Hérésies glorieuses

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Hérésies Glorieuses, Lisa McInerney, traduction Catherine Richard-Mas, Joëlle Losfeld, paru le 18/08/2017, 464 pages, 23.50€

Cork, aujourd’hui. Une galerie de personnages tous un peu cassés par la vie dans une Irlande plutôt austère. Vous l’avez compris, nous ne sommes pas dans la comédie de la rentrée mais dans un texte qui tient pas mal du roman noir avec ses anti-héros auxquels on s’attache volontiers : Ryan, 15 ans qui tente d’échapper à un destin de dealeur, Maureen qui après 40 ans d’exil retrouve son fils qu’elle avait du abandonner de force, Georgie, une prostituée qui tente une conversion religieuse et bien d’autres encore.

Lisa McInerney signe un premier roman très réussi que je vous invite à découvrir.

Emma (de retour à la librairie :))

Les fantômes du vieux pays

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Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill (ed. Gallimard)

Un roman américain comme je les aime!

Mêlant chronique sociale, fresque familiale et histoires intimes, Les fantômes du vieux pays est proche de la perfection. Il y a un peu de Jonathan Franzen chez Nathan Hill, un peu de Russell Banks aussi. Encore un auteur américain dont on attendra avec impatience les prochains livres.

Voici la quatrième de couverture rédigée par les éditions Gallimard:

« Scandale aux États-Unis : le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle, a été agressé en public. Son assaillante est une femme d’âge mûr : Faye Andresen-Anderson. Les médias s’emparent de son histoire et la surnomment Calamity Packer. Seul Samuel Anderson, professeur d’anglais à l’Université de Chicago, passe à côté du fait divers, tout occupé qu’il est à jouer en ligne au Monde d’Elfscape. Pourtant, Calamity Packer n’est autre que sa mère, qui l’a abandonné à l’âge de onze ans. Et voilà que l’éditeur de Samuel, qui lui avait versé une avance rondelette pour un roman qu’il n’a jamais écrit, menace de le poursuivre en justice. En désespoir de cause, le jeune homme lui propose un nouveau projet : un livre révélation sur sa mère qui la réduira en miettes. Samuel ne sait presque rien d’elle ; il se lance donc dans la reconstitution minutieuse de sa vie, qui dévoilera bien des surprises et réveillera son lot de fantômes.
Des émeutes de Chicago en 1968 au New York post-11-Septembre en passant par la Norvège des années quarante et le Midwest des années soixante, Nathan Hill s’empare de l’Amérique d’aujourd’hui et de ses démons et compose avec beaucoup d’humour une fresque aussi ambitieuse que captivante »

Pas mieux! 🙂

Gaël

Cinq vies, cinq rivières, à Salisbury

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Ce qu’on entend quand on écoute chanter les rivières de Barney Norris

Ed. du Seuil (parution le 17 août 2017)

Premier coup de cœur de la rentrée pour ma part. M’étant fait piquer mon exemplaire par … une femme (j’en suis sûr! :)), j’ai fait l’effort d’imprimer la première de couverture pour que vous puissiez vous jeter dessus dès sa parution.

Dans ce premier roman de Barney Norris, cinq histoires vont se succéder. Celles de Rita, fleuriste, du jeune Sam, de George le fermier, d’Alison, femme de soldat, et de Liam, agent de sécurité. Des vies sans grands éclats, des vies minuscules, ordinaires mais ô combien touchantes! Dans la petite ville anglaise de Salisbury, dans le Wiltshire, un évènement tragique sera le point de rencontre de ces cinq trajectoires.

L’amour, la solitude, l’espoir et l’incertitude sont ici les thèmes abordés avec une bouleversante simplicité, au plus près de l’intime. J’espère que l’auteur saura garder cette sensibilité et cette justesse dans son prochain roman que j’attendrai impatiemment.

Gaël

Jean-Luc Seigle, féministe

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Femme à la mobylette, Jean-Luc Seigle, Flammarion, 240 pages, 19.90€, parution le 23/08/2017

J’espère que Jean-Luc Seigle, s’il lit cet article, ne va pas s’offusquer de ce titre. Après avoir dressé le portrait de Pauline Dubuisson (Je vous écris dans le noir), à travers une fiction, lors de son précédent roman, avec beaucoup de sensibilité, Jean-Luc Seigle nous conte à nouveau l’histoire d’une femme, Reine, malmenée par les éléments. Dans la postface de ce nouveau titre, nous découvrons les préoccupations de l’auteur et de certains pairs quant au manque d’héroïnes dans la littérature. Femme à la mobylette en devient presque un manifeste. C’est du moins un peu comme cela que je l’ai perçu.

Reine, mère de trois enfants, abandonnée de tous, essaie de s’en sortir tant bien que mal. Son mari est parti, les difficultés financières s’amoncellent et ses enfants, seule bouée de sauvetage à présent, risquent de lui être retirés. Lorsqu’elle découvre une vieille mobylette bleue des années 60 sous les détritus de son jardin bien encombré, l’espoir renaît : une nouvelle vie est possible. Qui dit engin dit travail et tout ce qui va avec.

Reine pourrait être notre sœur, notre mère, notre fille. Elle est celle devant qui on détourne les yeux, que l’on plaint mais qu’on oublie, notre honte et notre crainte. Et elle continue de m’habiter bien après avoir refermé ce livre. Merci Jean-Luc Seigle de si bien dépeindre les femmes. Merci pour cette héroïne.

