Le retour de la pêche à la mouche..

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Meurtres sur la Madison, Keith McCafferty, traduction Janique Jouin-de Laurens, Gallmeister, paru le 07/06/2018, 23.50€, 379 pages.

On l’attendait notre fameux roman de Nature-Writing-pêche-à-la-mouche-petit-bled-paumé-du-Montana, depuis quelques années, même, je dirais! Bref, c’est avec une certaine impatience que j’ai ouvert Meurtres sur la Madison. Et je peux d’ores et déjà vous dire que je n’ai pas été déçue. Quelques pages ont suffit à me plonger dans ce décors, toujours magique pour moi, de la rivière, des truites et des grands espaces.

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Le quotidien de Sean Stranahan, peintre et détective (et pêcheur!) à ses heures perdues, bascule lorsque sa route croise celle de Velvet Lafayette, jeune femme aussi mystérieuse que magnétique. Cette dernière a besoin d’aide pour trouver le lieu de prédilection de son père pour la pêche à la mouche, alors qu’au même moment, un corps refait surface dans la Madison..

Si l’enquête est bien menée, je dois dire c’est peut-être plus l’atmosphère du roman qui m’a emportée (comme souvent dans le roman noir.). Retrouver le Montana, les Rocheuses, la rivière et ses pêcheurs à la mouche invétérés…je me suis plongée avec délice dans ce roman et j’en suis ressortie ravie. Après, si vous n’êtes absolument insensible à ces thématiques, passez votre chemin : Keith McCafferty étant rédacteur en chef de Field and Stream ( revue consacrée à la pêche, la chasse et la vie au grand air), il est plutôt généreux avec les descriptions de mouches et autres…d’ailleurs, la Royal Wulff n’aura plus de secrets pour vous!

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A découvrir

Emma

 

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Etonnants voyageurs 2018…

Merci à Estelle pour ses talents de monteuse hors pair ;)!

La jeunesse au Grenier

Vous l’attendiez, la voici: la nouvelle vidéo du Grenier aux Etonnants voyageurs est en ligne…

Découvrez les moments forts du salon et ses coulisses !

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Roulio fauche le poil

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Julia épile les mots disgracieux pour ne garder que le côté gracieux de la vie. Elle est comme l’amie en verve d’un Bobby -Lapointe- et la compagne fantasque d’un Boris -Vian-. Elle nous présente ainsi son héroïne: Roulio-Roinita-Mademoiselle de Printemps, jeune femme aux converses dorées, à l’esprit acéré et aux chats névrotiques. Roulio travaille à Paris VIIIe, au « Fauche le Poil Institute« . Elle a une mémé Jeannette borderline qui aime le saucisson à l’ail, un copain clochard céleste qui répond au prénom de Marcel et un voisin, Charly Bagels, qui l’observe du coin de l’œil, bien attendri par la damoiselle mais quelque peu mis à distance par une Roulio survoltée et nerveuse à l’idée de montrer sa face sensible. Voilà un roman qui m’a fait risette, qui remue les zygomatiques, extravagant comme le chapeau de Tata Yoyo et attachant comme un caramel au beurre salé. Roulio fauche le poil et pas que, elle nous donne un p’tit bout de sa vie -youpi-youpi-, nous remplit d’une humanité avec des paillettes à l’intérieur et nous fait vibrer d’amûûûûrrr. Bref, on saute dessus comme une boîte de Pépito… mi corazón pépitipépito…

Roulio fauche le poil de Julia aux éditions du Tripode – 224 p. – 15 euros –

Fanny.

Encore une chouette rencontre ;)!

Spoiler alert : Gaël ne porte pas de masque!!

 

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Merci à Thomas Giraud pour cette rencontre passionnante autour de Jackson C. Frank et de son roman. C’est pour ce genre de moments que nous sommes libraires : l’échange, la générosité, le partage…et cette fois-ci, nous avons eu le plaisir d’avoir un peu de musique (eh ouais, en direct live!!). Pour ceux qui n’ont pas pu venir, voici les vidéos :

 

Je crois que ces morceaux ont fait l’unanimité. Gaël tu recommences quand tu veux ;)!

 

Emma

Et les gagnants du Prix des Lecteurs sont…

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Alain Emery et Louise Erdrich!!!

 

Nous avons le plaisir de partager avec vous le résultat du Prix des Lecteurs du Grenier 2018, pour lequel nous avons eu une centaine de votants (merci aux participants!).

Pour la littérature francaise, c’est Alain Emery qui arrive en tête avec son roman Passage des mélancolies.

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En littérature étrangère, la vainqueure (oui, oui, c’est bien comme ça que l’on dit) est Louise Erdrich, pour LaRose.

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Bravo aux gagnants auxquels nous réserverons une place privilégiée tout l’été.

