Après la chute

APR7S LA CHUTE

Après la chute, Dennis Lehane, traduction Isabelle Maillet, Rivages, paru le 04/10/2017, 455 pages, 22€

On ne présente plus Dennis Lehane (Shutter Island, Mystic River, Un pays à l’aube, pour ne citer que quelque titres..), auteur prolixe aux thématiques variées. Comme beaucoup d’autres romanciers américains, il est doué pour raconter des histoires et ce titre ne fait pas exception.

L’histoire se déroule à Boston, comme tous ses autres romans ( à l’exception de Shutter Island qui lui se déroule sur une île ;).) mais la ville reste en retrait, puisque nous nous concentrons principalement sur les personnages. Après la chute démarre plutôt comme un roman que comme un policier. Je dirais que même toute la première moitié sera sur ce rythme, de là à se demander quand démarrera réellement le côté policier. Nous faisons connaissance avec Rachel Childs, journaliste au passé familial compliqué (un père absent, une mère manipulatrice) qui torpille sa carrière en plein reportage tv. Très vite, nous nous y attachons et avons envie de découvrir son histoire. Puis, dans la seconde partie, l’ambiance polar s’installe clairement. En terme de genre, Après la chute est une sorte de roman noir psychologique : un rythme tranquille, pas de scénario complexe avec une fin époustouflante, mais plutôt une ambiance et des personnages particuliers.

Si ce n’est pas le meilleur des Dennis Lehane que j’ai lu (mais je dois avouer que la barre est très haute.), Après la chute n’en reste pas moins un très bon roman, avec des personnages bien campés et une écriture fluide.

A découvrir

 

Emma

 

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Monteperdido

Conseil polar pour cet été!

L’excellent Monteperdido d’Agustin Martinez (Actes Sud).

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Il y a cinq, dans un petit village des Pyrénées espagnoles, deux fillettes de onze ans ont disparu. A l’époque, l’enquête n’a mené à rien. Lorsque l’une d’elles est retrouvée vivante, tous les espoirs renaissent. Pour la famille et les habitants du village, pour les enquêteurs, l’échec n’est plus permis, et la tension monte…

Gaël

Walt Longmire is back!!

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La dent du serpent, Craig Johnson, traduction Sophie Aslanides, Gallmeister, paru le 04/05/2017, 376 pages,22.80€.

Et oui, le nouveau Craig Johnson est arrivé! J’ai retrouvé Walt (oui, désormais, je l’appelle tout simplement Walt) avec le plaisir habituel qu’on a de retrouver un vieil ami. Au programme de ce nouvel opus : un gamin fugueur, une communauté polygame, et, comme d’habitude, « le comté le moins peuplé de l’Etat le moins peuplé des Etats-Unis ».

Bien souvent, avec ce genre de séries, c’est surtout les personnages que l’on aime retrouver, plus parfois que l’intrigue elle-même. Pour ma part, je me suis plongée dans cet épisode, je l’ai lu d’une traite et j’ai tout adoré : l’ambiance, l’enquête et l’humour qui vient rythmer le récit.

Bref, c’est encore un coup de cœur pour Walt Longmire. Les mauvaises langues diront peut-être que je ne suis pas très objective. Et j’ai envie de répondre : « Et alors? »

 

Emma

L’affaire Isobel Vine

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L’affaire Isobel Vine, Tony Cavanaugh, Traduction Fabrice Pointeau, Sonatine, Paru le 06/04/2017, 22 €, 416 pages.

Quand je vois sur un bandeau « Le nouveau Michael Connelly« , j’ai tendance à me méfier. Pourtant, cette fois-ci, je dois avouer que la comparaison tient effectivement la route.

Darian Richards est un enquêteur tenace, droit, un poil misanthrope, qui après 16 ans de bons et loyaux services à la brigade des homicides de Melbourne, décide de raccrocher. Sa reconversion est toute trouvée : mener sa barque en solitaire au bord des Grands Lacs, Nouvelles Galles du Sud. Seulement voilà, quand on est super bon, on est forcément rappelé et c’est ce qui arrive à Darian après quelques années à l’écart.

Un ancien collègue doit être promu commissaire. Avant d’être nommé, il faut s’assurer qu’il est totalement clean. La mission de Darian est donc la suivante : contrôler qu’il n’y a aucune affaire douteuse liée à cette homme. Ce qui va le ramener à une affaire classée datant d’une vingtaine d’années : l’affaire Isobel Vine…

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Un roman policier comme on les aime : un flic attachant, une enquête qui tient la route avec, en prime, les bas fonds de Melbourne, peut-être moins connus par ici que ceux de Los Angeles.

A découvrir

 

Emma

Et un thriller psychologique, un!

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Evanouies, Megan Miranda, La Martinière, paru le 03/10/2016, 438 pages, 21 €

On attendait avec impatience les sorties polars de l’automne et, après quelques tentatives infructueuses, voici mon premier coup de cœur dans la catégorie thriller psychologique. Dès le début, on sent que tous les ingrédients sont là. Du rythme : le roman se déroule sur deux semaines. Une héroïne attachante : Nic, qui revient dans son village natal pour s’occuper de son père atteint d’Alzheimer. Un mystère : La disparition d’une jeune femme faisant écho à une affaire ayant eu lieu dix ans auparavant. Et surtout, la manipulation psychologique : qui est coupable? qui est innocent? Le lecteur hésite jusqu’à la révélation finale (personnellement, je ne l’ai pas vu venir). Et le petit + : la narration est à rebours. On part du jour 14 pour remonter au jour 1. Ce que peut être un peu déstabilisant (rien d’insurmontable non plus) mais qui rend ce thriller original.

Pas d’effusion de sang, pas de trucs glauques, vous ne ferez pas de cauchemars. Par contre, la nuit blanche est probable car, vous l’avez compris, ce roman est addictif.

Les amateurs des Apparences (Gillian Flynn) ou de La fille du train (Paula Hawkins) seront comblés.

 

Emma

 

 

Laëtitia ou la fin des hommes

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« Dans la nuit du 18 au 19 Janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d’être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans. » Quand j’ai commencé à lire la quatrième de couverture de Laëtitia d’Ivan Jablonka, je me suis sentie distante comme pour me protéger d’un trop-plein d’informations sordides et macabres. C’était sans compter le véritable talent de l’auteur. Nous sommes à la fois projetés dans un essai socio-politique, un récit, un polar, une sensible oraison. Et nous sommes avec Laëtitia, dans son destin marqué par des troubles affectifs répétitifs. Mais Laëtitia est une battante qui cherche, avec sa jumelle, Jessica, à s’intégrer, à faire et à prendre sa place. Ivan Jablonka nous entraîne jour après jour dans cette enquête et alterne son récit avec des recherches historiquo-sociologiques pertinentes -et hyper intéressantes- avec ce qui devient, beaucoup trop rapidement, « l’affaire Laëtitia ». Jablonka est un auteur engagé et on peut dire que sa littérature documentaire est devenue littérature rédemptrice:  il refait une place à l’enfant, à l’ado puis à la jeune fille séduisante que fut Laëtitia Perrais. « Laëtitia » est un « roman hors norme » dans tous les sens du terme, car l’auteur n’écrit pas que le drame, il s’investit beaucoup plus loin que cela et c’est là qu’est l’intérêt fort de toute l’histoire. Un vrai tour de force pour ce roman fort et incarné.

Laëtitia ou la fin des hommes d’Ivan Jablonka – éd. du Seuil – 383 pages – 21 euros –

Fanny