L’illustre Robert Penn Warren!

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Tous les hommes du roi de Robert Penn Warren (Ed. Monsieur Toussaint Louverture)

Le sud des États-Unis, dans les années 30. L’ascension d’un gouverneur issu du monde rural, un péquenot, qui grâce à une volonté féroce, à force de discours qu’on pourrait parfois qualifier de populistes, et parce que c’est un animal politique, arrive à se faire élire face à des élites corrompues.

Racontée par l’un de ses hommes de main, un personnage lucide, intelligent, souvent cynique, cette histoire mêle habilement le roman noir et la tragédie, le roman d’apprentissage et la réflexion philosophique sur ce qui fut la trajectoire d’un homme et l’histoire d’un pays.

Dans ce roman d’une grande profondeur paru en 1946, Robert Penn Warren réussissait à allier dialogues percutants et descriptions poétiques, avec parfois une petite pointe de lyrisme.

Tous les hommes du roi est un chef-d’œuvre méconnu et Robert Penn Warren un auteur qui a sa place aux côtés des Faulkner, Hemingway, Stegner ou London.

A noter la réédition aux éditions Points d’un autre roman de Robert Penn Warren: La Grande Forêt.

Gaël

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Après la chute

APR7S LA CHUTE

Après la chute, Dennis Lehane, traduction Isabelle Maillet, Rivages, paru le 04/10/2017, 455 pages, 22€

On ne présente plus Dennis Lehane (Shutter Island, Mystic River, Un pays à l’aube, pour ne citer que quelque titres..), auteur prolixe aux thématiques variées. Comme beaucoup d’autres romanciers américains, il est doué pour raconter des histoires et ce titre ne fait pas exception.

L’histoire se déroule à Boston, comme tous ses autres romans ( à l’exception de Shutter Island qui lui se déroule sur une île ;).) mais la ville reste en retrait, puisque nous nous concentrons principalement sur les personnages. Après la chute démarre plutôt comme un roman que comme un policier. Je dirais que même toute la première moitié sera sur ce rythme, de là à se demander quand démarrera réellement le côté policier. Nous faisons connaissance avec Rachel Childs, journaliste au passé familial compliqué (un père absent, une mère manipulatrice) qui torpille sa carrière en plein reportage tv. Très vite, nous nous y attachons et avons envie de découvrir son histoire. Puis, dans la seconde partie, l’ambiance polar s’installe clairement. En terme de genre, Après la chute est une sorte de roman noir psychologique : un rythme tranquille, pas de scénario complexe avec une fin époustouflante, mais plutôt une ambiance et des personnages particuliers.

Si ce n’est pas le meilleur des Dennis Lehane que j’ai lu (mais je dois avouer que la barre est très haute.), Après la chute n’en reste pas moins un très bon roman, avec des personnages bien campés et une écriture fluide.

A découvrir

 

Emma

 

Jeu blanc

Wagamese

Un jour avait débarqué dans un carton Les étoiles s’éteignent à l’aube venant d’une chouette maison d’édition suisse. Un livre parmi tant d’autres. J’avais décidé de le mettre en haut d’une pile. Et j’ai été bouleversé par la beauté de l’écriture et l’intensité de l’histoire. Et puis… Wagamese s’en est allé rejoindre ses étoiles 😦 -d’ailleurs Les étoiles… sont désormais en format poche chez 10/18, vraiment: lisez-le -. Puis Zoé éditions a repris une des plus belles histoires, sûrement la plus intime, de Richard Wagamese : Indian Horse devenu Jeu blanc – dans l’univers du hockey, cela signifie que le match est réalisé sans encaisser un seul but -, toujours traduit par Christine Raguet. Et toujours cette claque, cette beauté, cette intensité. Il faut découvrir et/ou redécouvrir cet auteur d’origine Ojibwé, aller à la rencontre de son héros, Saul, enfant ballotté par la vie, privé de son identité indienne au profit du lavage de cerveau entrepris, à l’époque, par les Zhaunagush, les Blancs. Pour Saul, le hockey sur glace est un moyen de glisser sur les lames de fond de sa vie, il se redécouvrira un but, auprès des siens, en habit de match, casque visé sur la tête et âme vivante mais déchirée. Et puis…vous verrez, vous lirez… jusqu’à la dernière page, la dernière larme. En lien avec cette histoire, on peut relire le reportage dessiné de Joe Sacco publié dans l’excellente revue XXI, notamment ces fameuses « écoles » où des milliers d’enfants amérindiens ont eu leur vie brisée, où leur culture ancestrale devait être réduite à néant et leur esprit vidé de toute substance. Richard Wagamese nous offre dans Jeu Blanc, toute l’intensité d’une histoire de déracinement et d’annihilation. Bien au delà d’une histoire indienne ou d’une histoire de hockey,  Jeu blanc est l’histoire d’un homme qui revient sur ses racines pour célébrer la vie et détruire ses démons, tout cela avec la plume talentueuse de Richard Wagamese: belle et poignante. Il était donc temps que je l’écrive, ce coup de cœur indéniable, pour un auteur remarquable si tôt disparu.

Jeu blanc de Richard Wagamese chez Zoé editions – 256 p. – 20,90 euros –

Fanny.

Les huit montagnes

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Les huit montagnes, Paolo Cognetti, traduction Anita Rochedy, édition Stock, paru le 23/08/2017, 298 pages, 21.50€

Pietro et Bruno se rencontrent alors qu’ils n’ont qu’une dizaine d’années. Pietro vient de Milan. Son père, randonneur passionné, tente de l’initier aux joies de la montagne. Chacun a son rythme, son altitude, ce qui, parfois, les éloigne. L’amitié entre Bruno et Pietro nait rapidement. Quelques semaines à vagabonder dans les alpages et les forêts scellent, pour de nombreuses années, le lien entre les garçons.