 

Les libraires masqué-e-s

Le labyrinthe des esprits

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Le labyrinthe des esprits, Carlos Ruiz Zafón, traduction Marie Vila Casas, Actes Sud, parue le 02/05/2018, 840 pages, 27€

Tout le monde (ou presque) a entendu parler de Carlos Ruiz Zafón et de son titre devenu culte : L’Ombre du vent (paru il y a une petite quinzaine d’années). Ayant raté le coche à l’époque, j’ai donc découvert l’auteur avec son nouveau roman. Et quelle découverte! Un livre prenant, romanesque, bien écrit, une intrigue qui se déploie au fil des pages, des personnages attachants, une Barcelone en clair-obscur..bref, j’ai été plus que conquise!! Par ailleurs, en tant que néophyte de Zafón, je n’ai eu aucun problème à entrer dans son univers. S’il est bien fait mention de certains personnages de L’Ombre du vent, nous ne sommes à aucun moment perdus, juste titillés par l’envie d’aller lire son premier opus.

Gaël (dont je suis la secrétaire pour cet article. Tranquille, quoi ;)!) qui avait, quant à lui, beaucoup aimé L’Ombre du vent lors de sa parution, m’a confié avoir également eu un coup de cœur pour Le labyrinthe des esprits :

« J’ai retrouvé, l’écriture, l’atmosphère que j’avais beaucoup aimé à l’époque. L’histoire ne se déroule pas tout à fait à la même époque, mais Barcelone a conservé son aura si particulière et les personnages sont tout aussi attachants. »

                                                                                                 Gaël, libraire au Grenier

En bref, lecteurs avertis ou non de Zafón, si vous avez envie d’un bon pavé (presque 1kg, tout de même) et de vous laisser embarquer dans un texte romanesque, foncez!!

 

Gaël et Emma

 

Des histoires de cachalots…

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Voilà, des histoires se rejoignent et forment entre elles une belle suite d’aventures. Tout d’abord le documentaire puissant, passionnant de François Sarano, Le retour de Moby Dick – Ou ce que les cachalots nous enseignent sur les océans et les hommes. J’ai plongé dans ce récit avec avidité et j’y ai découvert des merveilles de « monstres » marins: leur écoute, leur sensibilité, leur attachement, leur curiosité, leurs capacités, leur énormité, leur communication incroyable. Je suis tombée en amour de ces cétacés, totalement happée par la plume, certes scientifique mais surtout humaniste et emplie de poésie, de François Sarano, océanographe, plongeur sur la Calypso et compagnon de Jacques Perrin pour le film Océans. Le retour est une merveille qui transporte au-delà de notre monde terrien; Eliot, Dusty, Zoé, Arthur, Agatha, Tache Blanche, Irène Gueule Tordue,… deviennent comme des personnages hors normes qui émeuvent, surprennent, amusent, interrogent sur notre propre capacité à comprendre l’Autre. Bref, un gros coup au cœur pour ce ma-gni-fi-que récit-documentaire qui donne envie de sauter dans le grand bain et de rejoindre les descendants de feu Moby Dick.

Et un cachalot pouvant en cacher un autre, un autre coup de cœur pour l’histoire des frères Fleming, chasseurs de baleines sur l’île de Nantucket, au milieu du XIX e siècle. Alors ça, c’est du grand roman d’aventure qui ébouriffe le chignon! Avec un écriture claire, Michel Moutot m’a transportée dans le destin incroyable de Mercator, Nicholas et Michael. Partie sur un baleinier, j’ai crié « Thar’ she blowes », j’ai hurlé lors de l’harponnage, bref, une lecture qui ne donne pas dans le repos et fait vivre les évènements de manière intense. Séquoias va vous porter fort et loin, de l’Est à l’Ouest en passant par le Cap Horn, tout en naviguant au milieu de personnages si bien campés, que l’on s’en fait rapidement des amis… ou tout le contraire. Les frères Fleming nous montrent alors leur autre destin, celui marqué, à l’époque, par la Ruée vers l’Or, cette quête absolue de liberté. Il y a tout ce qu’il faut pour vous faire battre le cœur tambour battant durant ce roman au long cours : de l’aventure donc, de l’imprévu forcément, de la haine, de l’amour, des mirages, de la fraternité, du mystère, de la guerre, de l’histoire. Michel Moutot m’avait déjà interpellé avec son magistral Ciel d’acier (qui est paru en poche chez Points), il récidive et c’est que du bon 🙂

Le lendemain de l’écriture de ce post, Michel Moutot nous a gentiment envoyé un mail de remerciement, ce qui est, ma foi, fort adorable. Un jour, nous lui souhaitons de plonger en compagnie de François Sarano – si il y a besoin d’aide pour porter le matériel de plongée, je suis là, les rêves sont toujours réalisables n’est-ce pas?!  Et si vous avez eu un coup de cœur pour « Séquoias », faites le savoir en votant ici :https://voyageurslecteurs.fr/prix-relay/  . Promis nous n’y avons aucun intérêt, juste le plaisir de faire passer le message.

Le retour de Moby Dick de François Sarano dans la collection « Mondes sauvages pour une nouvelle alliance » chez Actes Sud – 208 pages de bonheur – 23 euros –

Séquoias de Michel Moutot au Seuil – 491 pages d’aventures – 21.50 euros –

Fanny.

P.s.: un grand merci à Natacha pour son investissement photographique auprès des doudous-cachalots.