« En Février, note dans ton calendrier. »

Nous sommes en hiver, il est temps de se réchauffer l’âme et le cœur au milieu de tout ce gris. Le mois de Février s’annonce donc riche en belles rencontres et en partage. Alors, prends ton agenda, ton calendrier, ton carnet, ta paume de main, le dos de ton voisin et note les dates ! Deux formidables auteurs et une géniale traductrice viennent nous/vous rendre visite et ça va être drôlement chouette !

Alors qui?! qui?! qui?!

eric vuillard

VENDREDI 15 Février à 18h, nous souhaiterons la bienvenue à ERIC VUILLARD ( Prix Goncourt 2017 pour l’excellent Ordre du Jour chez Actes Sud ) qui nous revient pour son dernier opus La Guerre des Pauvres, gros coup de cœur pour ce récit à la fois dénonciateur et éclairant . C’est Gaël qui animera la rencontre avec cet auteur généreux et passionnant. Cela se passera à la Bibliothèque de Dinan.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à joindre la Bibliothèque : 20 Rue Waldeck Rousseau, 22100 Dinan / 02 96 39 04 65 / bm@dinan.fr

Bien entendu, dans un prochain post , Gaël vous en dira plus sur ce court récit toujours aussi finement écrit et ciselé. La guerre des Pauvres vous attend déjà à la librairie.

 

affiche heller

JEUDI 21 Février à 19h00, à la librairie, ce sera au tour du tout aussi généreux et souriant PETER HELLER, accompagné, s’il vous plaît, par sa formidable traductrice CELINE LEROY. Peter Heller nous revient avec Céline (et non, cela ne s’invente pas), trépidant coup de cœur. Après La constellation du chien et Peindre, pêcher et laisser mourir, l’auteur américain nous revient avec des héroïnes mystérieuses et hautes en couleurs.

Réservation à la librairie dans la limite des places disponibles : par courriel / contact@librairielegrenier.com , téléphone / 02 96 39 59 83 ou courrier avec des paillettes (oui, c’est comme ça) / 6 place Duclos 22100 Dinan.

Bien entendu, dans un prochain post , Fanny vous en dira plus sur ce roman qui mêle enquête, souvenirs et grands espaces de l’Ouest américain. Les deux précédents ouvrages cités de Peter Heller vous attendent à la librairie, en attendant la sortie de Céline, toujours chez Actes Sud, le 06 Février prochain.

Vous avez compris : « En Février, note dans ton calendrier » 🙂

à bientôt!

Les libraires masqués.

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Salina

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Partir d’un texte de théâtre poignant pour en arriver à la sève d’un roman magistral. La magie littéraire de Laurent Gaudé m’arrive encore entre les mains.

Salina, les trois exils : « ce qui passe, vit et se transmet » écrit l’auteur en dédicace. Salina, par la voix de son dernier fils, Malaka, est racontée. L’histoire commence par ce nouveau-né, arrivé dans son cri immense, au milieu des dunes et des hommes. C’est cette petite, débarquée dans un nulle part de caravansérail, qui va être adoptée par Mamanbala : « (…) par le sel de ces larmes dont tu as couvert la terre, je t’appelle Salina. »

Il y a l’enfance protégée, puis viendra le premier exil, celui du sang et de la violence, puis le second, celui de la vengeance, et le troisième, celui de l’exil et de la résilience. Salina est la vie d’une femme qui peut se transposer autant dans un univers lointain que proche car ce récit est à la fois un cri universel et une ode fraternelle.

Peu de pages, à peine 150, mais d’une intensité vibrante. Ainsi, Malaka raconte sa mère à un vieux pêcheur, sorte de Charon, nocher de l’île-cimetière, qui, contre l’obole du récit de ce fils aimant, l’approche de ce lieu mystique où reposent les âmes.

Petit à petit, comme les autres pêcheurs, j’ai moi aussi rapproché ma barque pour écouter l’histoire de Salina, éblouie par la plume de Gaudé. Un bijou.

Fanny.

J’ai couru vers le Nil

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J’ai couru vers le Nil, traduction Gilles Gauthier, Actes Sud, 432 pages, paru le 05/09/2018, 23€

Plus de dix après l’immense succès de L’immeuble Yacoubian, Alaa El Aswany nous offre sa révolution égyptienne au travers de péripéties et de personnages attachants.

