Personne ne gagne

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Personne ne gagne est un récit d’aventures véridiques signé de la main de Jack Black, alias Thomas Callaghan, voleur souvent en fuite, parfois en prison, rarement sur de bons coups et toujours sur le qui-vive, de San Francisco à Vancouver. Son ouvrage fut d’abord publié en 1926, connu un franc succès outre-atlantique puis aujourd’hui, « Monsieur Toussaint l’Ouverture » a la bonne idée de nous l’offrir en partage, traduit par Jeanne Toulouse et Nicolas Vidanlec. Ce sont des mémoires, celles d’un homme sur les grands chemins de l’Ouest, affranchi des lois et des conventions. Avec un style clair et humble, Jack Black raconte sa vie, sans effet de manche et c’est touchant. Bien évidemment j’ai pensé à Kerouac en le lisant, bien évidemment j’ai ressenti l’influence que la vie de « Black » a pu avoir sur ces écrivains qui traçaient la route, cette Beat Generation, libre, insouciante et excessive. Jack Black nous raconte ses meilleurs coups, ses pires déboires, sa vie, sans pathos. Il nous raconte simplement ses rencontres, nous dépeint des personnages hauts en couleur, nous narre sa vie de hobo, le long des rails, toujours à la recherche d’une proie à déplumer, d’un argent facile à gagner. Ce livre contient du « vrai », ce qui en fait, pour moi, une histoire qui sort définitivement des sentiers battus, durant ces années où la loi américaine condamnait lourdement le vagabondage. Le personnage de Jack Black ne tenait pas en place et il avait choisi cette vie, peu importe les frontières, les distances, les coups des policiers et les mésaventures. J’y ai découvert un autre pan de l’histoire américaine, c’est un témoignage puissant  d’un homme qui se livre à coeur ouvert: bordel, corruption, fumeries d’opium, maltraitance, Jack Black a fait sa vie et nous emporte avec lui. Personne ne gagne est un récit atypique tenu par une plume aguerrie, de quoi passer un très bon moment sur les chemins de traverse d’un homme imparfait et libre.

Personne ne gagne de Jack Black aux éditions Monsieur Toussaint Louverture – 416 p. – 11,50 euros-

Fanny.

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Fendre l’armure d’Anna Gavalda

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Sept histoires, sept personnes. De « vrais » gens. Toutes commencent pas « je« .

Deux femmes et cinq hommes qui pour la plupart vont fendre l’armure, se libérer, respirer, se sauver… laisser libre cours aux émotions qu’ils ont cadenassées, ôté le cadenasson que leur éducation ou leur volonté leur a légué et dont ils ne remarquent plus le poids.

Très douée dans les courtes histoires et nouvelles, Anna Gavalda nous livre de nombreux sentiments, change de style à chaque histoire, et s’amuse avec la langue et l’argot, et laisse profiter à de nouvelles trouvailles…

Bon, vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé le nouvel ouvrage de Anna Gavalda, et puis c’est Anna Gavalda, alors c’est forcément bien!

Fendre l’armure, Anna Gavalda – Le Dilettante –   284 pages – 17€

Gaëlle.

 

Rencontre avec les éditions du Tripode

AFFICHE TRIPODE

Rendez-vous samedi 1er juillet pour la dernière rencontre de la saison, à la librairie!

Au programme : Tapas littéraires avec les éditions du Tripode, jeune maison créée en 2012, dont les fondations reposent sur, je cite : « La littérature, les arts et les ovnis ». Se trouvent ainsi, pêle-mêle, dans leur catalogue, le roman culte L’art de la joie de Goliarda Sapienza, Née contente à Oraibi (qui nous fait découvrir la culture Hopi)de Bérengère Cournut mais aussi le Tout va bien (anthologie des titres de presse les plus absurdes) ou encore Anguille sous roche (premier roman d’un auteur comorien, Ali Zamir) et bien d’autres encore que vous découvrirez lors de la rencontre.

Nous vous accueillons samedi 1er juillet à 19h00 pour une soirée conviviale en présence de Frédéric Martin, éditeur incongru qui souhaite bouleverser un peu les choses et mettre « des soucoupes volantes dans l’édition ».

La rencontre sera suivie, comme d’habitude, d’un apéritif dinatoire.

Entrée gratuite, sur inscription uniquement.

Les libraires masqués

Les douze balles dans la peau de Samuel Hawley

 

Les douze balles dans la peau de Samuel Hawley, Hannah Tinti, traduit par Mona de Pracontal, Gallimard, 441 pages, paru le 27/04/2017, 23€

Un tandem de choc père-fille, les armes à feu, un bled paumé aux Etats-Unis, des dialogues qui fusent : il n’en fallait pas plus pour que je plonge mon nez dedans.

Après des années passées sur la route, transportant le strict nécessaire dans une valise, de motel en motel, Samuel Hawley décide de s’accorder une pause et d’offrir à sa fille un peu de stabilité en s’installant à Olympus, Massachussetts. Enfin stabilité peut-être, mais avec une certaine marginalité, la première scène s’ouvrant sur Samuel apprenant à Loo, sa fille âgée de 12 ans, le maniement des armes à feu (et ce n’est que le début, il y aura un super tuto pour démarrer une voiture sans clé et sans se faire gauler). Et c’est donc ainsi que nous faisons connaissance avec ce duo auquel on ne peut que s’attacher (une Loo à la fois solaire et ténébreuse, un père, parfois dépassé, mais vouant un amour fou à sa fille) dans ce roman alternant entre scènes cocasses et d’autres plus profondes. Les douze fameux impacts de balles s’égrèneront au fil de la lecture, dévoilant ainsi le passé de Samuel.

