L’Iconoclaste, Loco Loca,Cécile Coulon…la rentrée de septembre démarre (déjà)!

Hier, avait lieu la présentation de la rentrée littéraire de l’Iconoclaste (https://www.editions-iconoclaste.fr/), à Rennes. Histoire de ne pas trop perdre le fil de l’actualité littéraire, je m’y suis donc rendue, accompagnée de Saul, mon lecteur en herbe de deux mois.

La présentation s’est déroulée dans un lieu très chouette, que je ne connaissais pas : Loco Loca, un café/resto/bar à tapas rennais dont le charme opère dès que l’on pénètre dans la jolie cour de ce lieu enchanteur.

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Loco Loca

La salle était, en vrai, plus animée mais au vu de la qualité d’image de mon téléphone, j’ai pris très peu de photos de la présentation. J’ai donc pioché sur internet.

La maison d’édition a fait le choix de miser sur un nombre de titres restreint (seulement trois) mais de viser juste et je dois avouer que pour les libraires et les lecteurs cette économie est appréciable car la rentrée de septembre rime souvent avec overdose.

J’ai ainsi pu découvrir les titres de Jean-Baptiste Andrea (dont le premier roman Ma reine a remporté un joli succès), de Mathieu Palain et, joie, de Cécile Coulon (jeune autrice dont il faut absolument découvrir les ouvrages si ce n’est pas encore fait!). Ces trois auteurs étaient présents pour nous parler de leur romans.

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La rencontre s’est poursuivie par apéritif dînatoire délicieux, moment privilégié pour échanger avec les éditeurs, auteurs ainsi que les collègues libraires s’étant déplacés pour l’occasion.

Petite pause photo avec Cécile Coulon pour le blog et il est malheureusement temps de repartir…

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(héhé, je ne vous avais pas menti hein, sur la qualité photo de mon téléphone ;))

Le verdict de cette présentation est sans appel : je repars avec trois romans qui me donnent très envie et qui viennent donc épaissir la jolie pile de livres à lire que je peine à faire descendre (Si mon petit Saul est adorable, les nuits hachées, ne vont pas de paire avec la lecture..).

Alors, promis, je démarre bientôt et je vous redis vite.

Emma

Et pour les flâneurs qui souhaitent une petite pause au calme, après l’effervescence urbaine, voici le site de Loco Loca :

https://locoloca.com/

 

 

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Tous, sauf moi

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Tous, sauf moi de Francesca Melandri (éd. Gallimard)

Pour l’instant l’une de mes plus belles lectures de l’année!

En quatrième de couverture:

« 2010, Rome. Ilaria, la quarantaine, trouve sur le seuil de sa porte un jeune Éthiopien qui dit être à la recherche de son grand-père, Attilio Profeti. Or c’est le père d’Ilaria. À quatre-vingt-quinze ans, le patriarche de la famille Profeti est un homme à qui la chance a toujours souri : deux mariages, quatre enfants, une réussite sociale éclatante. Troublée par sa rencontre avec ce migrant qui déclare être son neveu, Ilaria commence à creuser dans le passé de son père. »

Je suis déjà assez friand de ces grands romans qui mêlent histoires intimes, ou familiales, et grande Histoire, mais quand, en plus, l’auteure nous fait naviguer entre les destins et les époques avec une telle fluidité, c’est le summum!

De Francesca Melandri, j’avais déjà lu Eva dort (Gallimard, 2012), autre fresque familiale et historique que j’avais beaucoup aimé. Je ne peux que vous inciter à découvrir cette grande écrivaine italienne.

Gaël

Le chien de Madame Halberstadt

Le chien de

Baptiste n’a pas la patate, ni la frite, et encore moins la banane. Maxine l’a quitté, l’écriture aussi, pas de succès, son égo est en berne.

Jusqu’au jour où sa voisine de palier, Madame Halberstadt, née Darget, lui demande de garder son vénérable toutou quelques jours. Sauf que Croquette a beau avoir la face d’ E.T., ce n’est pas un chien comme les autres…

Me voilà ainsi partie dans ce conte burlesque, frais et attachant. Avec un sens de la répartie et du détail qui fait mouche, Stéphane Carlier signe une histoire drôle à souhait avec une pointe délicate de dérision et un soupçon de fantaisie pas piquée des hannetons. Vous allez adorer Croquette 😉

Fanny.

