante, magnifique et sans pathos ( vous me direz, c’est déjà pas mal, parce que ça ne court pas les rues..). Mais Vera, c’est bien plus que cela. Vera, c’est d’abord Sonny, jeune irlandais de 16 ans qui pousse tant bien que mal dans une famille chancelante. Un père qui joue sa paie aux jeux, une mère impuissante, quelques délits mineurs et l’idée que rien ne le fera échapper au destin qui l’attend : une vie bringuebalante à l’horizon incertain. Nous sommes à Dublin, dans les quartiers populaires, avec l’impression de se trouver face à des personnages de Ken Loach. C’est alors que Vera, une anglaise venant de s’installer dans les quartiers chics de la ville, entre dans la vie de Sonny, trainant dans son sillon une image des possibles.

Enorme coup de cœur pour ce premier roman. Au delà de l’histoire qui m’a profondément touchée, il y a aussi l’écriture singulière de Karl Geary, avec le « tu » pour la narration. Peut-être un peu déstabilisant sur les premières pages mais cela donne à ce texte une force incroyable. Merci à Céline Leroy pour sa traduction impeccable (comme toujours <3).

Emma