Comment tuer une vieille tante acariâtre?

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Meurtres à Willow Pond, Ned Crabb, Gallmeister, 24.30 euros, 419 pages, paru le 11/02/2016

Iphigene Sheldon (alias Gene) , femme de poigne, amatrice de bourbon, propriétaire d’un luxueux lodge dans le Maine décide de modifier son testament. Elle réunit donc, le temps d’un week-end, ses neveux et nièce (un peu « bras cassés » mais guides de pêche hors pair), son avocat mais aussi ses cousins, histoire d’avoir un peu de soutien. Car évidement, elle se doute bien qu’il risque d’y avoir quelques remouds. Au final, c’est une vingtaine de personnes qui sont réunies car il faut aussi composer avec les vacanciers, les ex-maris et cie. Et, étrangement, beaucoup semblent avoir une bonne raison d’éliminer Gene…

Imaginez un Cluedo version camp de pêche dans le Maine, ajoutez-y quelques ingrédients du type bourbon/cocaïne/sexe et cela vous donnera une petite idée de ce huis-clos décalé qui vous dépaysera.

Emma

Le Grand n’importe Quoi!

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Le Grand n’importe Quoi de J.M. Erre (Ed. Buchet Chastel)

Voilà un auteur dont je suis vraiment client!

Quand des extraterrestres enlèvent Alain Delon alors qu’il s’apprêtait à se pendre; quand dans un village comme Gourdiflot-le-Bombé des lémuriens malgaches attaquent en meute un réfugié monégasque; quand un Spiderman en déficit de masse musculaire se fait courser par une bande de culturistes décérébrés tout ‘nervés; eh bien je rigole… Bêtement… Et ça fait du bien!

Je me garderai bien de vous raconter l’histoire car tout est dans le titre!

Gaël

En attendant Bojangles

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En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, Finitude, paru le 07/01/2016, 160 pages, 15.50 euros.

C’est l’histoire d’un amour fou d’un homme et d’une femme, à travers les yeux émerveillés de leur fils unique. L’histoire d’un homme qui tombe éperdument amoureux d’une femme fantasque, qui fera de sa vie  une fête perpétuelle, un éblouissement permanent, en allant toujours plus loin. Au fil de la lecture, Mr Bojangles passe en boucle sur le tourne-disque. La danse et les cocktails font partie des incontournables de la maison :

« Toujours, quand ils dansaient, ils se préparaient des cocktails fous, avec des ombrelles, des olives, des cuillers, et des collections de bouteilles. Sur la commode du salon, devant un immense cliché noir et blanc de Maman sautant dans une piscine en tenue de soirée, se trouvait un beau et vieux tourne-disque sur lequel passait toujours le même vinyle de Nina Simone, et la même chanson : Mister Bojangles. […] Cette musique était vraiment folle, elle était triste et gaie en même temps, et elle mettait ma mère dans le même état. »

Et cette mélancolie est présente tout au long du roman, car on se doute bien que la vie réelle ne peut être que fête, que cette folie ne peut être que joyeuse.

Bref, ce titre est, pour moi, une des belles surprises de cette rentrée de janvier et je me suis laissée porter par le charme de ce premier roman, jusqu’au bout.

A découvrir

Emma

P.S : Et puis c’est aussi l’occasion de réécouter (ou de découvrir) ce morceau :

Retour à Oakpine

RETOUR OAKLAND

Comment rendre intense un roman sur ces petits riens, ceux qui nous relient, font le « Tout » dans nos vies: c’est tout le talent de Ron Carlson. Il n’y a rien d’extraordinaire à Oakpine et, en même temps, au cœur de la ville et de ses personnages, tout vous accroche à l’âme: la nostalgie de l’adolescence, le retour « à la maison », l’évolution simple de la vie, le pardon, les retrouvailles, l’amitié, le regard sur la passé, les fêlures, les passades, les émotions brassées. Oui, tout cela dans ce « Retour… ». Jimmy, cinquante ans, revient dans la maison de ses parents, pour y passer ses derniers mois. Craig, Frank, Mason, Marcie et Kathleen sont dans leurs vies et, avec toute sa sensibilité, Carlson les relie au fur et à mesure, en prenant le temps, ce précieux temps. En fil rouge, nous voyons défiler les saisons, les enjambées athlétiques du jeune Larry à travers la ville et cette jeunesse qui reprend inexorablement le relais. Sur Oakpine, les ami(e)s d’enfance se retrouvent et nous donnent à ressentir la force de leurs liens, leur complicité contagieuse, leur humanité sobre et bienveillante. Ce roman est écrit toute en finesse au sein d’une nature flamboyante et il m’a attaché une p’tite partie du cœur auprès d’eux. Bouleversant!

