Plein de bonnes choses à se mettre sous la dent!

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Vacances, vacances, en ce qui me concerne. Mais, qui dit repos dit, pour moi, forcément, lecture. Et, ces dernières semaines, j’ai eu la main plutôt heureuse avec trois belles découvertes de cette rentrée 2015.

Dans l’ordre de mes lectures :

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D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds, Jon Kalman, Gallimard, 448 pages, 22.50 euros, paru le 20 août 2015

Certains d’entre vous ont peut-être découvert Jon Kalman il y a quelques années avec Entre ciel et terre qui débutait sa trilogie islandaise. Avec ce nouveau titre, indépendant de la série précédente, nous retrouvons avec grand plaisir la langue poétique de l’auteur qui sert ici une histoire familiale s’étendant  sur plusieurs décennies. Ce roman a pour cadre l’Islande et une atmosphère propre à ce pays, mais l’histoire que l’auteur nous conte (la famille, l’amour, comment on devient homme, ou femme etc..) a une portée universelle. Tout cela porté par une écriture sublime. En un mot : foncez!

variante chilienne

La variante chilienne, Pierre Raufast, Alma, 264 pages, 18.00 euros, paru le 20 août 2015

La fractale des raviolis faisait partie de nos coups de cœur l’hiver dernier pour son humour, sa construction imaginative et son côté pétillant. Pierre Raufast m’a séduite, cette rentrée, avec La variante chilienne. Si l’on retrouve, incontestablement, la patte de l’auteur, ce nouveau titre est malgré tout éloigné du précèdent. L’écriture possède le même dynamisme et un certain humour. Pourtant, ce qui ressort du roman est plus de l’ordre de la poésie et de la tendresse.

Florin conserve dans des bocaux les cailloux lui rappelant ses émotions, pour ne pas les oublier. Au fur et mesure qu’il sort ses cailloux pour raconter à Pascal et Margaux (ses nouveaux voisins) différentes anecdotes, une amitié se noue entre nos trois protagonistes. Un joli texte qui, l’air de ne pas y toucher, fait du bien.

Intérieur nuit

Intérieur nuit, Marisha Pessl, Gallimard, 720 pages, 24.90 euros, paru le 20 août 2015

La jeune Ashley Cordova est retrouvée morte dans un entrepôt de Chinatown. Si l’enquête conclut à un suicide, le journaliste Scott McGrath en est nettement moins sur. Car, voyez-vous, Ashley n’est autre que la fille du légendaire Stanislas Cordova (avec lequel notre journaliste eu quelques démêlés par le passé), mythique réalisateur de films, disons effroyables. Son oeuvre est d’ailleurs tellement angoissante qu’elle est interdite de diffusion. Pour la découvrir, à vous les projections clandestines.

Un journaliste naïf et attachant, une suicidée (?) mystérieuse, un réalisateur hypnotique et surtout une construction et un sens du rythme bluffants, le tout dans un pavé ponctué de photos, de coupures de presse, d’articles de blog etc.

Thriller, roman, peu importe, Marisha Pessl maîtrise à la perfection son sujet et, j’avoue que ça a été, pour moi, La surprise de cette rentrée. Bref, à découvrir d’urgence!

Voici pour ces trois titres, je potasse les suivants en attendant de retrouver la librairie d’ici une semaine. D’ici-là, bonnes lectures à vous.

Emma

Une Antigone et des Loups

Et on continue pour les coups de cœur de la Rentrée Littéraire;)

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Par où commencer pour vous parler de cet ouvrage… débuter par “âmes sensibles s’abstenir”? ou par un plus consensuel “ceci est un roman chorale qui vous sortira de l’ordinaire et plus encore”?. Dans tous les cas, ces histoires en reliance vous happeront dès le début et vous ne pourrez lever le bout du nez qu’à la toute dernière page. « Les loups à leur porte » est un premier roman, pour l’auteur français Jérémy Fel, qui ne peut en aucun cas vous laisser indifférent tant l’atmosphère est dense dès le premier destin annoncé. Il y a des morts annoncées, des fantômes du passé, un monstre qui en remplace un autre, de la rédemption, de la violence inouïe, de la possession mais aussi une part plus lumineuse  qui vous redonnera du souffle. Au fur et à mesure on pourrait se croire dans un film à mi-chemin entre l’univers de Lynch et celui d’Hitchcock avec une pointe de Stephen King à ses grandes heures. Les personnages ne vous laisseront pas en paix, ils vous plongeront dans l’angoisse tout autant qu’ils vous ramèneront à l’essentiel de la vie. Ce chassé-croisé constant entre visions cauchemardesques et amour inconditionnel donnent à ce livre une intensité foudroyante dont il serait dommage de passer à côté… pour le meilleur et pour le pire.

« Les loups à leur porte » de Jérémy Fel (Payot-Rivages) – 20 euros – 435 p. –

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Nizam, jeune femme mutilée, descend des hautes montagnes afghanes pour récupérer le corps de son frère, Youssouf, mort au combat. En face d’elle se place un poste avancé de l’armée américaine – situé dans la province de Kandahar -, véritable forteresse du désert. Dans ce face à face aux allures volontaires de tragédie grecque, l’état-major refuse de lui rendre ce corps car ces hommes ont peur : s’agit-il d’une “veuve noire”? d’un appât? d’une diversion des talibans?. Durant trois jours, Nizam s’obstine à justifier sa présence, son seul but. Ces destins sont alors liés, malgré eux, dans cet espace à la fois hostile et majestueux. Joydeep Roy-Bhattacharya signe un roman haletant et grandiose sur un conflit  cruel et sans fin. Chaque portrait, réalisé avec beaucoup de finesse, est saisissant  de vérité; la peur se mêle au courage, la détresse à la folie, l’incompréhension à l’humanité. “Une Antigone à Kandahar” est un grand roman, indispensable et nécessaire.

