Le labyrinthe des esprits

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Le labyrinthe des esprits, Carlos Ruiz Zafón, traduction Marie Vila Casas, Actes Sud, parue le 02/05/2018, 840 pages, 27€

Tout le monde (ou presque) a entendu parler de Carlos Ruiz Zafón et de son titre devenu culte : L’Ombre du vent (paru il y a une petite quinzaine d’années). Ayant raté le coche à l’époque, j’ai donc découvert l’auteur avec son nouveau roman. Et quelle découverte! Un livre prenant, romanesque, bien écrit, une intrigue qui se déploie au fil des pages, des personnages attachants, une Barcelone en clair-obscur..bref, j’ai été plus que conquise!! Par ailleurs, en tant que néophyte de Zafón, je n’ai eu aucun problème à entrer dans son univers. S’il est bien fait mention de certains personnages de L’Ombre du vent, nous ne sommes à aucun moment perdus, juste titillés par l’envie d’aller lire son premier opus.

Gaël (dont je suis la secrétaire pour cet article. Tranquille, quoi ;)!) qui avait, quant à lui, beaucoup aimé L’Ombre du vent lors de sa parution, m’a confié avoir également eu un coup de cœur pour Le labyrinthe des esprits :

« J’ai retrouvé, l’écriture, l’atmosphère que j’avais beaucoup aimé à l’époque. L’histoire ne se déroule pas tout à fait à la même époque, mais Barcelone a conservé son aura si particulière et les personnages sont tout aussi attachants. »

                                                                                                 Gaël, libraire au Grenier

En bref, lecteurs avertis ou non de Zafón, si vous avez envie d’un bon pavé (presque 1kg, tout de même) et de vous laisser embarquer dans un texte romanesque, foncez!!

 

Gaël et Emma

 

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Des histoires de cachalots…

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Voilà, des histoires se rejoignent et forment entre elles une belle suite d’aventures. Tout d’abord le documentaire puissant, passionnant de François Sarano, Le retour de Moby Dick – Ou ce que les cachalots nous enseignent sur les océans et les hommes. J’ai plongé dans ce récit avec avidité et j’y ai découvert des merveilles de « monstres » marins: leur écoute, leur sensibilité, leur attachement, leur curiosité, leurs capacités, leur énormité, leur communication incroyable. Je suis tombée en amour de ces cétacés, totalement happée par la plume, certes scientifique mais surtout humaniste et emplie de poésie, de François Sarano, océanographe, plongeur sur la Calypso et compagnon de Jacques Perrin pour le film Océans. Le retour est une merveille qui transporte au-delà de notre monde terrien; Eliot, Dusty, Zoé, Arthur, Agatha, Tache Blanche, Irène Gueule Tordue,… deviennent comme des personnages hors normes qui émeuvent, surprennent, amusent, interrogent sur notre propre capacité à comprendre l’Autre. Bref, un gros coup au cœur pour ce ma-gni-fi-que récit-documentaire qui donne envie de sauter dans le grand bain et de rejoindre les descendants de feu Moby Dick.

Et un cachalot pouvant en cacher un autre, un autre coup de cœur pour l’histoire des frères Fleming, chasseurs de baleines sur l’île de Nantucket, au milieu du XIX e siècle. Alors ça, c’est du grand roman d’aventure qui ébouriffe le chignon! Avec un écriture claire, Michel Moutot m’a transportée dans le destin incroyable de Mercator, Nicholas et Michael. Partie sur un baleinier, j’ai crié « Thar’ she blowes », j’ai hurlé lors de l’harponnage, bref, une lecture qui ne donne pas dans le repos et fait vivre les évènements de manière intense. Séquoias va vous porter fort et loin, de l’Est à l’Ouest en passant par le Cap Horn, tout en naviguant au milieu de personnages si bien campés, que l’on s’en fait rapidement des amis… ou tout le contraire. Les frères Fleming nous montrent alors leur autre destin, celui marqué, à l’époque, par la Ruée vers l’Or, cette quête absolue de liberté. Il y a tout ce qu’il faut pour vous faire battre le cœur tambour battant durant ce roman au long cours : de l’aventure donc, de l’imprévu forcément, de la haine, de l’amour, des mirages, de la fraternité, du mystère, de la guerre, de l’histoire. Michel Moutot m’avait déjà interpellé avec son magistral Ciel d’acier (qui est paru en poche chez Points), il récidive et c’est que du bon 🙂

Le lendemain de l’écriture de ce post, Michel Moutot nous a gentiment envoyé un mail de remerciement, ce qui est, ma foi, fort adorable. Un jour, nous lui souhaitons de plonger en compagnie de François Sarano – si il y a besoin d’aide pour porter le matériel de plongée, je suis là, les rêves sont toujours réalisables n’est-ce pas?!  Et si vous avez eu un coup de cœur pour « Séquoias », faites le savoir en votant ici :https://voyageurslecteurs.fr/prix-relay/  . Promis nous n’y avons aucun intérêt, juste le plaisir de faire passer le message.