Le Caire, 2011. La place Tahrir accueille tous les révoltés, tous les défenseurs de la liberté dans un mouvement populaire qui rassemble les générations. Asma et Mazen vont vivre leur histoire d’amour par le prisme de cette mobilisation. Nous croisons également deux étudiants en médecine, Khaled et Dania, issus de milieu différents mais que le combat va réunir. Achraf, grand bourgeois copte va s’affranchir de sa femme et de son rang social pour rejoindre la révolution et ouvrir ses portes aux manifestants. Et puis il y a Nourhane qui voit en ce mouvement l’opportunité de mener à bien ses ambitions et de s’ériger en icône.

Alaa El Aswany réunit toute une galerie de personnages et nous fait ainsi vivre cette révolution égyptienne de l’intérieur. Bien sûr, le regard de l’auteur est orienté, mais comment pourrait-il en être autrement au vu de la situation ? A ses risques et périls (l’auteur est toujours dentiste au Caire et ce roman est interdit de publication en Egypte), Alaa El Aswany nous offre ce nouveau roman profond, touchant, drôle aussi, par moments et c’est une belle réussite.

 

Emma

Youpitralala, Femina, Goncourt, Renaudot : c’est beau!

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Voilà, pour partager avec vous notre joie des Prix Littéraires, c’est pas souvent alors… Champomy pour tout l’monde! (oui Emma est enceinte, prenons soin d’elle).

Gaël était RA-VI pour son gros coup de cœur chez Actes Sud, à savoir le Goncourt 2018 pour Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu. Emma est SUPER HEU-REU-SE pour le Prix Femina accordé à Philippe Lançon pour Le Lambeau chez Gallimard. Fanny est FOLLE…de JOIE pour le Prix Renaudot accordé à Valérie Manteau pour Le Sillon aux éditions Le Tripode.

Bref, y’a d’la joie dans nos cœurs de libraires et du bonheur aussi d’avoir de si beaux retours des lecteurs-trices de ces trois ouvrages, que cela continue! 🙂

Toutes nos félicitations aux auteur(e)s primé(e)s, votre travail fabuleux est récompensé. MERCI!

Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu – Actes Sud – 425 p. – 21.80 euros.

Le lambeau de Philippe Lançon – Gallimard – 512 p. – 21 euros.

Le sillon de Valérie Manteau – Le tripode – 262 p. – 17 euros.

Les libraires masqués.

Leurs enfants après eux

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Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu (Ed. Actes Sud)

Chronique sociale des années 90, dans une petite ville des Vosges, Leurs enfants après eux raconte l’histoire d’Anthony et d’Hacine. Ils ont 14 ans en 1992, quand sort l’album Smell like teen spirit de Nirvana, ils auront 20 ans en 1998, alors que la France ne fait qu’un avec son équipe de football… Entre temps, ils vivront l’adolescence cruelle, qui laisse des plaies béantes dans le cœur d’une jeunesse qui se rêvait un avenir au-dessus de la mêlée.

C’est avec une justesse folle que Nicolas Mathieu nous fait (re)vivre cette « France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d’Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. »

C’est un roman qui me restera longtemps en mémoire, et que je conseillerai encore dans dix ans.

Gaël

Ses yeux bleus

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Il y a quelque chose de grandement addictif dans Ses yeux bleus, quelque chose qui vient chercher vos peurs primitives, quelque chose d’étrangement mauvais qui vous donne la chair de poule, et quelque chose de fraternel qui vous attache à Raili. Raili est bibliothécaire et son plus beau trip de vacances et de se plonger dans les bouquins, lovée dans son canapé, canapé situé dans son chalet perdu au fin fond des bois de Lövaren. Raili n’a pas sa langue dans sa poche, elle aime découvrir… alors elle découvre ses gentils voisins, papote avec Olofsson, ce grand gaillard qui lui raconte parfois des choses sans queue ni trop de tête, admire la nature : les champignons auprès d’une ferme abandonnée, la beauté du lac sombre et profond… oui voilà, ces trois points de suspension, c’est ici : c’est beau mais « pas que ». Il y a de très dérangeantes histoires et présences dans cette forêt. La première remonte à très loin, du temps où les sorcières étaient emprisonnées et moulinées à la Question… ces femmes qui portaient le vice et le malheur, ces diablesses, il y en avait dans les profondeurs de Lövaren. Alors Raili, ni une ni deux, elle enfile ses Crocs et ses écharpes colorées Gudrun Sjödén et va chercher la – ou les – présence(s) qui hantent les lieux pour chercher à comprendre une disparition, puis deux, puis l’incendie, puis le meurtre et elle y va Raili, jusqu’à se confronter aux yeux bleu glacé de la Folie. Lisa Hågensen entame sa trilogie et ça commence diablement très fort. Vivement le prochain mais sans les Crocs et avec les crocs

