A quand Le Conquérant?

Vous le savez, Le séducteur a été un énorme coup de cœur pour Gaël. Emma a également adoré. Il s’avère que Le séducteur fait, en fait, partie d’une trilogie et que les aventures de Jonas Wegerland se poursuivent donc dans deux autres volumes.

Du coup, c’est l’angoisse : et si la suite n’était pas traduite? Petit message aux éditions Monsieur Toussaint Louverture :

 

Les libraires masqués

Publicités

Prendre les loups pour des chiens

IMG_2735

Prendre les loups pour des chiens, Hervé Le Corre, Rivages, 19.90 €, paru le 11/01/2017, 317 pages

Frank sort de prison après avoir purgé une peine de cinq ans pour braquage. Cette peine, il l’a aussi prise pour son frère, Fabien, qu’il a couvert toutes ces années. A la sortie c’est Jessica, la copine de Fabien, qui vient le chercher. Et, en attendant que Fabien règle une affaire quelconque, Frank sera hébergé chez Jessica et ses parents, c’est le deal. Seulement voilà, quand Frank débarque dans la maison familiale, sous une chaleur écrasante, l’atmosphère n’est pas des plus apaisée et c’est dans ce cadre toxique qu’il va devoir redémarrer la vie au grand air.

Découverte d’Hervé Le Corre avec ce titre et je dois dire que j’ai été bluffée. C’est comme si le roman noir, rural, américain que j’affectionne particulièrement avait été transposé en France. L’ambiance de Prendre les loups pour des chiens n’est pas sans rappeler celle que l’on peut trouver chez Ron Rash. Les magouilles, la misère sociale, l’humanité, des personnages bien campés, une écriture précise..bref, très belle révélation du côté polar.

 

Emma

Les filles au lion

FILLES DU LION

Jessie Burton nous avait déjà épaté avec Le Miniaturiste (qui vient d’ailleurs de sortir en format poche) et là elle nous replonge dans son univers avec l’addictif Les filles au lion (The muse « in english ») traduit magnifiquement par Jean Esch. En 1967, Odelle, jeune femme originaire de Trinidad et Tobago, débarque à Londres, des rêves d’écrivaine plein la tête. J’y ai lu sa vie de femme de couleur dans une cité encore très racisto-colonialiste, sa fabuleuse amitié avec Cynth, sa volonté d’y croire et d’y arriver, quoiqu’il advienne. Et puis un jour, elle rencontre une certaine Marjorie Quick, qui accepte sa candidature pour un poste de secrétaire au sein d’une galerie d’art. C’est le début d’une histoire irrésistible et palpitante. Odelle, jeune héroïne perspicace, douée, mais en manque total de confiance en elle, va découvrir un homme, Lawrie Scott, et son tableau intitulé Les filles au lion, et elle commence à s’interroger sur la tourmentée Quick, qui ressort bouleversée par la vision de cette même œuvre. Pour conduire ses lecteurs dans cette intrigue, Jessie Burton nous entraîne tout à la fois dans un autre espace-temps, en 1936 en Espagne. Nous sommes alors chez un marchand d’art viennois qui ne perçoit pas le talent véritable de sa fille Olive, qui elle, ne tente pas de vivre de son art de l’écriture mais lutte, malgré elle, contre le manque de reconnaissance de son art pictural. Deux rôles féminins forts et attachants, qui ne peuvent vous laisser indifférent(e)s, deux histoires qui s’appellent et se répondent, avec, pour chacune d’entre elles, des descriptions visuelles fortes et des images qui vous viennent rapidement à l’esprit. C’est haletant et précis, mystérieux et passionnant. Avec ma collègue Natacha, nous avons débuté ensemble la lecture et ensemble ce fut du « houlala« , du « c’est un truc de dingue« , du « raaaaaahhhh comme c’est puissant » et on a fait des borborygmes lorsqu’on le lisait en mangeant, bref, un sorte de dialogue primal autour d’un ouvrage envoûtant. Et coup de cœur pour coup de cœur, au même moment, une Bd chez Dargaud est arrivée (un peu comme Zorro oui…), l’histoire d’un peintre espagnol et ses étranges portraits, intitulé Natures mortes: le scénario de Zidrou et Oriol ayant un écho particulier sur l’histoire écrite par Jessie Burton. Bref, lisez, découvrez, dévorez, échangez, c’est bon pour le moral et donc très bon pour la santé 🙂

9782070196975FSnatures mortes

Les filles au lion de Jessie Burton – Gallimard – 496 p.- 22.50 euros

Natures mortes de Zidrou et Oriol – Dargaud – 64 p. – 14.99 euros

Fanny et Natacha.

