Les tribulations d’Arthur Mineur

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Les tribulations d’Arthur Mineur, Andrew Sean Greer, traduction Gilbert Cohen-Solal, Jacqueline Chambon, paru le 02/01/2019, 252 pages, 22 €

J’ai découvert Andrew Sean Greer il y a dix ans, avec L’histoire d’un mariage. Je me rappelle avoir beaucoup aimé ce titre à l’époque. L’atmosphère, les personnages m’avaient tout de suite emportée sans que je sache trop pourquoi. C’est un peu ce que j’ai retrouvé dans cette lecture.

A l’instar du personnage de Stoner, de John Williams (https://www.librairielegrenier.com/livre/3538146-stoner-john-edward-williams-j-ai-lu ) , Arthur Mineur est un homme plutôt passif, subissant les différentes étapes de sa vie sans trop réagir, jusqu’au jour où son ancien amant se marie et lui fait parvenir l’invitation à la cérémonie. Cet événement va alors créer une sorte de déclic chez Arthur qui choisit, plutôt que de se morfondre seul chez lui, d’accepter tout un lot d’invitations à participer à différentes manifestations littéraires (il est romancier) à travers le monde. Paris, Berlin, le Sahara…nous le suivons avec délice dans ses voyages exotiques qui lui permettent également un peu d’introspection : mène-t-il la vie qu’il souhaitait? Est-il un bon auteur? A l’approche de la cinquantaine, quelles sont, désormais, ses attentes?

Arthur Mineur est un homme avec toutes ses complexités et c’est cette finesse que j’ai particulièrement appréciée. Andrew Sean Greer évite les clichés et fait preuve d’une belle maîtrise aussi bien sur le fond que sur la forme. C’est un roman bien écrit, distrayant, touchant et très drôle également. Bref, une découverte lumineuse pour ce mois de Février.

L’auteur était l’invité de la grande table au début du mois :

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/andrew-sean-greer-prix-pulitzer-2018

Si vous êtes tenté.e.s, vous pouvez vous procurer le roman sur le site de la librairie 🙂 :

https://www.librairielegrenier.com/livre/14800424-les-tribulations-d-arthur-mineur-andrew-sean-greer-editions-jacqueline-chambon

Emma

 

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Céline… et Peter Heller bientôt à la librairie!

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C’est d’abord l’histoire de deux petites filles qui faillirent perdre un jour la vie dans les flots. L’une après avoir suivi sa mère dans la recherche de petits éclats de jade, l’autre après avoir embarqué sur un canot pour y laisser éclater sa tristesse. Les falaises et la haute mer, la mère magnifique et le père évanescent. Deux petites filles de deux générations différentes qui vont se retrouver pour éprouver la vérité, la leur.

Grabriela et Céline. Grabriela est la fille d’une déesse aux yeux verts qui, un jour, disparut dans les vagues scélérates de Big Sur. Céline est ce bout de femme qu’on dirait sculpté dans du bois de cèdre : elle possède cette force et ce parfum sublime. Ces deux héroïnes étaient donc faites pour se rencontrer. C’est Grabriela qui viendra vers Céline pour lui demander d’enquêter sur la disparition, dans le parc de Yellowstone, de son père, reporter-photographe pour le National Geographic.

C’était il y a quelques années, de l’eau est passée sous le pont -de Brooklyn- mais le mystère demeure…

Nous avons adoré Céline : ses pattes d’oies, ses bagues à chaque doigt, ses écharpes en soie et … son Glock.38, car Céline est détective privé, et son Docteur Watson à elle, c’est son Pete, amer remarquable dans sa tempête intérieure.

Là est tout le talent de Peter Heller : vous faire rentrer dans un roman noir, une intrigue puissante, et, par la même, vous raconter une histoire à la fois intime et universelle : la recherche du père.

Du suspense, de l’émotion vive, de l’attachement, de la mort aux trousses, de la création artistique et un soupçon d’élan héroïque à la Calamity Jane; vous mélangez tout cela et j’espère, qu’en y goûtant, vous allez vous aussi vous exclamer le « Wow » d’usage de notre héroïne.

Magistralement traduit par Céline Leroy (ça ne s’invente pas), Heller nous offre donc un roman qui se déguste comme un -très- bon whisky. Cela a le goût mêlé du sous-bois, du bain d’arrêt, de l’air iodé et du papier glacé jauni par les années : tout un monde où Heller y distille ses secrets, ses connivences en lien si fort avec ses héroïnes. Bref, l’auteur est un homme qui aime ses personnages qui le lui rendent bien.