Le retour de Moby Dick de François Sarano dans la collection « Mondes sauvages pour une nouvelle alliance » chez Actes Sud – 208 pages de bonheur – 23 euros –

Séquoias de Michel Moutot au Seuil – 491 pages d’aventures – 21.50 euros –

Fanny.

P.s.: un grand merci à Natacha pour son investissement photographique auprès des doudous-cachalots.

Damalis

9782283031841

Au VIIe siècle avant Jésus-Christ, la vie d’un jeune esclave Thrace, arraché à son peuple et vendu à une famille grecque de la cité-Etat de Milet, sur la côte anatolienne.

Passionnante immersion dans l’antiquité grecque! A travers le regard de Damalis, personnage inoubliable, nous plongeons au cœur des intrigues de la cité, des luttes de pouvoir et des guerres avec les autres cités-Etats.

Loin des grandes batailles et des hauts faits historiques, ce roman est d’un réalisme rare. L’écriture de Marie Barthelet réveille tous nos sens. Les odeurs, les images, le toucher presque. C’est un don rare que de pouvoir ainsi rendre le décor aussi palpable et les personnages aussi vivants.

Un grand roman!

Gaël

Étonnants Voyageurs : c’est parti!!

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Comme tous les ans, le festival Étonnants Voyageurs débarque à St Malo et c’est ce weekend. Au programme, des rencontres, tables rondes, cafés littéraires, expos, films, ateliers…bref, il y en aura pour tous les goûts, petits et grands.

Nous aurons la joie de vous retrouver là-bas sur les stands Jeunesse (Gallimard, L’Ecole des Loisirs, Nathan, Syros, Le Seuil, La Martinière, Didier et Auzou) et d’accueillir de chouettes auteurs/illustrateurs (Yves Grevet, Dorothée de Monfreid, Tristan Koëgel, Gilles Bachelet..et bien d’autres encore).

Nous avons hâte de partager ces moments de rencontres, d’échanges et d’émotion avec vous!

Par ailleurs, vous pourrez également venir nous rendre visite à la librairie où Gaël, Natacha et Estelle seront là pour vous conseiller. Les horaires sont, toutefois, quelque peu modifiés :

Jeudi 17/05 : 10h00-13h00/14h00-19h00

Vendredi 18/05 : 10h00-13h00/14h00-19h00

Samedi 19/05 : 10h00-13h00/14h00-19h00

Mardi 22/05 : Fermé (journée de repos bien mérité pour tout le monde :)!!)

 

A bientôt,

 

L’équipe du Grenier

 

 

La route sauvage

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La route sauvage, Willy Vlautin, traduit par Luc Baranger, édition Albin Michel (collection Terres d’Amérique), paru le 04/04/2018, 320 pages, 20 €.

Tiens donc, un roman qui se déroule dans les grands espaces américains? Un auteur qui porte des chemises à carreaux et joue dans un groupe de country (je n’invente rien : site de l’auteur) ?

« Ce serait pas un peu cliché, Emma? Tu veux pas lire autre chose? » (Des fois, je crois entendre Gaël tel un Jiminy Cricket, tentant de me remettre dans le droit chemin de la lecture diversifiée.

Et j’ai alors envie de répondre (oui, nous sommes toujours dans mon dialogue fictif-intérieur) :

– Mais, attends, il y a tout : un récit d’apprentissage, des chevaux, un univers rude et un gamin attachant…en plus l’auteur porte même des chemises à Carreaux! Et le cheval, dans l’histoire s’appelle Lean on Pete. PETE! C’est pas un signe, ça?!!

Emma, il faut passer à autre chose maintenant (Me dirait alors, Gaël, d’une voix blasée, mais sans trop y croire.).

Je crois que c’est mort, Gaël. C’est trop tard. D’ailleurs, tu devrais faire gaffe, Fanny est aussi contaminée. Ca se propage à une vitesse ce truc

Après avoir eu la sensation étonnante d’être dans un nanard au vue de la qualité des dialogues, je me ressaisis.