Ses yeux bleus de Lisa Hågensen chez Actes Sud dans la collection actes noirs et traduit avec talent par Rémi Cassaigne. 363 p. – 22.80 euros –

Fanny.

Des histoires de cachalots…

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Voilà, des histoires se rejoignent et forment entre elles une belle suite d’aventures. Tout d’abord le documentaire puissant, passionnant de François Sarano, Le retour de Moby Dick – Ou ce que les cachalots nous enseignent sur les océans et les hommes. J’ai plongé dans ce récit avec avidité et j’y ai découvert des merveilles de « monstres » marins: leur écoute, leur sensibilité, leur attachement, leur curiosité, leurs capacités, leur énormité, leur communication incroyable. Je suis tombée en amour de ces cétacés, totalement happée par la plume, certes scientifique mais surtout humaniste et emplie de poésie, de François Sarano, océanographe, plongeur sur la Calypso et compagnon de Jacques Perrin pour le film Océans. Le retour est une merveille qui transporte au-delà de notre monde terrien; Eliot, Dusty, Zoé, Arthur, Agatha, Tache Blanche, Irène Gueule Tordue,… deviennent comme des personnages hors normes qui émeuvent, surprennent, amusent, interrogent sur notre propre capacité à comprendre l’Autre. Bref, un gros coup au cœur pour ce ma-gni-fi-que récit-documentaire qui donne envie de sauter dans le grand bain et de rejoindre les descendants de feu Moby Dick.

Et un cachalot pouvant en cacher un autre, un autre coup de cœur pour l’histoire des frères Fleming, chasseurs de baleines sur l’île de Nantucket, au milieu du XIX e siècle. Alors ça, c’est du grand roman d’aventure qui ébouriffe le chignon! Avec un écriture claire, Michel Moutot m’a transportée dans le destin incroyable de Mercator, Nicholas et Michael. Partie sur un baleinier, j’ai crié « Thar’ she blowes », j’ai hurlé lors de l’harponnage, bref, une lecture qui ne donne pas dans le repos et fait vivre les évènements de manière intense. Séquoias va vous porter fort et loin, de l’Est à l’Ouest en passant par le Cap Horn, tout en naviguant au milieu de personnages si bien campés, que l’on s’en fait rapidement des amis… ou tout le contraire. Les frères Fleming nous montrent alors leur autre destin, celui marqué, à l’époque, par la Ruée vers l’Or, cette quête absolue de liberté. Il y a tout ce qu’il faut pour vous faire battre le cœur tambour battant durant ce roman au long cours : de l’aventure donc, de l’imprévu forcément, de la haine, de l’amour, des mirages, de la fraternité, du mystère, de la guerre, de l’histoire. Michel Moutot m’avait déjà interpellé avec son magistral Ciel d’acier (qui est paru en poche chez Points), il récidive et c’est que du bon 🙂

Le lendemain de l’écriture de ce post, Michel Moutot nous a gentiment envoyé un mail de remerciement, ce qui est, ma foi, fort adorable. Un jour, nous lui souhaitons de plonger en compagnie de François Sarano – si il y a besoin d’aide pour porter le matériel de plongée, je suis là, les rêves sont toujours réalisables n’est-ce pas?!  Et si vous avez eu un coup de cœur pour « Séquoias », faites le savoir en votant ici :https://voyageurslecteurs.fr/prix-relay/  . Promis nous n’y avons aucun intérêt, juste le plaisir de faire passer le message.

Le retour de Moby Dick de François Sarano dans la collection « Mondes sauvages pour une nouvelle alliance » chez Actes Sud – 208 pages de bonheur – 23 euros –

Séquoias de Michel Moutot au Seuil – 491 pages d’aventures – 21.50 euros –

Fanny.

P.s.: un grand merci à Natacha pour son investissement photographique auprès des doudous-cachalots.