Des nouvelles!

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Le cœur sauvage, Robin MacArthur, traduit par France Camus-Pichon, Albin Michel (collection Terres d’Amérique), paru le 03/05/2017, 220 pages

Courir au clair de lune avec un chien volé, Callan Wink, traduit par Michel Lederer, Albin Michel (collection Terres d’Amérique), parution le 20 septembre (eh ouais, il faudra patienter!)

Des nouvelles, et quelles nouvelles! Je sais bien, les nouvelles sont un genre un peu boudé par ici et, je dois l’avouer, j’ai mis du temps à y prendre goût. Et pourtant, quel travail d’orfèvre pour pouvoir offrir au lecteur, en quelques pages, une atmosphère, une émotion qui vous imprègnent comme pourrait le faire un roman. Si je me permets de réunir ces deux recueils, c’est tout simplement parce que les passerelles entre les deux me semblent évidentes : une plume, des personnages incarnés, une ambiance, l’Amérique, les grands espaces.. Amateurs de Ron Rash, Jim Harrison, Pete Fromm etc. plongez dans ces nouvelles sans attendre (enfin non, pour Callan Wink, il faudra attendre héhé), ces deux jeunes auteurs sont une magnifique découverte.

Et ce qui est, en plus, super cool c’est que Callan Wink sera à la librairie le 30 septembre avec Francis Geffard pour notre soirée Terres d’Amérique. C’est pas chouette ça?!!

Ah oui et sinon, comme le post s’intitule « Des nouvelles », petit mot pour vous dire que le passage des tongs-chaussette à la chaussure orthopédique s’est bien déroulée.

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Je ne peux pas encore faire de danse de la joie mais ce n’est qu’une question de semaines. En attendant, j’avale la rentrée littéraire ;).

Emma

Fendre l’armure d’Anna Gavalda

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Sept histoires, sept personnes. De « vrais » gens. Toutes commencent pas « je« .

Deux femmes et cinq hommes qui pour la plupart vont fendre l’armure, se libérer, respirer, se sauver… laisser libre cours aux émotions qu’ils ont cadenassées, ôté le cadenasson que leur éducation ou leur volonté leur a légué et dont ils ne remarquent plus le poids.

Très douée dans les courtes histoires et nouvelles, Anna Gavalda nous livre de nombreux sentiments, change de style à chaque histoire, et s’amuse avec la langue et l’argot, et laisse profiter à de nouvelles trouvailles…

Bon, vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé le nouvel ouvrage de Anna Gavalda, et puis c’est Anna Gavalda, alors c’est forcément bien!

Fendre l’armure, Anna Gavalda – Le Dilettante –   284 pages – 17€

Gaëlle.

 

Ce que nous avons perdu dans le feu

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« étonnant, détonnant, affolant« , voilà les trois mots qui me sont venus à la fin de recueil -époustouflant- de nouvelles. Et un coup de cœur pour douze nouvelles, ce n’est pas rien m’sieur dame 🙂 : tout doit être lié, en osmose, chaque histoire doit porter une intensité, une originalité et être sensiblement reliée par l’autre, celle qui suit. Là est le talent de Mariana Enriquez et de sa traductrice Anne Plantagenet. Des images me sont venues rapidement, ces nouvelles ont déclenchés les visions du monde troublant « à la » Diane Arbus et l’univers gothique, sans être fantastique, « à l’humeur » du grand Allan Edgar Poe. Oui, rien que ça. Ce que nous avons perdu dans le feu prend le décor d’une cour des miracles typiquement brésilienne où s’entrecroisent cet enfant de junkie, cette ado fantomatique, cette Adela amputée d’un bras, ce futur père hanté par un enfant serial-killer, cette assistante sociale au bord de la crise de nerfs… je ne vous dis pas tout car, écrit comme cela, vous pourriez prendre peur dans le mauvais sens du terme. Certes, l’univers de Mariana n’est pas tendre mais il est hyper addictif. J’ai plongé dans ce sombre monde argentin, au milieu des petits temples dédiés aux multiples divinités, de ces croyances populaires et d’une histoire riche en morts et en fantômes. J’ai lu jusqu’à en avoir le souffle coupé, j’en ai rêvé aussi : de ces angoisses éternelles, des cauchemars d’enfant que nous avons tous en nous, tapis dans un coin. Mariana Enriquez nous fait palpiter la pompe à vie, joue diablement bien avec les codes, nous montre que l’humain est bel et bien le monstre. Bref, découvrez sans tarder cette auteure argentine pas piquée des hannetons qui a plus d’un tour dans son sac. Lisez et frissonnez, cet ouvrage est un pur plaisir littéraire, effroyablement bon!

Ce que nous avons perdu dans le feu de Mariana Enriquez – éd. du Sous-Sol – 236 pages – 19 euros / Parution demain, le 12 Janvier 🙂

Fanny.

Fin de mission

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Fin de mission, Phil Klay, Gallmeister, paru le 29/01/2015, 320 pages

Oui, je sais, encore un Gallmeister. Et je ne vous dirai même pas « Après, j’arrête » parce qu’après, j’enchaîne sur le dernier Craig Johnson. Et vous voulez savoir? Encore un coup de cœur. Premier ouvrage de Phil Klay, vétéran du corps des marines, ayant servi en Irak, et c’est la guerre que l’on se prend de plein fouet. Les nouvelles de ce recueil nous plongent dans différentes missions, auprès de différents personnages mais elles nous entraînent aussi sur l’après, ce retour au pays, tellement compliqué. A travers toute une galerie de personnages auxquels nous nous attachons très rapidement, Phil Klay nous offre une sorte de kaléidoscope de la guerre d’Irak. Et même de la guerre tout court, tant ce thème est universel.

Une écriture épurée, presque journalistique par moment, émouvante et drôle à d’autres. Une atmosphère assez proche du magnifique Compagnie K (https://gaeletemmalibraires.wordpress.com/2013/08/06/eblouie-par-un-roman-de-guerre/), sorti en 2013. Bref, à découvrir.

Emma

Un membre permanent de la famille

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Il est parfois des lectures qui s’ajustent si bien à nos moment de vie, qui prennent l’esprit et le cœur, osent la surprise et les émotions contradictoires. Dans une composition directe et prenante, le grandiose Russel Banks et son recueil de douze nouvelles intitulé « Un membre permanent de la famille » vient vous chercher là où vous ne le devinez pas : au détour d’une action, derrière le sourire d’un personnage, sous le vernis d’une « famille parfaite ». Ce sont des histoires émouvantes, déstabilisantes, trépidantes; bref, l’auteur nous offre ici plusieurs toiles où se dessinent les fragilités des petits êtres que nous sommes. Un régal de lecture.

« Un membre permanent de la famille » de Russel Banks (Actes Sud) -22 euros-

Fanny