Emma

PS : oui, au cas où vous en douteriez encore, c’est un coup de cœur, à découvrir dans un petit mois.

Mercy, Mary, Patty

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Mercy, Mary, Patty, Lola Lafon, Actes Sud, 240 pages, parution Août 2017, 19.80€

La chouette nouvelle pour cette rentrée littéraire 2017, c’est le nouveau Lola Lafon. Autant vous le dire tout de suite, j’ai ouvert ce roman avec la fébrilité des enfants déballant leurs cadeaux de Noël au pied du sapin. Pourquoi? Parce que lorsque j’ai découvert cette auteure, à l’occasion de la sortie de La petite communiste qui ne souriait jamais, ça a été le coup de foudre.

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S’en est suivie la lecture de Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce (une merveille) et de De ça je me console (et puis, dans la foulée, L’hotel New Hampshire, fabuleux titre de John Irving que je n’avais pas encore lu, lisez Lola Lafon, vous comprendrez). Des romans différents les uns des autres mais une constante : l’émotion, la finesse de l’écriture et une certaine vision de la société qui me parle (et qui vous parlera surement aussi).

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Mais revenons-en à Mercy, Mary, Patty, cette fiction s’emparant de l’histoire vraie de Patricia Hearst, fille d’un magnat de la presse, enlevée en 1974 par le SLA, un groupuscule révolutionnaire dont elle ne tarde pas à embrasser la cause. Comment la gentille petite Patty se retrouve-t’elle à dénigrer le capitalisme? Syndrome de Stockholm? Lavage de cerveau? Prise de conscience? Les spéculations vont bon train. A Patty s’ajoutent Mercy et Mary, deux autres jeunes femmes qui, à plusieurs siècles d’écart ,tournent le dos au joli chemin que l’on avait tracé pour elles. Par le biais de différents narrateurs, Lola Lafon interroge, et a l’intelligence de ne pas apporter de réponses pré-construites. C’est ce qui fait toute la richesse de ce roman et des précédents. Bref, au cas où vous en douteriez encore, c’est un énorme coup de cœur.

L’autre bonne nouvelle, c’est que nous aurons le plaisir de recevoir Lola Lafon à la librairie courant janvier 2018. Une chose est sure, la saison de la danse de la joie est lancée!

 

Emma

 

 

Comme un ruban de soie rouge – Cecily Wong

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XX ème siècle.

Franck Long quitte la Chine avec sa famille. Quelques années plus tard – qui ont été heureuses -, il meurt dans d’étranges circonstances.

Après de nombreuses rumeurs, il faudra attendre 20 ans pour que cette histoire soit éclaircie avec l’arrivée d’une lettre, et c’est la petite fille de Franck qui va être l’actrice principale de cette histoire et dépositaire des secrets enfouis.

L’histoire commence par la vie du couple dont la femme est incapable de donner un enfant à son mari. Elle prend la décision de lui choisir une concubine, une adolescente qui va donner naissance à Bohai. Lin va l’adopter et l’aimer comme le sien, avant qu’un second fils n’arrive quelques années ensuite. La vie de cette famille est parsemée de joies, de douleurs, d’espérances… Quelques années après, c’est Amy qui rejoint cette famille en épousant Bohai. Ce n’est ni le mari ni la vie qu’elle s’était choisie, mais elle espère que cette décision lui apportera, malgré tout, du bonheur. Mais la mort de Franck remet tout en cause…

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Comme un ruban de soie rouge raconte des destins, liés les uns aux autres. Dans les croyances chinoises, le destin est un fil rouge, qui unit les les personnes destinées les unes aux autres. Il est impossible de briser ce fil, et tout agissement se répercute sur lui et se transmets aux descendants.

 

Comme un ruban de soie rouge – Cécily Wong – Editions les Escales – 384p. – 21€90

 

Gaëlle.

Des nouvelles!

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Le cœur sauvage, Robin MacArthur, traduit par France Camus-Pichon, Albin Michel (collection Terres d’Amérique), paru le 03/05/2017, 220 pages

Courir au clair de lune avec un chien volé, Callan Wink, traduit par Michel Lederer, Albin Michel (collection Terres d’Amérique), parution le 20 septembre (eh ouais, il faudra patienter!)

Des nouvelles, et quelles nouvelles! Je sais bien, les nouvelles sont un genre un peu boudé par ici et, je dois l’avouer, j’ai mis du temps à y prendre goût. Et pourtant, quel travail d’orfèvre pour pouvoir offrir au lecteur, en quelques pages, une atmosphère, une émotion qui vous imprègnent comme pourrait le faire un roman. Si je me permets de réunir ces deux recueils, c’est tout simplement parce que les passerelles entre les deux me semblent évidentes : une plume, des personnages incarnés, une ambiance, l’Amérique, les grands espaces.. Amateurs de Ron Rash, Jim Harrison, Pete Fromm etc. plongez dans ces nouvelles sans attendre (enfin non, pour Callan Wink, il faudra attendre héhé), ces deux jeunes auteurs sont une magnifique découverte.

Et ce qui est, en plus, super cool c’est que Callan Wink sera à la librairie le 30 septembre avec Francis Geffard pour notre soirée Terres d’Amérique. C’est pas chouette ça?!!

Ah oui et sinon, comme le post s’intitule « Des nouvelles », petit mot pour vous dire que le passage des tongs-chaussette à la chaussure orthopédique s’est bien déroulée.

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Je ne peux pas encore faire de danse de la joie mais ce n’est qu’une question de semaines. En attendant, j’avale la rentrée littéraire ;).

Emma