Le 21 Février prochain, partez vers les vastes territoires sauvages du Wyoming et du Montana, laissez vous embarquer dans cette enquête qui déborde du cadre et allez pratiquer la danse de l’ours en compagnie de l’auteur américain à l’éclat de rire le plus éclatant de l’Ouest.

Peter HELLER, Céline Leroy seront à la librairie  ! youpi youpi!!! Viens! Viens!

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Fanny (Natacha se cache sous mon masque, elle a eu comme un envie subite de se rapprocher de l’auteur), Gaël enthousiaste et Emma qui a aussi adoré, bref, un beau coup de cœur d’équipe masquée.

Le sport des rois

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Le sport des rois, C. E. Morgan, traduction Mathilde Bach, paru le 10/01/2019, 656 pages, 24 €

Alors, tout d’abord, pardon pour la photo pourrie. Je n’avais pas prévu d’en faire une (toute seule, en plus!) mais il n’y avait pas grand chose d’exploitable sur internet. Enfin bref, promis, je ferai mieux la prochaine fois.

J’imagine donc, si je n’ai pas trouvé beaucoup de références, qu’il y a malheureusement eu peu d’articles de presse pour ce roman brillant. Et non, le terme n’est pas fort. Si la thématique peut paraître éculée (3 générations dans un kentucky bouseux au sein d’une famille misogyne et raciste), le traitement est, quant à lui, une vraie réussite.

Pas de manichéisme, un souffle, une vraie plume, des personnages auxquels s’attacher…j’ai été emportée par ce roman fleuve et ai découvert par la même occasion une autrice fantastique. Car oui, derrière ces initiales « C.E. » se cache en fait un femme, qui dépeint un univers terrible de bêtise humaine, de transmission et de violence. Si le monde hippique est également au cœur du roman, n’ayez aucune crainte, nul besoin d’avoir de quelconques connaissances en la matière.

Moyens ou grands lecteurs (peut-être un peu dense pour les plus petits lecteurs), je ne peux que vous encourager à vous jeter sur Le sport des rois et à vous offrir une plongée dans une épopée exceptionnelle.

Emma

 

L’étoile du nord de D.B. John

L’étoile du Nord de D.B. John (éd. Les Arènes) – 22.00 €

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Voici ce qu’écrivait le journaliste Yann Rousseau dans Les Echos le 27 octobre 2017: « L’histoire est à peine croyable. Pendant plusieurs années, le régime nord-coréen a fait enlever des centaines de ressortissants de pays voisins, afin de former ses espions aux langues et aux cultures étrangères ou pour voler des identités. Aujourd’hui encore, les familles les recherchent. »

C’est dans ce contexte que se situe ce passionnant roman de l’auteur britannique D.B. John. Un thriller d’espionnage (même si le terme est un peu réducteur) dans lequel se croisent trois destins, entre les États-Unis et la Corée du Nord.

Une immersion très réaliste au cœur d’un pays dont on sait peu de choses. Le tension est palpable tout au long du roman, et montera crescendo jusqu’à l’oppression… et l’effroi.

Fascinant!

Gaël

L’appel

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« Tiens, je lirais bien un roman qui parle de saut en hauteur!« , Bon, ok, vous vous levez rarement avec ce genre d’envies (ou alors vos envies sont pour le moins étranges…mais bon, nous ne jugeons pas.). Pourtant, lorsque nous avons eu ce roman entre les mains, dont le héros n’est autre que Richard Fosbury (créateur du saut qui porte son nom), on s’est dit : »Pourquoi pas? ». Emma s’est alors rappelée l’émotion suscitée par différents romans où le sport était très présent et le héros particulièrement attachant (La petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon, Comment tout a commencé de Pete Fromm, Parmi les loups et les bandits d’Atticus Lish)  tandis que j’essayais de faire la roue avant de m’écraser brutalement sur le parquet.

Ce Richard Fosbury, adolescent au début du roman, tout en bras et en jambes, fluet, c’était nous. Oui c’était nous. Nous étions en short, au collège, en cours d’EPS (si ça se dit encore! non mais) et, pour une fois, nous nous retrouvions douées. Bon d’accord, en réalité, l’une était allongée sur son canapé, le chat collé contre elle prêt du poêle, traînant ses +16 kg de grossesse, tandis que l’autre était avachie sur sa couette, traînant ses 13kg de petit bonhomme contre elle (varicelle oblige).

