Eric Vuillard était là et c’était -toujours- aussi bien :)

Eric Vuillard était donc là ce vendredi 15 pour, encore, un très chouette moment de rencontre! 80 personnes environ, avaient fait le déplacement pour rencontrer cet écrivain érudit et passionnant.

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Cela s’est passé à la bibliothèque de Dinan cette fois-ci (merci pour leur accueil chaleureux), Gaël présentait le nouvel opus de l’auteur rennais « La guerre des pauvres« . Eric Vuillard, écrivain investi et humaniste, a enchanté son auditoire.

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Attentif aussi à ses lecteurs-trices lors de la séance de dédicaces…

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… et inversement 🙂

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La soirée s’est finie à Argile et Vin, chez Jean et Liney, où, autour de spécialités vénézuéliennes, et en compagnie de quelques habitué(e)s de la librairie, nous avons porté la discussion de « La guerre des pauvres » hors les murs.

Bref, vivement le prochain roman de l’auteur et un grand merci aux lecteurs et lectrices venu(e)s le rencontrer. Vive le partage et que vivent les livres 🙂

Le prochain rendez-vous se passera à la librairie, ce jeudi 21 Février, en compagnie de Peter Heller et Céline Leroy, à 19h.

Les libraires masqués.

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Le pays des oubliés

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Michael Farris Smith fait encore résonner le tonnerre dans ce roman âpre à l’ambiance électrique, du grand art.

Je revois l’auteur, le regard porté sur le lointain, assis face à sa table de petit-déjeuner dans le cadre du festival de l’Amérique à Oron. Il portait cette distance poétique, et cette amabilité certaine, d’un écrivain sensible qui garde en lui certaines cicatrices.

Dans le delta du Mississippi, bande de terre fertile mais oubliée, bordant ce fleuve gigantesque, apparaît son personnage : Jack Boucher.
Dès les premières pages me voilà dans une histoire sombre et hypnotique. « Notre » Jack, au volant d’une camionnette usée jusqu’à la rouille comme notre héros, est en route vers le repère de « Big Momma Sweet », la matrone vengeresse des âmes damnées. Sur ce trajet, une mauvaise rencontre et un accident enfanteront d’un enfer et d’un hasard éblouissant.

C’est là, qu’au fur et à mesure de la lecture, mes mains se crispaient de plus en plus sur les pages tandis que mon pouls s’accélérait : merci Fabrice Pointeau pour cette traduction si juste.

J’étais là-bas, sur les terres de cet écrivain qui vous embarque comme dans un film, avec Jack et toute son histoire. Mais comment fait-il ? Quelle est cette magie pour vous prendre aux tripes d’une telle manière ?

Le pays des oubliés raconte la trajectoire d’un homme en résistance parce qu’il n’a jamais eu d’autre choix. C’est une histoire d’abandon, d’enfant perdu, de combattant et d’espérance fragile ; un roman noir certes, mais d’une beauté à couper le souffle.

Fanny.

Les tribulations d’Arthur Mineur

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Les tribulations d’Arthur Mineur, Andrew Sean Greer, traduction Gilbert Cohen-Solal, Jacqueline Chambon, paru le 02/01/2019, 252 pages, 22 €

J’ai découvert Andrew Sean Greer il y a dix ans, avec L’histoire d’un mariage. Je me rappelle avoir beaucoup aimé ce titre à l’époque. L’atmosphère, les personnages m’avaient tout de suite emportée sans que je sache trop pourquoi. C’est un peu ce que j’ai retrouvé dans cette lecture.

A l’instar du personnage de Stoner, de John Williams (https://www.librairielegrenier.com/livre/3538146-stoner-john-edward-williams-j-ai-lu ) , Arthur Mineur est un homme plutôt passif, subissant les différentes étapes de sa vie sans trop réagir, jusqu’au jour où son ancien amant se marie et lui fait parvenir l’invitation à la cérémonie. Cet événement va alors créer une sorte de déclic chez Arthur qui choisit, plutôt que de se morfondre seul chez lui, d’accepter tout un lot d’invitations à participer à différentes manifestations littéraires (il est romancier) à travers le monde. Paris, Berlin, le Sahara…nous le suivons avec délice dans ses voyages exotiques qui lui permettent également un peu d’introspection : mène-t-il la vie qu’il souhaitait? Est-il un bon auteur? A l’approche de la cinquantaine, quelles sont, désormais, ses attentes?

Arthur Mineur est un homme avec toutes ses complexités et c’est cette finesse que j’ai particulièrement appréciée. Andrew Sean Greer évite les clichés et fait preuve d’une belle maîtrise aussi bien sur le fond que sur la forme. C’est un roman bien écrit, distrayant, touchant et très drôle également. Bref, une découverte lumineuse pour ce mois de Février.

L’auteur était l’invité de la grande table au début du mois :

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/andrew-sean-greer-prix-pulitzer-2018

Si vous êtes tenté.e.s, vous pouvez vous procurer le roman sur le site de la librairie 🙂 :

https://www.librairielegrenier.com/livre/14800424-les-tribulations-d-arthur-mineur-andrew-sean-greer-editions-jacqueline-chambon

Emma

 

Céline… et Peter Heller bientôt à la librairie!