Équateur

dav

Voilà, devant vous, un GRAND roman d’aventures. Lu d’une traite, c’est un réel plaisir de retrouver la plume de Varenne et d’y voir toute son évolution: de son regard d’auteur, de ses histoires. Pour Équateur, tout commence à Lincoln City dans le Nebraska, en juin 1871. Pete Ferguson (si jamais vous n’avez pas lu Trois mille chevaux vapeur, jetez-vous dessus -sans vous faire mal hein- et vous verrez bien le lien) se fait appeler Billy Webb. Et ce Billy Webb est le meurtrier d’un abruti, mais un meurtrier tout de même. Pete est en fuite mais on comprend vite qu’il a d’abord un compte à régler avec lui-même. Il se fait embaucher comme dépeceur de bisons auprès de Mc Rae et part sur son fidèle mustang, Réunion, à la recherche des derniers grands troupeaux des vastes plaines. Nom d’un p’tit pois, j’ai retrouvé dans ce passage l’atmosphère du Butcher’s crossing de J.E. Williams, même si, dans ce roman, j’avais fini par être écœuré par ces massacres de grosses bébêtes pleines de poils. Pour en revenir à Équateur, le talent d’Antonin Varenne est de nous entraîner d’univers en univers avec une grande précision et un sens tout à fait esthétique du détail. Au sein du campement tu y seras, avec les Comancheros tu auras faim, dans la traversée du désert tu crèveras de soif et durant la révolte guatémaltèque, tu brûleras de rage. Antonin Varenne a une fluidité dans son écriture liée à une mise en ambiance forte, c’est la magie d’un très bon auteur. Pete Ferguson nous entraîne donc dans sa quête. Dans ce récit haletant, notre héros écrit des lettres de la part des personnages qu’il aime, il fait parler morts et vivants, c’est ceux-là même qui le jugent par l’intermédiaire de sa plume. Pete est un être décharné qui cherche à s’incarner. Une femme l’amènera sur ce chemin, c’est Maria, une indienne Xinca. Ensemble ils traverseront terres et océans, lui apprendra à « être », elle à se laver de ses démons. Il y aura ce moment fort où Pete écrira son histoire à même la peau et nous tatouera, de la même manière, notre esprit. C’est pur et parfois dur. Équateur est un roman qui vous emporte beaucoup plus loin qu’un western. C’est une histoire intense, sans répit, qui tient en haleine jusqu’au bout. Dans ses multiples remerciements, Antonin Varenne évoque un certain couple: Judy et Craig Johnson… tiens donc 🙂 on se dit que cela sent l’air frais des grands espaces et la recherche d’une certaine vérité dans les actions des personnages. Laissez-vous donc transporter par le souffle des chevaux et la rage de vivre; ce voyage palpitant vers l’Équateur de Pete-Antonin est une odyssée haletante. Yeehaaa!

Équateur d’Antonin Varenne – Albin Michel – 339 pages – 20.90 euros-

Fanny.

 

Dalva

29efEEBePwFKDESFZueFDF1p29Nq979sjCW9rs4VtWfIOIpzzx55qlMV_006

Dalva, Jim Harrison, traduit par Brice Matthieussent, 1018 (pour la présente édition) 472 pages, 7.50 euros.

Alors non seulement je fait un apéro littéraire sur le Nature Writing sans avoir lu un seul Jim Harrison (et je me prétend libraire!) , mais je n’ai toujours pas comblé mes lacunes lors de celui sur les héroïnes (plusieurs mois après), étant ainsi incapable de parler de Dalva. Jean-Pascal, fidèle lecteur du blog me le faisant remarquer, je n’avais pas tellement d’autres choix que celui d’emporter Dalva avec moi en vacances.

Donc Dalva, pour celles et ceux qui souhaitent en avoir un petit aperçu, c’est l’histoire d’une famille, au Nebraska, à différentes époques. Histoire en grande partie relatée par Dalva qui est donc l’héroïne de ce roman. Pour les amoureux de la nature, des ranchs, de l’amérique, dans laquelle réside autant d’humanité que de violence, allez-y, foncez.

La force de ce texte réside pour moi dans la nuance que Jim Harrison apporte sans cesse à ses personnages et si Dalva est au cœur du roman, les personnages secondaires me semblent tout aussi importants. C’est, bien évidemment, un grand coup de cœur, un texte à rapprocher d’autres romans des grands espaces tels que Wilderness, de Lance Weller, Angle d’équilibre de Wallace Stegner ou encore L’heure de plomb de Bruce Holbert.

Emma