Rencontre Terres d’Amérique : dernières places

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A huit jours de la rencontre Terres d’Amérique (vendredi 29 septembre, 19h00), il ne nous reste que quelques places! Et c’est formidable de voir un tel engouement pour cette soirée qui promet d’être passionnante. Si vous souhaitez être bien placés, n’hésitez pas à arriver un peu en avance. Pour ceux qui ne seraient pas encore inscrits (il nous reste huit places) vous pouvez le faire par mail (contact@librairielegrenier.com), téléphone (02.96.39.59.83) ou en passant à la librairie, tout simplement.

A bientôt

Les libraires masqués

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Une fille dans la jungle

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Une fille dans la jungle, Delphine Coulin, Grasset, paru le 23/08/2017, 240 pages, 18€

La fille c’est Hawa, jeune sans-papiers qui décide, lors du démantèlement du camp de réfugiés de Calais, de ne pas monter dans un des autocars proposés pour une destination aléatoire. Rêvant d’Angleterre et se méfiant de cette solution proposée, elle choisit de rester avec six autres jeunes, qui sont, comme elle, dans le dénuement total, avec la peur au creux du ventre et l’espoir d’un jour meilleur. Parce que malgré les violences, le froid, la faim que tous ont endurés, cela semble impossible qu’il n’y ait pas quelque part, forcément, une trêve.

« Cela ressemblait moins que jamais à une jungle, ou alors une jungle froide, de bois et de boue, avec des animaux crottés, et des monstres de métal au loin, sous le crachin. Pas le genre qui fait rêver, avec les perroquets et les feuilles vertes et grasses, où on transpire dans une odeur d’humus. Une jungle du pauvre. Ici, il n’y a pas un arbre, pas une feuille, pas de chaleur. Et aujourd’hui, c’était silencieux. Cette jungle qui avait été un chaos où des milliers de personnes vivaient, mangeaient, parlaient, se battaient, était devenue un désert, où ils étaient seuls, tous les six.

Six garçons et filles, tous très jeunes, dans une ambiance de fin du monde. »

Lire Une fille dans la jungle c’est une claque, un coup qui remet un peu les choses en place. Tout à coup, les petits accros du quotidien semblent bien dérisoires. Et c’est le genre de roman, où on se dit : celui-là, il faudrait vraiment le mettre entre toutes les mains.

Emma

P.S : Et un grand merci à ma collègue Natacha. Sa lecture enthousiaste m’a fait découvrir Delphine Coulin.

JERUSALEM d’Alan Moore

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Il est déconcertant de prendre un tel plaisir à la lecture d’un livre tout en sachant qu’une bonne partie échappe à votre esprit cartésien et formaté. J’ai mis trois semaines à lire Jerusalem (livre-monstre de 1266 pages!) et j’en suis sorti bousculé, déstabilisé comme après une expérience insolite.

Les Boroughs, quartier populaire de Northampton, au centre de l’Angleterre. Les gens qui y vivent, qui y ont vécu, y sont passés, aujourd’hui, il y a dix ans, il y a cent ans, il y a mille ans. Une multitude d’histoires, de destins qui ne cessent de se lier, des connections infinies qui font apparaître l’Histoire de Northampton, l’Histoire de notre monde (nos mondes?).

J’imagine assez bien Alan Moore s’amuser à perdre le lecteur dans les méandres d’une ville dont il semble connaître tous les lieux, tous les recoins, tous les angles… Et c’est avec une certaine jubilation qu’on se laisse entraîner dans les ruelles sombres et les pubs miteux, dans de vieilles églises ou dans l’En-Haut.

Voici ce qui est écrit page 835:

« Vous commencez à comprendre la véritable échelle de l’œuvre, sa profondeur et son ambition, les qualités qui vous ont échappé jusqu’ici. L’inquiétude vous gagne, le sentiment que le récit n’appartient pas au genre auquel vous aviez pensé au début, celui de l’aventure picaresque ou de la comédie sexuelle. Plus inquiétant, le récit outrepasse les limites rassurantes du genre pour s’aventurer dans le territoire perturbant de l’avant-garde. Pour la première fois, vous vous demandez si vous n’avez pas eu les yeux plus gros que le ventre, et vous êtes embarqué par inadvertance dans quelque magnum opus colossal alors que vous vouliez juste vous contenter d’une lecture de plage achetée à l’aéroport. Vous commencez à douter de vos qualités de lecteur, de votre capacité à suivre cette fable mortelle jusqu’à sa conclusion sans que votre attention se disperse. Et même si vous la finissez, vous doutez d’être assez malin pour comprendre le message de cette saga, si tant est qu’il y ait un message. Vous soupçonnez que ça vous passe au-dessus[…] »

🙂

Pour terminer, j’aimerais mettre un genou à terre pour saluer la qualité mémorable et le travail exceptionnel réalisé par le traducteur Claro (merci à lui de m’avoir fait découvrir les métaplasmes).

Gaël

P.S. Pour ceux qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure que représente cette lecture, un internaute nommé Molosovsky (que je remercie au passage) a réalisé l’arbre généalogique de la famille Vernall. N’hésitez pas à me le demander.

Jerusalem de Alan Moore (Ed. Inculte)

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De la bouffe, des potins et des chatons

Eh oui, voici un formidable article qui va compiler des centres d’intérêts divers et variés, moins sérieux que la littérature parce que bon, les coups de cœur c’est bien, mais les posts les plus lus sont ceux qui ne parlent pas de livres (paradoxe?).