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Fanny Wallendorf réussit, comme peu d’auteur.e.s savent le faire, à vous extirper de votre quotidien pour suivre avec délice celui d’un autre. Richard est un garçon que l’on prend en affection immédiatement. Ses mimiques, ses pensées, sa perception du monde, en font un personnage délicieux. Il se fit à son instinct, ne travaille que pour améliorer son art, croit en sa philosophie, c’est avec « elle » qu’il se maintient dans l’action, quand corps et mental épousent le monde environnant afin d’effacer la hauteur des barres, réelles ou symboliques. L’appel est un roman magnifiquement lumineux, une ode à la vie, à la fantaisie, à la persévérance.

L’appel, Fanny Wollendorf, Finitude, paru le 02/01/2019, 345 pages, 22€

Emma & Fanny.

 

Un drôle d’écho…

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Comme nous vous l’annoncions il y a quelques jours, nous aurons l’immense plaisir d’accueillir Eric Vuillard à Dinan.

La rencontre, qui se déroulera à la bibliothèque le vendredi 15 février à 18h, nous permettra d’aborder son parcours d’écrivain, son rapport à l’Histoire, et bien sûr son dernier livre : La guerre des pauvres, qui vient de paraître aux éditions Actes Sud.

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Une nouvelle fois, Eric Vuillard regarde l’Histoire dans les angles morts. Un récit édifiant sur la figure de Thomas Muntzer, prêtre allemand révolutionnaire du XVIe siècle, qui fut parmi les initiateurs de la révolte des paysans dans les régions d’Allemagne du Sud en 1524. Les inégalités soulevaient déjà les peuples…

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Gaël.

Le Grenier soutient la Librairie d’Oron

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Nous avons découvert Marie Musy et sa librairie indépendante d’Oron il y a quelques années. Aussitôt, nous avons été bluffées de découvrir ce chouette lieu de culture, de rencontres et d’échanges dans un si petit village. Alors, un peu sur un coup de tête, nous avons décidé de nous rendre sur place à l’occasion de la première édition du festival L’Amérique à Oron. Le reste, vous avez pu le suivre sur le blog : nos pérégrinations en Suisse en 2016 et 2018.

Il y a quelques jours, nous avons reçu cette nouvelle comme une grosse gifle : La librairie  de Marie a été dévastée par un incendie, incendie mortel qui plus est.

Nous avons écrit à Marie pour lui dire des mots en vrac, nos cœurs de libraires tout meurtris, avec en souvenir les jolies photos de l’Amérique à Oron, depuis 4 ans.

Il y a comme un sentiment d’inutilité à écrire des choses sur une peine si grande pour eux. Nous gardons donc au chaud, la lumière des sourires sur cette place de village, les auteur(e)s magnifiques, les bénévoles qui assurent, les gens qui t’accueillent les bras ouverts, la librairie où on allait vagabonder, histoire de sniffer encore quelques couvertures de livres.

Bon, Marie et Nicolas sont toujours là, le temps pansera et aidera à penser le futur littéraire de ces deux passionnés, accompagnés de leur jolie bande de copains. Donc, si tu as envie d’envoyer un dessin avec un soleil dessus, des licornes avec des paillettes, des bonnes ondes, tu peux, mais si, en plus, tu as envie de participer en mettant 5 euros ou + dans la tirelire de leur levée de fonds, ce serait comme merveilleux. Cela leur permettra, petit à petit, de les aider dans la reconstruction car la librairie renaîtra à Oron, tous le souhaitent.

https://www.lameriqueaoron.ch/


Association L’Amérique à Oron (ALAAO)
CH – 1610 Oron-la-Ville
Compte 14-227090-5
IBAN CH87 0900 0000 1422 7090 5
Mention / Memo : Soutien à la Librairie du Midi
BIC (code SWIFT) de PostFinance POFICHBEXXX
Nom et adresse de la banque du/de la bénéficiaire
Name and address of the beneficiary’s bank
PostFinance SA, Mingerstrasse 20, 3030 Berne, Suisse

On y croit, on les soutient et que vive(nt) les librairies indépendantes et les rêves qui vont avec!  Par avance, merci tellement.

Les libraires masqué.e.s, de tout cœur avec la Librairie d’Oron.