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C’est d’abord l’histoire de deux petites filles qui faillirent perdre un jour la vie dans les flots. L’une après avoir suivi sa mère dans la recherche de petits éclats de jade, l’autre après avoir embarqué sur un canot pour y laisser éclater sa tristesse. Les falaises et la haute mer, la mère magnifique et le père évanescent. Deux petites filles de deux générations différentes qui vont se retrouver pour éprouver la vérité, la leur.

Grabriela et Céline. Grabriela est la fille d’une déesse aux yeux verts qui, un jour, disparut dans les vagues scélérates de Big Sur. Céline est ce bout de femme qu’on dirait sculpté dans du bois de cèdre : elle possède cette force et ce parfum sublime. Ces deux héroïnes étaient donc faites pour se rencontrer. C’est Grabriela qui viendra vers Céline pour lui demander d’enquêter sur la disparition, dans le parc de Yellowstone, de son père, reporter-photographe pour le National Geographic.

C’était il y a quelques années, de l’eau est passée sous le pont -de Brooklyn- mais le mystère demeure…

Nous avons adoré Céline : ses pattes d’oies, ses bagues à chaque doigt, ses écharpes en soie et … son Glock.38, car Céline est détective privé, et son Docteur Watson à elle, c’est son Pete, amer remarquable dans sa tempête intérieure.

Là est tout le talent de Peter Heller : vous faire rentrer dans un roman noir, une intrigue puissante, et, par la même, vous raconter une histoire à la fois intime et universelle : la recherche du père.

Du suspense, de l’émotion vive, de l’attachement, de la mort aux trousses, de la création artistique et un soupçon d’élan héroïque à la Calamity Jane; vous mélangez tout cela et j’espère, qu’en y goûtant, vous allez vous aussi vous exclamer le « Wow » d’usage de notre héroïne.

Magistralement traduit par Céline Leroy (ça ne s’invente pas), Heller nous offre donc un roman qui se déguste comme un -très- bon whisky. Cela a le goût mêlé du sous-bois, du bain d’arrêt, de l’air iodé et du papier glacé jauni par les années : tout un monde où Heller y distille ses secrets, ses connivences en lien si fort avec ses héroïnes. Bref, l’auteur est un homme qui aime ses personnages qui le lui rendent bien.

Le 21 Février prochain, partez vers les vastes territoires sauvages du Wyoming et du Montana, laissez vous embarquer dans cette enquête qui déborde du cadre et allez pratiquer la danse de l’ours en compagnie de l’auteur américain à l’éclat de rire le plus éclatant de l’Ouest.

Peter HELLER, Céline Leroy seront à la librairie  ! youpi youpi!!! Viens! Viens!

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Fanny (Natacha se cache sous mon masque, elle a eu comme un envie subite de se rapprocher de l’auteur), Gaël enthousiaste et Emma qui a aussi adoré, bref, un beau coup de cœur d’équipe masquée.

Le sport des rois

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Le sport des rois, C. E. Morgan, traduction Mathilde Bach, paru le 10/01/2019, 656 pages, 24 €

Alors, tout d’abord, pardon pour la photo pourrie. Je n’avais pas prévu d’en faire une (toute seule, en plus!) mais il n’y avait pas grand chose d’exploitable sur internet. Enfin bref, promis, je ferai mieux la prochaine fois.

J’imagine donc, si je n’ai pas trouvé beaucoup de références, qu’il y a malheureusement eu peu d’articles de presse pour ce roman brillant. Et non, le terme n’est pas fort. Si la thématique peut paraître éculée (3 générations dans un kentucky bouseux au sein d’une famille misogyne et raciste), le traitement est, quant à lui, une vraie réussite.

Pas de manichéisme, un souffle, une vraie plume, des personnages auxquels s’attacher…j’ai été emportée par ce roman fleuve et ai découvert par la même occasion une autrice fantastique. Car oui, derrière ces initiales « C.E. » se cache en fait un femme, qui dépeint un univers terrible de bêtise humaine, de transmission et de violence. Si le monde hippique est également au cœur du roman, n’ayez aucune crainte, nul besoin d’avoir de quelconques connaissances en la matière.

Moyens ou grands lecteurs (peut-être un peu dense pour les plus petits lecteurs), je ne peux que vous encourager à vous jeter sur Le sport des rois et à vous offrir une plongée dans une épopée exceptionnelle.

Emma

 

L’étoile du nord de D.B. John

L’étoile du Nord de D.B. John (éd. Les Arènes) – 22.00 €

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Voici ce qu’écrivait le journaliste Yann Rousseau dans Les Echos le 27 octobre 2017: « L’histoire est à peine croyable. Pendant plusieurs années, le régime nord-coréen a fait enlever des centaines de ressortissants de pays voisins, afin de former ses espions aux langues et aux cultures étrangères ou pour voler des identités. Aujourd’hui encore, les familles les recherchent. »

C’est dans ce contexte que se situe ce passionnant roman de l’auteur britannique D.B. John. Un thriller d’espionnage (même si le terme est un peu réducteur) dans lequel se croisent trois destins, entre les États-Unis et la Corée du Nord.

Une immersion très réaliste au cœur d’un pays dont on sait peu de choses. Le tension est palpable tout au long du roman, et montera crescendo jusqu’à l’oppression… et l’effroi.

Fascinant!

Gaël