Né d’aucune femme

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Né d’aucune femme, Franck Bouysse, La manufacture de livres, paru le 10/01/2019, 334 pages, 20.90€

Découverte, pour moi, de Franck Bouysse (auteur, entre autres, de Grossir le ciel, Plateau et Glaise) et quel bonheur! Bon, autant être honnête dès le début, il s’agit d’un roman relativement sombre : l’ambiance glauque d’un asile pour débuter suivie par la misère d’une campagne lointaine. Je vous envoie du rêve, là? Je vous le dis, 2019 sera fun!

Mais je m’égare. Bien évidement, il ne faut pas s’arrêter là car au cœur de cette noirceur se niche une poésie, une beauté, une force en la personne de Rose, héroïne de ce magnifique texte à laquelle nous ne pouvons que nous attacher. Nul besoin de dévoiler l’intrigue de ce roman qui ne devrait pas vous laissez insensible. Juste vous dire qu’il y sera question de cahiers cachés, d’amour, de regrets, de violences…un texte qui vous prendra peut-être à la gorge, par moment, et c’est ce qui est merveilleux avec la littérature.

Premier coup de cœur de la rentrée de Janvier en ce qui me concerne et si tous les titres à venir ont la force de ce roman, c’est une année qui débute très, très bien.

 

Emma

PS : pour vous le procurer, c’est ici 🙂 :

https://www.librairielegrenier.com/livre/14727289-ne-d-aucune-femme-franck-bouysse-manufacture-de-livres

 

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« En Février, note dans ton calendrier. »

Nous sommes en hiver, il est temps de se réchauffer l’âme et le cœur au milieu de tout ce gris. Le mois de Février s’annonce donc riche en belles rencontres et en partage. Alors, prends ton agenda, ton calendrier, ton carnet, ta paume de main, le dos de ton voisin et note les dates ! Deux formidables auteurs et une géniale traductrice viennent nous/vous rendre visite et ça va être drôlement chouette !

Alors qui?! qui?! qui?!

eric vuillard

VENDREDI 15 Février à 18h, nous souhaiterons la bienvenue à ERIC VUILLARD ( Prix Goncourt 2017 pour l’excellent Ordre du Jour chez Actes Sud ) qui nous revient pour son dernier opus La Guerre des Pauvres, gros coup de cœur pour ce récit à la fois dénonciateur et éclairant . C’est Gaël qui animera la rencontre avec cet auteur généreux et passionnant. Cela se passera à la Bibliothèque de Dinan.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à joindre la Bibliothèque : 20 Rue Waldeck Rousseau, 22100 Dinan / 02 96 39 04 65 / bm@dinan.fr

Bien entendu, dans un prochain post , Gaël vous en dira plus sur ce court récit toujours aussi finement écrit et ciselé. La guerre des Pauvres vous attend déjà à la librairie.

 

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JEUDI 21 Février à 19h00, à la librairie, ce sera au tour du tout aussi généreux et souriant PETER HELLER, accompagné, s’il vous plaît, par sa formidable traductrice CELINE LEROY. Peter Heller nous revient avec Céline (et non, cela ne s’invente pas), trépidant coup de cœur. Après La constellation du chien et Peindre, pêcher et laisser mourir, l’auteur américain nous revient avec des héroïnes mystérieuses et hautes en couleurs.

Réservation à la librairie dans la limite des places disponibles : par courriel / contact@librairielegrenier.com , téléphone / 02 96 39 59 83 ou courrier avec des paillettes (oui, c’est comme ça) / 6 place Duclos 22100 Dinan.

Bien entendu, dans un prochain post , Fanny vous en dira plus sur ce roman qui mêle enquête, souvenirs et grands espaces de l’Ouest américain. Les deux précédents ouvrages cités de Peter Heller vous attendent à la librairie, en attendant la sortie de Céline, toujours chez Actes Sud, le 06 Février prochain.

Vous avez compris : « En Février, note dans ton calendrier » 🙂

à bientôt!

Les libraires masqués.

Dix petites anarchistes

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Valentine Grimm, cadette des sœurs Grimm, fait les comptes de sa vie, de leurs vies. Celles de ces Dix petites anarchistes qui, un jour, en écoutant les Bakounine et autres Benjamin de passage, vont décider de partir vivre leur destin marqué du drapeau noir.