Une Antigone à Kandahar” de Joydeep Roy-Bhattacharya  (Gallimard) – 21,50 euros – 355 p. –

Fanny

Mickaël Ferrier bouscule l’Histoire et l’identité française. Et vlan!!!

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Mémoires d’outre-mer

de Michaël Ferrier

Ed. Gallimard (21.00 €)

En partant sur les traces de son grand-père, Michaël Ferrier emprunte les chemins de la mémoire et de l’Histoire, qu’il sait ne pas être ceux de la vérité. C’est à Madagascar que son enquête le mène. Il découvre la vie mouvementée de son aïeul, et par là-même ce que l’Histoire de France n’a pas cru bon de retenir…

Observateur lucide au regard ouvert sur le monde, Michaël Ferrier bouscule l’identité française avec beaucoup d’intelligence. Portées par une écriture précise et poétique, descriptive et parfois lyrique, ces Mémoires d’outre-mer tiennent autant du coup de maître que du coup de cœur.

Gaël

Et on continue encore et encooorrrrre…

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Il était une ville de Thomas B. Reverdy (Rentrée Flammarion) :

Détroit, An un de la Catastrophe (2008). Il était une fois Eugène, jeune ingénieur français, qui débarque pour un projet géré par l’Entreprise. Il va y découvrir une ville en faillite et une fille au sourire brillant rouge. Il y a aussi Charlie qui vit avec la Bande dans les quartiers désertés et l’inspecteur Brown chargé de l’enquête sur ces centaines d’enfants disparus. Dans ce conte moderne et hypnotique, on y retrouve des gouttes d’encre de Dickens, d’Orwell et quelques sons du joueur de flûte. Par son écriture poétique, par son style à la fois implacable et sensible, Thomas B. Reverdy nous emporte dans ce Détroit mythique qui a perdu de sa superbe… et nous avec. Pourtant, l’auteur va nous donner à voir toute l’Humanité là où nous croyons qu’il n’y a plus rien. Il montre la force de cet Amour face à l’absurdité d’un système. “Il était une ville” est un fabuleux roman qui entretient ses failles afin de mieux laisser entrer la lumière. C’est passionnant et éblouissant!

Neverhome de Laird Hunt (Rentrée Actes Sud) :

La farouche Constance prend l’habit… de soldat de l’Union lorsqu’éclate la guerre de Sécession. Bartholomew, son mari à la santé fragile, restera dans leur ferme de l’Indiana. C’est ainsi que commence ce roman magistral où, à mesure que grandit l’horreur de la guerre, le fil de l’histoire se fait de plus en plus ténu entre raison et déraison. Nous nous accrochons alors à l’incroyable rage de vivre qui émane de Constance – alias Gallant Ash – dans son monde au bord du chaos où l’inconstance et la violence sont les maîtresses du jeu. Laird Hunt confronte sans cesse la beauté de la Nature face à la noirceur de l’âme Humaine, il nous transporte dans un no-man’s land où la frontière devient floue entre réalité et imaginaire. “Neverhome” est une épopée sauvage dont l’héroïne est une femme engagée et enragée. Un roman d’une densité incroyable, pendant féminin de l’excellent “Wilderness” de Lance Weller. A lire absolument, si si si.

Fanny

Premiers coups de coeur de la rentrée!

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Depuis un bon mois, on se démène pour vous dénicher les coups de cœur de cette rentrée 2015 qui va commencer à arriver sur nos tables dès la semaine prochaine. La bonne nouvelle est que nous avons tous été émus, emballés, passionnés par un certains nombre de titres. En voici deux, pour commencer :

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Jeanne Benameur qui, après le somptueux Profanes, revient avec un roman tout aussi intimiste : Quand Etienne, photographe de guerre, est libéré après avoir été retenu en otage un certain temps, le retour à la vie quotidienne est compliqué. C’est auprès de sa mère et de ses amis d’enfance qu’il choisit de se reconstruire. Un roman touchant, servi par une écriture âpre et poétique.

Avec Délivrances, de Toni Morrison, nous découvrons Lula Ann, fillette trop sombre pour oser être touchée par sa mère qui, elle, a un teint tellement clair. Dès les premières lignes, le ton est donné : il sera question de la couleur de peau et des souffrances qu’elle entraîne dans une société marquée par le racisme. Si ce thème abordé par Toni Morrison est récurrent, chaque roman est, quant à lui, différent. D’une concision et d’une force étonnante, Délivrances est un petit bijou.

Ces deux titres, qui laissent présager une belle rentrée littéraire 2015, seront à découvrir en rayon dès les 18 et 19 août.

Emma

Prix S.F./Polar des lecteurs du Grenier

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Nous poursuivons nos prix des lecteurs du Grenier. Cette fois-ci, nous avons choisi de mettre à l’honneur la science-fiction et le polar. Vous trouverez six titres dans chaque catégorie et vous avez trois mois pour voter. Comme pour le précédent prix (qui a récompensé Americanah et Amours, au mois de juin), vous n’êtes pas tenus de tout lire pour pouvoir voter. L’idée, c’est simplement de défendre votre coup de cœur, s’il y en a un, parmi notre sélection.

Ci-dessous, l’affiche, en un peu plus visible :

Affiche prix SF Polar

Bonnes lectures à tous

Les libraires masqués