Enfin bref, c’est lundi, la reprise est forcément un peu dur pour tout le monde alors voici tout d’abord de quoi se réconforter avec la nourriture. Ok, c’est régressif, mais bon, il fait froid, on a plein de raison d’être en colère (Le réchauffement climatique, les relations américano-coréene à coup de c’est-qui-qu’a-la-plus-grosse, une super loi travail…) et puis c’est chouette d’être un peu faible, parfois.

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Eh oui, le nouveau Marabout food est sorti, avec, évidemment, plein de recettes qui donnent envie et qui sont relativement faciles à faire. De quoi donner un petit coup de fouet à votre indice glycémique. Ensuite, une fois le point de non retour atteint, quoi de mieux que les potins pour faire passer cet après-midi tout gris plus vite?

C’est là que Jean-Marie Pontaut entre en scène avec ce titre : Sous les jupes de la Vème.

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Un bon moyen pour savoir tout ce qui se trame dans ce monde bien secret des politiques avec, au cœur des affaires, le rôle de certaines prostituées (humhum, ça a l’air tellement mystérieux!).

Les férus d’histoires ne seront pas en reste puisque Histoires extraordinaires, d’Alain Decaux vient de paraitre.

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On nous indique même, sur la quatrième de couverture, qu’Alain Decaux est au mieux de sa forme (Merci Le Point pour ce commentaire!). Ce qui est déjà une bonne nouvelle.

Votre overdose de coulants au chocolat combiné à la lecture un peu honteuse des potins vous reste sur l’estomac? Pas d’inquiétude, l’instant chatons est là pour ça!

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Des calendriers, des agendas, des carnets avec des chatons pour vous réconforter tout au long de l’année. C’est pas chouette ça?

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En vous souhaitant un joli lundi. Et bonnes lectures, évidemment ;)!

 

Emma

 

 

Vera

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Vera, Karl Geary, traduit par Céline Leroy, Rivages, 21.50€, paru le 30/08/2017

Sur le bandeau on peut lire « Une histoire d’amour inoubliable » (The Guardian). J’ai envie de dire oui, incontestablement, au cœur de Vera se trouve une histoire d’amour, poignante, magnifique et sans pathos ( vous me direz, c’est déjà pas mal, parce que ça ne court pas les rues..). Mais Vera, c’est bien plus que cela. Vera, c’est d’abord Sonny, jeune irlandais de 16 ans qui pousse tant bien que mal dans une famille chancelante. Un père qui joue sa paie aux jeux, une mère impuissante, quelques délits mineurs et l’idée que rien ne le fera échapper au destin qui l’attend : une vie bringuebalante à l’horizon incertain. Nous sommes à Dublin, dans les quartiers populaires, avec l’impression de se trouver face à des personnages de Ken Loach. C’est alors que Vera, une anglaise venant de s’installer dans les quartiers chics de la ville, entre dans la vie de Sonny, trainant dans son sillon une image des possibles.

Enorme coup de cœur pour ce premier roman. Au delà de l’histoire qui m’a profondément touchée, il y a aussi l’écriture singulière de Karl Geary, avec le « tu » pour la narration. Peut-être un peu déstabilisant sur les premières pages mais cela donne à ce texte une force incroyable. Merci à Céline Leroy pour sa traduction impeccable (comme toujours <3).

Emma

 

Une histoire des loups

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Une histoire des loups, Emily Fridlund, Gallmeister, 296 pages, paru le 17/08/2017, 22.40€

Madeline, adolescente solitaire, observe avec curiosité ses nouveaux voisins, un couple et un jeune garçon, venus s’installer sur la rive opposée du lac. Assez rapidement, alors que le père est loin du foyer pour des raisons professionnelles, un lien se crée entre la jeune fille et la mère. Tandis que la gaieté s’invite dans le quotidien plutôt rude de Madeline, on sait que quelque chose de sombre se profile puisque l’adolescente, devenue adulte, nous parle d’un procès.

Autant vous le dire tout de suite, ce roman n’est pas léger (ceci étant dit, pour la légèreté, merci de repasser en début d’année, voire au printemps, la rentrée littéraire de septembre est calibrée pour les prix, pas pour vous faire sourire.), mais alors, qu’elle émotion! Des personnages puissants, vivants, une tension palpable tout le long, un cadre somptueux. Madeline jeune fille bizarre et troublante continue de me questionner. Pour ce qui est du titre, vous comprendrez en lisant le roman.

 

Emma

Louise, notre nouvelle apprentie

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Au Grenier, chaque rentrée apporte sa nouvelle apprentie. Voici donc Louise, qui débute son apprentissage par le secteur adulte de la librairie (et le poursuivra en jeunesse l’année prochaine). Vous l’avez certainement aperçue si vous êtes passé cet été, puisqu’exceptionnellement, elle a intégré le magasin début juillet pour pallier aux arrêts (maternité et pied) des unes et des autres.

Et elle a vite été dans le bain, jonglant avec la caisse, les commandes, le réassort et cie, en attendant de retrouver un rythme normal avec une équipe au complet. Un challenge, quand même, et nous la félicitons pour ce démarrage qui n’a surement pas été évident.

Louise est donc là pour vous accueillir et vous orienter, elle sera avec nous pour deux ans, et nous lui souhaitons la bienvenue.

 

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