Bon vous l’avez compris, j’ai aimé, j’ai adoré ce roman que me donne envie de découvrir un peu plus son auteur, Hannah Tinti. Du coup, j’ai envie de le conseiller à tout le monde, de le mettre entre toutes les mains. ce que je ne ferai pas, parce qu’évidemment, cela dépend des goûts de chacun. Disons que si vous aimez les romans américains (de préférence dans des bleds un peu paumé), des auteurs du type Ron Rash, Pete Fromm, Joyce Maynard ou autres, qui arrivent à donner vie à leurs personnages de telle sorte que vous êtes à la fois comblé de les rencontrer et un peu triste de les lâcher, alors ce livre est fait pour vous.

Emma

 

Farallon Islands

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La découverte de Farallon islands (The Lightkeepers en anglais) commence par une belle rencontre, celle d’une traductrice passionnée et passionnante, Céline Leroy. Elle venait de finir une traduction et était tombée en amour de cette histoire, de la puissance narrative de cette auteure américaine Abby Geni. Plongeons donc…

Miranda, cheveux en bataille et regard étincelant de curiosité, débarque sur l’archipel sauvage des îles Farallon, à une quarantaine de kilomètres au large de San Francisco. Ces îles protégées sont une réserve naturelle d’oiseaux, phoques, otaries, requins blancs et autres spécimens du monde sauvage maritime. Des roches grises et acérées entourent ces îlots où quelques scientifiques vivent, observateurs de ces espèces… et de leurs congénères. Ils sont adoptés, ici-bas, par cette terre-mère à la fois belle et dangereuse. Abby Geni, traduite donc par la talentueuse Céline Leroy, va vous prendre dans ses filets de jeune écrivaine pleine de talent. Avec un style vif, une écriture concise et descriptive, Abby Geni vous transporte avec ses personnages sur cet archipel battu par les flots, construit par de multiples légendes, parfois englouti par la brume. Notre héroïne vient sur Farallon en résidence, pour y observer, en tant que photographe naturaliste, les multiples espèces qui peuplent cette terre captivante. Miranda est, comme toutes et tous sur cette île, un être solitaire cachant des secrets, dans un environnement qui l’est tout autant : « œil pour œil et dent pour dent » pourrais-je vous dire… et vous comprendrez pourquoi les ami(e)s, suspense, suspense ;). Il y a ici toute la trame classique d’un roman noir: un site isolé, un petit groupe de personnes socialement détachées du monde, des morts accidentelles… ou non, des découvertes stupéfiantes et de l’action. Mais, c’est aussi beaucoup plus que cela: Farallon Islands est un roman qui subjugue, littéralement, à travers les thèmes de la nature sauvage, de la perte, de l’illusion et de la résilience. Abby Geni nous propose une histoire intense et pourtant lumineuse. C’est énergique, effrayant, dépaysant ce huit-clos pourtant ouvert aux quatre vents. C’est sauvage, vertigineux et passionnant ce roman sombre qui fait pourtant une part belle à la tendresse humaine. Oui, c’est étonnant, oui il faut lire cette aventure hors norme, et oui vous aurez envie de dégommer quelques goélands à la fin de l’histoire. Pour finir, embarquez pour les Farallon islands, c’est une découverte littéraire incroyable et donc un coup de cœur indéniable.

Farallon islands d’Abby Geni (traduction Céline Leroy) – Actes Sud- 384 p. – 22,80 euros – Sortie le 07 Juin prochain-

Et un petit mot pour vous dire que loin du blog mais pas loin du coeur de la librairie ;)Je couve un petit être, je laisse donc mes adorables collègues jusqu’en septembre, histoire de… passer de très courtes nuits, lire lire lire, etc… et vous faire des montages photos absolument fuckés. Bien vers vous,

Fanny.

Retour sur les dernières rencontres

Vendredi 12 mai avait lieu la rencontre avec Eric Vuillard, qu’on ne présente plus à la librairie (qu’on ne présente peut-être plus tout court, d’ailleurs, vu les nombreux articles élogieux parus suite à son dernier ouvrage, L’ordre du jour.). La soirée fut riche, passionnante et l’auteur à su, comme à son habitude, captiver son auditoire.

Merci aux lecteurs d’être venus nombreux. Cela nous motive pour les animations futures.

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Samedi 20 mai, à l’occasion de la fête de la Bretagne, nous avons reçu Bernard Le Guevel, Alain Emery et Benjamin Keltz. Un après-midi convivial durant lequel nos lecteurs ont pu échanger avec ces auteurs bretons.

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La prochaine date à retenir sera celle du samedi 1er juillet, promis, nous vous en dirons plus prochainement.

 

Les libraires masqués

Breaking News!

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Auteur du phénoménal Abysses paru en 2008, un énorme thriller scientifique et écologique, Frank Schatzing récidive avec un nouveau roman dans la catégorie « poids lourd » (1000 pages!).

Récit historique, roman d’espionnage, thriller géopolitique, Breaking News nous emmène au cœur du conflit israélo-palestinien à travers l’histoire d’une famille juive arrivée en Palestine en 1928 et les mésaventures d’un reporter de guerre au Proche-Orient.

Le livre donne un éclairage utile sur ce conflit très complexe (plus que je ne le pensais) et mêle avec intensité et brio Histoire et actualité.

Gaël