« Retour à Oakpine » de Ron Carlson – Gallmeister – 282 pages -23.10 euros –

Fanny

Solomon Gursky was here!

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Que cette année 2016 commence bien! Des coups de cœur en pagaille! Et notamment ce chef-d’oeuvre de la littérature nord-américaine (oui, je sais, il y en a beaucoup dans ce coin là! ) qu’il aura fallu attendre trente ans avant de voir traduit en français: Solomon Gursky de Mordecai Richler édité aux Editions du Sous-Sol.

Les Gursky! Famille fascinante, redoutable, pathétique, infréquentable, attachante, insignifiante mais entourée de mystères… Et c’est un de ces mystères que le narrateur cherchera pendant de longues années à éclaircir: celui qui entoure la vie et la mort de Solomon Gursky.

Depuis les bas-fonds de Londres au XIXe siècle jusqu’à l’entreprise familiale florissante des années 70, en passant par l’expédition Franklin qui se perdra en Arctique en 1845, et le trafic d’alcool pendant la prohibition, l’histoire de la famille Gursky est surprenante.

Un roman-puzzle dans lequel on se laisse embarquer  avec un plaisir immense.

Gaël

« Attention chérie, ça va trancher. »

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Désaxé, Lars Kepler, Actes Sud, paru le 06/01/2016, 23.80 euros

Une vidéo d’une femme enfilant un collant est postée sur Youtube. Peu de temps après, la victime est retrouvée sauvagement assassinée. L’enquêtrice chargée de l’affaire pressent que ce crime fait partie d’une série et, effectivement, peu de temps après, une seconde vidéo est postée, se terminant comme la première.

Le temps est donc compté, il semble s’agir d’un tueur en série, qui aime particulièrement manier le couteau car ça taillade dans tous les sens…

Vous aviez peut-être découvert Lars Kepler avec L’Hypnotiseur il y a quelques années. Ce nouvel opus ne se lâche pas, des chapitres courts, un rythme trépidant, une nuit blanche assurée car une fois débuté, on a du mal à s’arrêter.

Bref, si vous voulez un bon thriller, foncez!

Emma

Waouh!

CITY ON FIRE

City on Fire, Garth Risk Hallberg, Plon, 1000 pages, 23.90 euros, paru le 14/01/2016

Bon, je sais mon titre laisse un peu à désirer, mais quand on est face à un tel bouquin, les mots manquent (en plus, c’est lundi..).

Lu d’une traite en une petite dizaine de jours (c’est à dire le midi, le soir, le matin avant de commencer le boulot et même en voiture -non, je ne conduisais pas- alors qu’habituellement j’évite etc.) avec avidité et, en même temps, la crainte du moment où il faudrait bien le refermer et passer à autre chose. Bref, ce roman est brillant, bien écrit, profond, dans le style, pour les amateurs, de Donna Tartt ou Marisha Pessl (et, effectivement, je n’ai plus qu’à passer à autre chose, et ce n’est pas facile.).

C’est une grande fresque, ambitieuse sur le New-York des années 70, à la fois roman d’apprentissage, polar, documentaire sur le début de la scène punk, saga familiale…et ça tient la route tout le long. Si le nombre de pages vous fait peur, pas d’inquiétude, c’est certes foisonnant, riche de détails, mais sans complexité particulière. Il suffit juste d’avoir un peu de temps devant soi.

Pour en savoir plus, l’article de Télérama est très bien fait :

http://www.telerama.fr/livres/city-on-fire,137448.php

 

Emma