 

Cotton County

Henderson

Un roman époustouflant et hypnotique.

Nous sommes dans les années 30, dans ce Sud des États-Unis peu enclin à une reconnaissance du peuple noir. Deux gamines, Elma, fille blanche de métayer, et Nan, fille noire d’accoucheuse, sont unies comme les doigts de la main.
Un soir, sous l’auvent d’une maison qui ne leur appartient pas, Elma va assister, avec ses jumeaux dans les bras – l’un blanc, l’autre noir – au lynchage de Genus Jackson.

Notes blanches, touches noires, Eleanor Henderson nous plonge dans une partition de haute volée que fait résonner un chœur Faulknérien.

Véritable épopée historique américaine, l’auteure nous entraîne dans cette amitié puissante entre deux femmes, une relation qui n’édulcore rien mais colore intensément leurs vies faites de peur, de colère, de soumission et d’irrépressible envie de liberté.

Roman fait de passé proche et de présent qui égratigne, Cotton County est une histoire qui fait résonner sa cadence sudiste durant un long moment. Coup de cœur !

Traduction de haute volée d’Amélie Juste-Thomas.

Fanny.

Toute la ville en parle

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Tout commence en 1889, lorsque des immigrés suédois et allemands décident de bâtir leur propre ville dans le Missouri.
À travers le regard des habitants d’Elmwood Springs, le lecteur traverse l’histoire des États-Unis de la fin du XIVe siècle jusqu’à nos jours. Le cimetière de la ville se remplit et bientôt, une nouvelle société de gens décédés (oui oui!) se créée, avec ses propres lois et son lot d’histoires et de ragots.

Fanny Flagg nous livre ici un roman chorale pétillant, dans lequel les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres.

Grâce à la traduction de Jean-Luc Piningre, venez donc goûter aux fabuleuses confitures d’Elner Knott, Toute la ville en parle, et passer un bon moment auprès du maire Nordstrom, de la douce Lucille Beemer, et de tous les autres habitants…

Célia.

Une femme en contre-jour

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Gaëlle Josse nous revient avec une beauté de roman, celui qui vous happe, suspend le temps, nous fait découvrir et ressentir.

L’auteure nous plonge cette fois-ci dans l’univers de l’étrange Vivian Maier. Comme Josse nous l’écrit en introduction : « Raconter Vivian Maier, c’est raconter la vie d’une invisible, d’une effacée. Une nurse, une bonne d’enfants. Une photographe de génie (…) ».

Cela débute par la fin, une vieille dame dans un parc de Chicago, dans une scène décrite comme une photo prise par un Rolleiflex : ces images qui prennent le temps dans leur composition. Josse, avec son talent sûr et discret, vous transporte dans une mémoire de femme, entre la France dite « profonde » et un New-York effervescent.

Vivian Maier porte sa lumière infinie sur ce qui l’entoure et son ombre portée sur elle-même. Elle passe, s’arrête, prend l’image, disparaît, recommence, cumule. Gaëlle Josse s’interroge, écrit, creuse, déroule le fil du mystère Maier, rend compte de ce clair-obscur magnifique.

Coup au cœur pour cette Femme en contre-jour !

Fanny.

 

Un silence brutal

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Un roman subtil, poétique, magnétique.

J’ai eu cette impression qu’avec ce Silence brutal (traduction de haute volée d’ Isabelle Reinharez), Ron Rash arrivait à un tournant littéraire, celui qui vous fait dire ses mots à voix haute pour y faire résonner son talent, l’élément nature se déployant magnifiquement par le prisme de Becky.

Ron Rash nous écrit un polar et nous ouvre ses ailes. Il y convoque ses sujets primordiaux: nos failles, nos mystères, nos refuges, notre violence, notre résilience, cette Amérique des délaissés, des paumés, des camés, des vieux, des abîmés, et tout cela pris dans cette nature première, essentielle et survivante, si fragile face à la bêtise humaine mais puissante en son cœur.

Rash est un immense écrivain doublé d’un grandiose poète. Silence brutal est à lire résolument, absolument.

Fanny.