Fin XIXème, cela signifie partir de Saint-Imier, petite bourgade suisse soumise au travail aléatoire, et mal payé, des manufactures horlogères telles que Heuer, Breitling, Longines, pour voguer jusqu’à Punta Arenas, en terre patagonienne. Ce n’est pas rien, c’est une épopée.

Valentine nous raconte les espoirs, les dangers, les rêves, les rencontres, les projets, la vie qui continue malgré tout, au gré de leurs pérégrinations qui les porteront toujours un peu plus loin.

Un récit précis qui se lit avec avidité, une construction narrative proche du roman noir, une histoire passionnante de femmes « sans dieu, ni maître, ni mari » et un attachement certain à ces dix petites anarchistes.

And then / there were / none ( Et alors / il n’en resta / plus aucun ). Allez à leur rencontre et lisez ce petit livre délicieux.

Fanny.

Il était une fois Calamity Jane

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Je pensais devoir dégainer mon Colt en plastique, je pensais me lancer dans un western sauce spaghetti, je pensais mettre mon chapeau et gratter mon banjo, oui, je pensais à tout cela en ouvrant  Il était une fois Calamity Jane  de Natalee Caple, traduit par le duo de choc, Lori Saint-Martin et Paul Gagné. Que nenni ! Et c’est tant mieux car de belles surprises comme celle-ci, j’adore !.

Voici un délicieux roman qui se partage entre Miette et Martha, entre la fille et la mère, deux aventurières à leur manière. Une histoire sur deux histoires, brodée comme une courtepointe, magnifiée par ces deux héroïnes d’un temps passé dont le chemin de vie reste intemporel : l’amour, la maternité, l’abandon, la résilience, le pardon.
Miette fut une enfant recueillie par un pasteur qui l’aima et l’éduqua. Elle lui promit, sur son lit de mort, d’aller chercher cette mère : Calamity Jane. Martha Canary fut l’aînée d’une fratrie née dans la pauvreté, décimée par la fièvre jaune; c’était une guerrière au grand cœur, une éclaireuse, une alcoolique, une amoureuse…des grands espaces.

J’ai juste envie de vous prendre par la main et de vous dire de vous laisser aller à ce que l’auteure nomme « une œuvre de métafiction historiographique »…n’ayez pas peur, Natalee Caple a juste mêlé l’imaginaire à la réalité des faits : j’y ai appris des choses comme j’y ai ressenti des choses. C’est remarquable, entraînant, mythique, passionnant, émouvant. La carapace est enlevée, Caple nous donne l’essentiel de ce lien. Affabulation ou vérité, l’important n’est pas là mais dans la beauté de ces visions croisées, dans l’échange qui dépasse leurs propres mots, dans la description de ces grands espaces où faune, flore et légendes les enlacent pour l’éternité. Il était une fois… Calamity et Miette forever !

Fanny.

Et c’est aussi le moment pour vous souhaiter, de la part de toute l’équipe, une fabuleuse année 2.019 : Yeeeahhhhhaaaa! Que la joie soit parmi vous et à bientôt pour de nouvelles aventures 😉

Les libraires masqués.

LE roman de Fabcaro!!!

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Le discours, Fabrice Caro, Gallimard, 208 pages, paru le 04/10/2018, 16€

Fabcaro, ce nom ne vous est certainement pas inconnu si vous êtes lecteur de bd (ou pas, d’ailleurs parce que son univers dépasse largement les frontières.). Vous l’avez peut-être découvert avec Zaï zaï zaï primé en 2016 (si ce n’est pas encore le cas, foncez!).

Plus de dix ans après la parution de Figurec (actuellement indisponible mais que vous pourrez découvrir en poche au mois de mars), Fabcaro (ou plutôt Fabrice Caro lorsqu’il sort de la bd) récidive avec Le discours, texte réjouissant au possible, à mettre entre toutes les mains.