Je ne dévoile pas plus l’histoire, bien que l’enjeu de ce roman ne soit pas dans les différents rebondissements que l’on pourrait y trouver. C’est une histoire de montagne (celle-ci étant presque un des personnages), d’hommes, d’amitié, de filiation. C’est un texte pudique aussi, où l’on ne fait pas étalage de ses émotions, ces dernières étant plutôt effleurées et les non dits lourds de sens. Amoureux de la nature, de la montagne, des hommes, foncez, ce texte est pour vous.

Emma

P.S : Alors, oui, la photo est moche, je ne retrouve pas mon masque, l’éclairage est atroce..bref, promis, je fais mieux la prochaine fois ;).

Les sables de l’Amargosa

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Oui, j’aime bien m’écrouler sur le parquet de la librairie avec un coup au cœur 🙂

Un grandiose roman d’anticipation qui m’a donc accroché au cœur et au corps. Les sables de l’Amargosa (ou, in english, Gold Fame Citrus-« L’or, la gloire, les agrumes« , merci d’ailleurs à l’excellente traduction de Sarah Gurcel) de Claire Vaye Watkins est un petit bijou : une exploration de notre solitude, une réflexion sur ce qui pourrait advenir de notre monde si l’eau douce venait à terriblement nous manquer… Ce livre est une épopée qui me fit penser à Steinbeck et Chatwin, un road-trip qui vous laisse la gorge asséchée et l’esprit en vrille. Avec cette même fougue, je pourrais rapprocher Les sables… de l’excellent Station Eleven d’Emily St John Mandel, avec un esprit de construction encore plus fou. Bref, ces filles prennent le futur à bras le corps : c’est dément et si intelligemment mené. Vaye Watkins nous entraîne ici au pays de Mojaves, dans cette Californie brûlante et nue, menacée par l’avancée irrémédiable d’une mer de dunes. Luz et Ray, amoureux sauvages et paumés, trouvent refuge dans une villa de starlette perchée du haut de cette Cité des Anges, déchus, et retrouvent, pour un instant, les trésors futiles de cette cité antique qui fut la nôtre. Ils trouveront aussi « Ig », une petite fille fragile, poupée chiffon désorientée, qu’ils enlèveront, pour l’emmener vers les verts pâturages, lieux idéalisés, au-delà de ces frontières désormais fermées. Le chant de la piste les mènera vers leurs destins respectifs, en bordure de ces terribles et magnifiques sables de l’Amargosa. Il y aura une histoire de secte hippie où le coryphée d’un savant fou vous racontera leurs histoires, il y aura la quête d’identité, du moi profond, de l’amour, de la haine, de la trahison, de l’idéal. « Qui sommes-nous, où allons-nous », Claire Vaye Watkins met tout cela dans son shaker littéraire et nous offre un cocktail incroyable et explosif. « Exaltant, hypnotique, audacieux » écrit Louise Erdrich de ce roman, et bien je ne peux résumer mieux. Grand coup de cœur!

Les sables de l’Amargosa de Claire Vaye Watkins chez Terres d’Amérique aux éditions Albin Michel – 416 pages – 23.50 euros –

Fanny.

On l’a rêvé, ils l’ont fait.

A la librairie, chaque nouveauté de Craig Johnson s’accompagne de youhou!!!! ou encore hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!! Ok, on l’avoue, on peut être un peu monomaniaques. Mais bon, entre Walt Longmire, Henry Standing Bear, Vic Moretti (les héros de sa série policière) et nous, c’est une grande histoire d’amour.

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Et si, en temps normal, on se partage les lectures à faire, quand un nouveau titre de l’auteur arrive, on se jette tous dessus, avec l’envie de partager notre enthousiasme.

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Bref, Craig, on l’a lu, on l’a croisé dans des salons, on l’a rêvé pour la librairie.

Et vous savez quoi?

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Il vient nous voir en vrai (Merci les éditions Gallmeister)!

Rendez-vous mardi 21 novembre, 19h00, à la librairie pour une rencontre qui promet d’être passionnante.

L’entrée est gratuite mais il faut vous inscrire.

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Les libraires masqués

 

C’est le cœur qui lâche en dernier

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C’est le cœur qui lâche en dernier, Margaret Atwood, traduction Michèle Albaret-Maatsch, Robert Laffont, 450 pages, paru le 17/08/2017, 22€

Bien connue pour son titre La servante écarlate (adapté récemment en série tv), Margaret Atwood nous projette, une fois de plus, dans un futur proche inquiétant. La différence réside cependant dans le traitement puisqu’elle nous offre un roman assez jubilatoire au rythme enlevé.

Stan et Charmaine se prennent la crise économique de plein fouet. Trouver du travail et subvenir à leurs besoins relèvent du parcours du combattant. Aussi, lorsque Charmaine tombe sur une publicité vantant le mode de vie offert par Consilience, elle n’a qu’une hâte : signer. Le système est assez simple. Pendant un mois, les résidents occupent une charmante maison, ont un travail et l’argent nécessaire pour subvenir à leurs besoins. Le mois suivant, ils sont logés, mais en prison. Attention, le genre de prison grand luxe, avec des chambres confortables, des repas dignes d’un trois étoiles etc. N’y subsiste que la privation de liberté. Bien évidemment, l’envers du décor n’est pas si idyllique que cela et le couple risque d’en faire les frais…

Très bien rythmé, beaucoup de dialogues et pas mal d’humour (le regard critique sur notre société restant quand même bien présent) : ce nouveau roman est une belle découverte.

Emma