Nuits Appalaches

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Nuits Appalaches de Chris Offutt (éd. Gallmeister)

De retour de la guerre de Corée, un jeune homme solitaire et taciturne, rentre au pays, dans ses collines du Kentucky. Il rencontre une jeune femme dont il tombe amoureux, et voit son destin prendre enfin le chemin de la paix et de la rédemption. Mais la vie peut parfois se montrer cruelle, et ceux qui n’ont rien peuvent encore tout perdre…

Ce roman âpre n’est que le deuxième de Chris Offutt après Le bon frère, publié en 1997. Et si Chris Offutt  met autant de temps à écrire un roman, c’est qu’il y met ses tripes. On le sent à la lecture. L’écriture vous saisit, et vous entraîne, de gré ou de force, vers le dénouement final.

Inoubliable!

Gaël

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Âpre cœur

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Âpre cœur, Jenny Zhang, traduction Santiago Artozki, Picquier, paru le 03/01/2019, 379 pages, 22€

Dans le New-York d’aujourd’hui, nous découvrons les tranches de vie de différentes jeunes filles. Elles sont d’origine chinoise et sont, pour la plupart, issues de milieux très populaires. Lucie, Christina ou encore Frangie nous racontent leur quotidien d’immigrées, le racisme, le combat de leurs familles pour avoir leur part de rêve américain, mais aussi les moments de joie, la fratrie et l’amour inconditionnel.

Avec une langue parfois crue, bouleversante, souvent, Jenny Zhang parvient à nous immerger totalement dans cette culture qui n’est pas la nôtre. A la frontière du recueil de nouvelles (chaque chapitre met en scène une enfant différente), ce premier roman ne peut vous laisser indifférent, tant l’émotion est vive, dès le départ. Bref, j’ai découvert une autrice dont je guetterai les futures parutions avec impatience (et j’espère que vous aussi.).

Emma

Regarder

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Depuis un petit temps, je faisais défiler des textes sur Gerta Taro, et rien en accroche.  Puis là : Regarder de Serge Mestre. Un portrait complètement addictif d’une femme qui n’avait ni sa langue, ni ses yeux dans sa poche ; une aventurière de la vie, une grande amoureuse, bien avant Robert Capa, ce même homme qui lui appris le métier de photographe reporter.

Mestre, avec un style vif et « partageur », nous fait directement rentrer dans l’action. Le rythme est aussi dense que son personnage.

Nous sommes en 33, à Leipzig, Gerta Pohorylle est arrêtée et soumise à la question par une brute nationale-socialiste. Ses frères ont jetés des tracts du haut d’un grand magasin, appelant à la résistance. La fratrie ne fait pas dans la demie mesure. Et c’est à partir de ce moment là que l’auteur décide de révéler toute la personnalité de Gerta : flamboyante, féminine, féministe, résistante, amante, provocatrice, animée par ce désir profond de vivre intensément.

 Regarder est un roman qui surgit et vous explose entre les mains. J’ai parcouru ses pages comme un feuilleton, ça se bouscule, s’entrechoque, s’évoque avec ce ressenti d’être dans l’urgence, de côtoyer, de braver, d’être au front.

Voici un portrait flamboyant, éblouissant, une très belle réussite littéraire !

Fanny.

 

Peter Heller was here! and Céline too! and Kim too! and… :)

sdrArrivés depuis Le Mans où ils étaient aussi les invités de la librairie Doucet, Peter Heller, Céline Leroy et Kim Heller ont débarqués à Dinan.

Grands sourires et retrouvailles, petit temps au marché (« soooo » typique) puis direction la crêperie ( haaa mais on est en Bretagne où on l’est pas hein! ), chaleureusement accueillis chez Art’Bilig.

Le couple Peter-Kim est aussi beau à regarder que le couple Céline-Pete dans son roman; à se partager leurs galettes, je les trouve résolument mignons, « so cute« .

Petit tour de Dinan, avec ses ruelles, son Jerzual bien pentu, son jardin dédié à Auguste Pavie, sa vue sur la Rance et toujours ces grands sourires.

Pour une première fois en Bretagne, il y a comme une envie de voir la mer, suivons donc Peter Heller… direction…

Saint-Malo pardi ! Sous un soleil à rendre jaloux la Californie.

C’est beau, c’est chaud, c’est chouette.

Après un indispensable « café-noisette » pour Peter, nous voilà de retour pour la rencontre en librairie. Le fan club de Céline est là, c’est parti!

 

Moment de dédicaces (quand j’écris « fan », observez le nombre d’exemplaires sous le bras d’une de nos fidèles lectrices, Guilan…)

Ça rencontre, ça rit, ça échange, ça écrit, ça mange, ça traduit, ça partage, bref : ça fait vivre le livre et ça rend riche en découvertes 🙂

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Une dernière photo souvenir sous les masques et c’est reparti pour de nouvelles aventures.

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Un beau et grand moment : Un grand merci à toutes et tous 🙂 Huuuuge Thanks guys !