Alors que se déroule le repas de famille que l’on imagine hebdomadaire, Adrien la quarantaine déprimée vient d’envoyer un texto à Sonia, son ex, qui reste sans réponse. Comment peut-elle ne pas répondre? Elle s’en fiche? Elle ne sait pas quoi dire? Elle est avec un autre? Tout au long du repas, entre les différents plats, notre protagoniste va imaginer toutes les situations possibles, usant de stratagèmes divers et variés pour s’échapper de la table. Mais ce message sans réponse n’est pas sa seule angoisse : sa sœur va se marier et c’est à lui que revient l’honneur de prononcer le discours. Et là, c’est le drame. Déjà que la perspective des festivités ne le réjouit guère, si en plus il doit se taper la rédaction d’un joli texte auquel il ne croit pas, ça va l’achever. Il va falloir qu’il use d’inventivité et de diplomatie pour éviter que ça se termine comme ça :

Je voulais vraiment mettre un extrait du roman mais tout est tellement bon, je n’arrive pas à choisir! Je crois qu’il va falloir que vous l’achetiez ;)!

https://www.librairielegrenier.com/livre/14412723-le-discours-fabrice-caro-gallimard

A lire!!

Emma

 

 

Miss Jane

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Un roman qui s’offre, une histoire qui se déguste lentement, savoureusement. Me voilà comme assise sous le porche en bois, dans un rocking-chair, à regarder les étoiles en compagnie de Jane Chilsom. Brad Watson nous emporte dans un éblouissant portrait de femme.

Jane est née en 1915 dans une petite ferme du Mississippi, il y a l’odeur de la résine mêlée à celle de la sueur, le son des grillons et la bienveillance du docteur Thompson. Car Jane est arrivée avec un handicap alors que sa mère n’attendait plus rien de sa vie et surtout pas un autre enfant. Voici ce poupon qui arrive dans ces vies laborieuses, l’air de rien, fragile et étonné. Cette petite fille grandira, s’offrira à la vie, aux concessions, aux découvertes et à la sage résignation.

Watson distille les ambiances et les traits de caractère de chacun de ses personnages : nous les découvrons au sein d’un espace-temps en lien avec le rythme de la terre labourée, du whisky vieillissant en fût et des saisons s’égrenant. On sent, on goûte, on écoute, on ressent, Miss Jane est le portrait au long cours d’une femme, de ces romans qui nous arrive sur la pointe des pieds et nous attache le cœur. C’est aussi, en filigrane, le portrait de cette Amérique du XXème siècle et d’un médecin de campagne qui accompagnera notre protagoniste sur ses chemins de traverse.

Miss Jane porte en elle un charme fou, une émotion vive et un parcours noué à l’Essentiel. Point de lenteur dans ce roman, traduit avec tant de justesse par Marc Amfreville, mais juste le talent d’un portraitiste impressionniste pour son héroïne. Viva Jane !

Fanny.

 

 

La mort selon Turner

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La mort selon Turner, Tim Willocks, traduction Benjamin Legrand, Sonatine, paru le 11/10/2018, 384 pages, 22€

Pour ceux qui ont déjà lu Tim Willocks, vous connaissez sa maîtrise, sa force romanesque et sa plume qui n’a pas peur d’en découdre. Pour moi, ce fut une découverte puisque malgré les louanges de Gaël, je n’avais, pour ma part, pas encore jeté de coup d’œil aux romans de ce monsieur.

Eh bien, je peux dire que je n’ai pas été déçue! J’ai été happée dès les premières pages par ce roman bien noir flirtant avec l’univers social des polars de Cary Ferey : un héros, des ordures, de la sueur et du sang. Bref un joli cocktail bien testostéroné qui aurait pu me rebuter s’il n’avait pas été porteur d’un message nettement plus humain.

Lors d’un weekend bien arrosé au Cap, un jeune afrikaner renverse une sdf noire, sans même s’en apercevoir. Son beau-père décide de fuir et de masquer l’affaire au jeune homme : il ne faudrait surtout pas compromettre la belle carrière d’avocat qui s’offre à lui et, après tout, la victime n’aurait surement pas survécu bien longtemps dans les rues! Ces choses-là se produisent tous les jours dans un pays gangrené par la corruption! Seulement voilà, c’était sans compter Turner, flic noir de la Criminelle, prêt à se battre sans répit pour la veuve et l’orphelin. Et quand je dis se battre, il va falloir être bien accroché parce qu’il y a certaines scènes à ne pas lire pendant son petit dèj!

Bref, dit comme ça, ça peut paraître un peu cliché mais il s’agit d’une dénonciation d’actes qui se produisent tout de même encore tous les jours, en toute impunité, le tout servi par une écriture juste et haletante : un très bon thriller.

A découvrir

Emma