Monsieur Toussaint Louverture récidive !

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Après Le Dernier Stade de la Soif de F. Exley et Karoo de Steve Tesich, les éditions Monsieur Toussain Louverture permettent une nouvelle fois aux lecteurs francophones de découvrir une pépite de la littérature américaine.

Albert Lippincott (alias Mailman) a 57 ans. Il est facteur dans une petite ville de l’Etat de New-York. Depuis trente ans, et avec un certain dévouement, il distribue le courrier. Employé modèle ? Pas tout à fait. Afin de partager un peu de l’intimité des habitants, il se permet quelques rétentions de courriers et prend plaisir à lire certaines correspondances. Passé maître dans l’art de « recacheter », il les distribue ensuite avec un léger retard…

Mais quand son petit jeu a pour conséquence le suicide d’un de ses administrés, il remet tout en question, s’interroge, tente de réagir, mais déjà tout s’effrite…

Mailman est un homme qui a trouvé une place dans ce monde, un endroit où vivre paisiblement un quotidien bien huilé. Sauf que ce n’est pas la sienne, de place.

Chronique d’une existence faite de petits drames et de joies éphémères, Mailman est un roman nerveux, drôle, au ton parfois amère et dont le personnage, intelligent mais légèrement dépressif, n’est pas sans rappeler Ignatus Reilly dans La Conjuration des Imbéciles (de John Kennedy Toole), à ceci près que ce dernier est plutôt détestable et Mailman attachant.

Un roman alternatif, comme on aimerait en lire plus souvent.

Gaël

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10 bonnes raisons de lire Le chardonneret

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Chroniqué partout dans la presse, en rupture chez l’éditeur dès sa sortie, Le chardonneret était dans toutes les bouches en cette rentrée littéraire de janvier, et c’est justifié. Vous trouverez de très bons articles (Télérama, Libération, Le Nouvel Obs…) et des interviews assez facilement. Voici, pour ma part, les dix bonnes raisons de lire Le chardonneret :

1. Le héros nous est, d’emblée, sympathique.
2. L’écriture foisonnante n’empêche pas le dynamisme du récit.
3. L’intrigue nous tient en haleine.
4. Les personnages secondaires sont finement travaillés.
5. L’atmosphère est proche de celle des romans de John Irving.
6. C’est un pavé (ok, là ça dépend des goûts, mais, en ce qui me concerne, c’est positif).
7. L’univers de l’art est très présent (bon, là aussi ça dépend des goûts, mais les coups de cœur sont, par essence, subjectifs).
8. C’est un roman qui nous fait voyager dans les rues de New York (entre autres).
9. Refermer ce livre pour s’atteler aux différentes tâches du quotidien est un supplice.
10. Mais, il vous faut quoi en plus ?! Bon, dans un sac à main, vu son poids, il peut être très utile en cas d’agression :).

Emma

En cas de forte chaleur

en cas de forte chaleur

Robert et Gretta Riordan sont irlandais mais vivent à Londres. Ils ont passé la soixantaine et leurs trois enfants sont partis vivre leurs vies. L’aîné n’habite pas très loin, avec sa femme et son fils. La cadette, à quelques deux cents kilomètres et la benjamine s’est installée à New-York.

En cette journée caniculaire de juillet 1976, Robert, comme tous les matins, part chercher son journal. Mais il ne revient pas. Et personne ne semble l’avoir aperçu.

Suite à cette disparition, les enfants reviennent et se retrouvent ensemble dans la maison familiale. Des retrouvailles propices à faire ressurgir les non-dits, les incompréhensions ou les rancœurs, les sentiments que chacun gardait enfouis.

Un très beau roman, intimiste et poignant, sur les liens familiaux.

Gaël

Youhouuu! Karoo sort en poche :)!

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Saul Karoo travaille pour Hollywood, dans l’ombre, il réecrit des scénarios, les sauve d’une certaine façon. La cinquantaine, en instance de divorce et père d’un jeune homme de 18 ans, le « Doc », comme on le surnomme, n’en est pas moins un personnage singulier : alcoolique, fumeur invétéré, menteur compulsif, d’un cynisme assumé, mauvais père, mauvais mari, indifferent aux sentiments des autres, désinvolte, et la liste est encore longue ! Mais malgré tout ces défauts, Saul Karoo en serait presque attachant ! Car un évènement va un jour lui donner la chance de changer, de faire quelque chose de bien, quelque chose qui balaiera tout le reste, comme une sorte de rédemption. Mais les choses ne vont pas toujours comme on le souhaiterait…

Publié de manière posthume en 1998, Karoo fait parti de ces romans qui deviennent cultes. On pense à La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole ou au Dernier stade de la soif de Frederick Exley. Avis aux amateurs !

Gaël

La claque de cette rentrée de janvier !

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Agaat, Marlene Van Nierkerk, Gallimard.

Il y a Milla, femme blanche, afrikaner, clouée sur son lit, paralysée. Et puis, face à elle, nous découvrons Agaat, femme noire qui semble être sa servante, ou son infirmière. Nous sommes dans une ferme, près du Cap. L’histoire débute aujourd’hui, mais les retours en arrière seront incessants, sur une quarantaine d’années. Ces années qui, égrénées, nous feront comprendre toute la complexité du lien qui unit ces deux femmes qui ne nous sont pas, d’emblée, sympathiques.
Un livre foisonnant, dense, qui demande une certaine attention. Plusieurs voix se font entendre. Celle de Milla, aujourd’hui, celle de Milla il y a plusieurs décennies, couchée sur des carnets, et puis, aussi, ce « tu » qui s’adresse à elle.

Ce second roman de Marlene Van Niekerk est exceptionnel, tant du point de vue du style que de la force des personnages mis en scène, et vous accompagnera longtemps après l’avoir refermé.

Emma