Les libraires masqués.

Le plongeur

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« Ça swingue en titi » pour cet incroyable Plongeur de Stéphane Larue aux éditions Quartanier ( et là j’en profite pour sauter de joie et souhaiter, aussi, la bienvenue sur le marché français, à cet excellent éditeur québécois ).

Amateur-trice de littérature québécoise dans son jus – et toute son inventivité -, de cuisine, d’illustration, de Metaaaaalllll (lml) : ce livre est fait pour vous ! Un roman dont je suis ressortie sur les dents et enthousiaste.

Voici un récit tentaculaire qui, comme le poulpe dessiné en couverture, se déploie, se résorbe, vous pose ici, vous retient là, vous ramène là-bas. Le rythme est pris et ne vous lâche plus.

2002, Montréal : Stéphane est dans « une sacre » de mauvaise passe : accro aux jeux d’argent, son esprit part en vrille, addict. Un ami, Malik, lui ordonnera de se reprendre en main en acceptant ce poste de plongeur dans un restaurant « La Trattoria ». Mais c’est loin d’être la dolce vita dans cette brigade de grandes gueules, et un joueur reste un joueur… .

Sur un rythme aussi endiablé qu’un air de Maiden, voici un récit qui électrise et vous rend, à sa manière, dépendant. Le style est vif, hyperréaliste, dramaturgique, survolté. Vous y verrez des enseignes clignotantes, des néons agressifs, des gyrophares allumés : voici l’univers de la nuit dans un Montréal fait de grandes bouffes, de parties, de gangs, d’alcool, de musiques puissantes et d’addictions multiples.

Le plongeur est un roman noir ultra citadin qui ne mâche pas ses mots ni ne cache son genre, qui fut Prix des libraires du Québec 2017.

Stéphane Larue est là pour vous provoquer des sensations et cela fonctionne magnifiquement. Laissez-vous aller à la pulsation de sa vie, faites corps avec une brigade qui enchaîne les shifts et les doubles, entrez dans la danse du poulpe, retenez votre respiration et… plongez !

Fanny.

 

 

Eric Vuillard était là et c’était -toujours- aussi bien :)

Eric Vuillard était donc là ce vendredi 15 pour, encore, un très chouette moment de rencontre! 80 personnes environ, avaient fait le déplacement pour rencontrer cet écrivain érudit et passionnant.

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Cela s’est passé à la bibliothèque de Dinan cette fois-ci (merci pour leur accueil chaleureux), Gaël présentait le nouvel opus de l’auteur rennais « La guerre des pauvres« . Eric Vuillard, écrivain investi et humaniste, a enchanté son auditoire.

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Attentif aussi à ses lecteurs-trices lors de la séance de dédicaces…

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… et inversement 🙂

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La soirée s’est finie à Argile et Vin, chez Jean et Liney, où, autour de spécialités vénézuéliennes, et en compagnie de quelques habitué(e)s de la librairie, nous avons porté la discussion de « La guerre des pauvres » hors les murs.

Bref, vivement le prochain roman de l’auteur et un grand merci aux lecteurs et lectrices venu(e)s le rencontrer. Vive le partage et que vivent les livres 🙂

Le prochain rendez-vous se passera à la librairie, ce jeudi 21 Février, en compagnie de Peter Heller et Céline Leroy, à 19h.

Les libraires masqués.

Le pays des oubliés

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Michael Farris Smith fait encore résonner le tonnerre dans ce roman âpre à l’ambiance électrique, du grand art.

Je revois l’auteur, le regard porté sur le lointain, assis face à sa table de petit-déjeuner dans le cadre du festival de l’Amérique à Oron. Il portait cette distance poétique, et cette amabilité certaine, d’un écrivain sensible qui garde en lui certaines cicatrices.

Dans le delta du Mississippi, bande de terre fertile mais oubliée, bordant ce fleuve gigantesque, apparaît son personnage : Jack Boucher.
Dès les premières pages me voilà dans une histoire sombre et hypnotique. « Notre » Jack, au volant d’une camionnette usée jusqu’à la rouille comme notre héros, est en route vers le repère de « Big Momma Sweet », la matrone vengeresse des âmes damnées. Sur ce trajet, une mauvaise rencontre et un accident enfanteront d’un enfer et d’un hasard éblouissant.

C’est là, qu’au fur et à mesure de la lecture, mes mains se crispaient de plus en plus sur les pages tandis que mon pouls s’accélérait : merci Fabrice Pointeau pour cette traduction si juste.

J’étais là-bas, sur les terres de cet écrivain qui vous embarque comme dans un film, avec Jack et toute son histoire. Mais comment fait-il ? Quelle est cette magie pour vous prendre aux tripes d’une telle manière ?

Le pays des oubliés raconte la trajectoire d’un homme en résistance parce qu’il n’a jamais eu d’autre choix. C’est une histoire d’abandon, d’enfant perdu, de combattant et d’espérance fragile ; un roman noir certes, mais d’une beauté à couper le souffle.

Fanny.