Bref, La route sauvage , c’est chouette, un vrai coup de cœur. Et le petit plus : il vient de sortir au cinéma. Je vous invite donc à le lire et à aller voir son adaptation qui est, parait-il, remarquable.

Bande annonce La route sauvage

Emma

P.S : Et pour ceux à qui le pitch dit quelque chose, ce roman était effectivement déjà paru en 2012 mais sous le titre de Cheyenne en automne, aux éditions 13ème note (épuisé aujourd’hui, cette maison n’existant plus).

Attention, ça va piquer!!

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La promesse, Tony Cavanaugh, traduction Paul Benita, Sonatine, paru le 12/04/2018, 22€

L’année dernière était paru L’affaire Isobel Vine, un polar tranquille (un peu à la Connelly), se déroulant à Melbourne. Premier titre traduit en français de Tony Cavanaugh, nous faisions ainsi connaissance avec Darian Richards, son enquêteur désabusé. Chouette roman, bien ficelé, laissant présager une nouvelle série sympathique.

J’ai donc, naturellement sauté sur la nouveauté, La promesse et, si je n’ai pas été déçue du voyage, il m’a quand même un peu retourné l’estomac. Adieu le polar pépère et bonjour Monsieur-le-tueur-en-série-pervers qui ne vous donne pas tellement envie d’aller tutoyer les vagues de la Goldcoast! C’est dommage, le cadre de cette région du Queensland est plutôt idyllique, mais je peux vous promettre que vous n’aurez plus tellement envie d’y passer vos vacances : De très jeunes filles disparaissent mystérieusement. Peu après, des photos témoignant des différents sévices qui leur sont infligés apparaissent, semant aussitôt la panique…

Vous l’avez compris, ce nouvel opus (qui est en fait le premier de la série, en Australie) est plus violent que le précédent et assez dérangeant car nous sommes réellement dans la tête du tueur, de part la narration. Ceci étant dit, il est bien construit, très bien rythmé et, je dois le reconnaitre, addictif.

Coup de cœur!!

Emma

 

L’imparfaite amitié

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Quel beau coup de cœur mes amis, quel beau coup au cœur. Et pourtant, comment vous dire ce qu’est cette  Imparfaite amitié  de Mylène Bouchard. Il y a des accents de Kundera dans cet ouvrage, dans ses questionnements sur l’amour et l’amitié. J’ai envie d’écrire cette phrase posée dans L’insoutenable légèreté  pour commencer à dire ce livre :

« Il n’existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne car il n’existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation (…) la vie ressemble toujours à une esquisse. Mais même « esquisse » n’est pas le mot juste, car une esquisse est toujours l’ébauche de quelque chose, la préparation d’un tableau, tandis que l’esquisse qu’est notre vie est une esquisse de rien, une ébauche sans tableau. ».

Alors Mylène Bouchard m’a fait vivre tout cela. Et Amanda est toute cette pensée. C’est une femme indépendante, qui aime fort. Amanda vient de l’Isle-aux-Coudres, son histoire est liée à une goélette qui prend feu sur le fleuve Saint-Laurent en 1967 et son destin est scellé à un tableau vendu dans une petite galerie praguoise, de nos jours, représentant une femme voguant sur un bateau. C’est l’histoire d’un feu intérieur et Amanda est ce feu : c’est une aventurière, de celle qui va de l’avant, toujours. Elle quittera l’Isle-aux-Coudres pour Québec puis Prague, le flot de la vie est là : créer des liens, partager des réflexions, des envies. J’y ai parcouru son journal, ses souvenirs, son « registre des lièvres », ses petits dialogues avec Finn, son fils, ses confidences pour Sabina, sa fille, les lettres à ses belles amies, à ses amours. Amanda est dans la pulsation de sa vie. L’imparfaite amitié suit ce rythme : des textes datés s’entrecroisent avec des tableaux typographiques, une phrase d’inspiration donne souffle au passé, au présent. Mylène Bouchard s’affranchit du style littéraire traditionnel et nous offre ce roman qui transporte, interroge, émeut, libère.

« Réfléchis bien cela Sabina : 1 Aimer très fort / 2 Résister / 3 Choisir »

J’ai donc commencé à aimer très fort cette Imparfaite amitié , il y fait bon s’approcher de ce feu de joie et y lire le crépitement d’Amanda Pednault.

L’imparfaite amitié de Mylène Bouchard aux éditions La Peuplade. 387 p. /  22 euros.

Fanny.