Rencontre autour de Jackson C. Frank

Après la lecture de La ballade silencieuse de Jackson C. Frank, nous avons invité Thomas Giraud à venir partager et échanger avec vous autour de ce destin maudit. Il a accepté avec enthousiasme, et nous vous proposons donc une soirée (musicale?) le vendredi 1er juin. Les guitaristes connaissant le répertoire de Jackson C. Frank sont évidemment les bienvenus! Qu’ils n’hésitent pas à nous contacter!

Les libraires masqués

 

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                                                                   Thomas Giraud

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Goodbye, Loretta

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1974, Short Creek, Arizona. Il y fait chaud mais pas que. Il y fait bon être un Mormon polygame avec une barbe fournie pour les hommes, et d’être « épouses-sœurs-mères » dans de longues robes en coton pour les femmes. C’est dans ce monde que Loretta, 15 ans et âme rebelle, vit. Loretta ne rêve que de s’enfuir dans une vaste voiture américaine, en portant un jean moulant et en mâchouillant son chewing-gum. Elle croit dur comme fer à cette folle échappée, tout comme sa communauté croit au Royaume de Dieu, tout comme Jason croit en son héros, le fantasque cascadeur Evel Knievel. Jason est le neveu de Dean. Et Dean est promis à Loretta pour sauver « l’âme en péril » de cette dernière. Car n’est pas libre qui veut dans cette assemblée « divine-de-Jésus-Christ-des-Saints-derniers-jours-qui-monte-au-ciel-etc… »

Shawn Vestal nous entraîne donc dans cette histoire et nous fait vivre ce récit comme un film: il y a l’atmosphère, le rythme, toute une galerie de personnages et le trait d’humour décalé pour pimenter le tout. L’auteur y convoque la mémoire de l’Amérique par le prisme du fondamentalisme religieux, c’est décapant et délicieusement irrévérencieux. Vestal donne corps et voix à ses protagonistes, il y montre l’aridité des paysages comme celle des esprits et nous fait écouter cet hymne à la liberté sur fond de road-trip aux accents de roman noir. Goodbye, Loretta est un livre féroce qui sort des sentiers battus et donne envie de rejoindre Loretta pour humer l’air chaud de la vaste liberté, cheveux au vent, tout en faisant des bulles avec notre chewing-gum à la fraise. Ça décape et c’est chouette.

Goodbye, Loretta de Shawn Vestal aux éditions Albin Michel dans la collection Terres d’Amérique – Traduction essentielle d’Olivier Colette – 341 p. – 23 euros –

Fanny.

Ps: et si vous vous posez la question du pourquoi-du-comment je pose à côté d’un lièvre et bien lisez le livre… huhuhu.

 

Here come the blues ( 5 et presque fin ;)

C’est un jeune fan (Jim Abbott) qui, dans les années 90, retrouve la trace de Jackson C. Frank. Infirme, celui-ci est retourné vivre chez sa mère. Jim Abbott va tenter de le remettre en selle (il enregistrera une démo en 1995) mais la santé de Jackson a passé le point de non retour. Il meurt en 1999.

Bon! Pourquoi vous parler de cette triste histoire, me direz-vous !

Parce qu’un auteur, Thomas Giraud, s’est imprégné de ce destin tragique pour écrire ce qu’on pourrait appeler une biographie poétique. La ballade silencieuse de Jackson C. Frank est un arpège merveilleux, un roman mélodieux et mélancolique dont les accords ont été choisis avec soin. On place une main sur l’épaule de Jackson, et on se laisse happer par la musique d’une vie.

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La ballade silencieuse de Jackson C. Frank de Thomas Giraud (éditions La Contre Allée)

Gaël

Pyramides, nouveau coup de cœur SF

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Pyramides de Romain Benassaya (éd. Critic)

Une poignée d’humains a quitté la Terre il y a plusieurs siècles pour une exoplanète qu’ils espéraient pouvoir coloniser. Tous placés en biostase, ils se réveillent un jour, un par un, surpris en remarquant que le voyage ne s’est peut-être pas déroulé comme ils l’imaginaient…

Un environnement énigmatique, un mystère interstellaire, après Arca (publié chez Critic en 2016) Romain Benassaya réussit une nouvelle fois à nous embarquer dans une aventure qui dépasse nos destins étriqués de simples terriens. Tout comme les personnages, le lecteur questionne les lois de l’univers et s’interroge sur l’existence probable d’autres formes de vie.

Une confirmation!

Gaël

Taqawan sur Dinan

C’était samedi, c’était joyeux, c’était passionnant, c’était fun, c’était dans le partage, c’était grandement intéressant, c’était  Eric Plamondon au Grenier! 🙂

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Retour donc sur l’ouvrage Taqawan, aux éditions Quidam, mais aussi sur l’excellente trilogie 1984 et sur le recueil de nouvelles Donnacona (dont la magnifique Ristigouche). Après le soleil, la grêle, les rencontres étonnantes au milieu de plantes vertes dans la plus vieille rue de la ville (pas de photos de ces instants, nous étions en mode « éponges »), Eric Plamondon a ensuite pris place pour embarquer ses lecteurs, attentifs et avertis, au sujet de Taqawan.

1038Il a été question des Peuples Premiers, de la politique québécoise et canadienne, de la mémoire collective, de la forme du récit, de la question indienne, de baleine et même de musique un peu plus tard 😉 Bref: un très chouette moment d’échanges. Un grand merci à tout ce beau monde! Viva Taqawan!

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Les libraires masqué(e)s.

Here come the blues (4)

Tout au long des années 70 et 80, Jackson C. Frank tentera de soigner sa dépression (en abusant des médicaments), il se mariera et deviendra père (mais son fils décède et sa femme le quitte). Il fera un bref passage en hôpital psychiatrique, puis se rendra à New-York, dans l’espoir de retrouver Paul Simon. Mais la malchance et le désespoir s’accrochent à lui. Il finira dans la rue, clochard. Suite à une agression, il perd l’œil gauche. Il perd également l’usage de ses jambes, qui ne le soutiennent plus…

Gaël

Here come the blues (3)

Repéré par Paul Simon et Art Garfunkel, Jackson C. Frank enregistre son premier album en 1965. Un succès à l’époque. Mais sa timidité maladive l’empêchera de se produire sur scène. Suivra une profonde dépression. Il quitte Londres pour les États-Unis en 1969, et s’installe à Woodstock. Malgré quelques tentatives pour se remettre en selle, commence pour Jackson une lente mais inéluctable descente au enfers. Il n’y aura jamais de deuxième album…

Gaël