Les sables de l’Amargosa

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Oui, j’aime bien m’écrouler sur le parquet de la librairie avec un coup au cœur 🙂

Un grandiose roman d’anticipation qui m’a donc accroché au cœur et au corps. Les sables de l’Amargosa (ou, in english, Gold Fame Citrus-« L’or, la gloire, les agrumes« , merci d’ailleurs à l’excellente traduction de Sarah Gurcel) de Claire Vaye Watkins est un petit bijou : une exploration de notre solitude, une réflexion sur ce qui pourrait advenir de notre monde si l’eau douce venait à terriblement nous manquer… Ce livre est une épopée qui me fit penser à Steinbeck et Chatwin, un road-trip qui vous laisse la gorge asséchée et l’esprit en vrille. Avec cette même fougue, je pourrais rapprocher Les sables… de l’excellent Station Eleven d’Emily St John Mandel, avec un esprit de construction encore plus fou. Bref, ces filles prennent le futur à bras le corps : c’est dément et si intelligemment mené. Vaye Watkins nous entraîne ici au pays de Mojaves, dans cette Californie brûlante et nue, menacée par l’avancée irrémédiable d’une mer de dunes. Luz et Ray, amoureux sauvages et paumés, trouvent refuge dans une villa de starlette perchée du haut de cette Cité des Anges, déchus, et retrouvent, pour un instant, les trésors futiles de cette cité antique qui fut la nôtre. Ils trouveront aussi « Ig », une petite fille fragile, poupée chiffon désorientée, qu’ils enlèveront, pour l’emmener vers les verts pâturages, lieux idéalisés, au-delà de ces frontières désormais fermées. Le chant de la piste les mènera vers leurs destins respectifs, en bordure de ces terribles et magnifiques sables de l’Amargosa. Il y aura une histoire de secte hippie où le coryphée d’un savant fou vous racontera leurs histoires, il y aura la quête d’identité, du moi profond, de l’amour, de la haine, de la trahison, de l’idéal. « Qui sommes-nous, où allons-nous », Claire Vaye Watkins met tout cela dans son shaker littéraire et nous offre un cocktail incroyable et explosif. « Exaltant, hypnotique, audacieux » écrit Louise Erdrich de ce roman, et bien je ne peux résumer mieux. Grand coup de cœur!

Les sables de l’Amargosa de Claire Vaye Watkins chez Terres d’Amérique aux éditions Albin Michel – 416 pages – 23.50 euros –

Fanny.

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Rencontre en Terres d’Amérique

Callan Wink et Francis Geffard arrivant tôt à Dinan, nous avons pu jouer les guides touristiques et leur offrir un petit aperçu de la ville : le centre historique, le Jerzual, une ballade en bord de Rance (avec une eau nettement plus calme que la rivière Yellowstone), le chemin de ronde… Callan observant avec attention les différents sites chargés d’histoire, Francis comblant les nombreuses lacunes d’Emma dans ce domaine.

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Après quelques échanges avec un jeune pêcheur (le guide de pêche n’est jamais loin), petite pause autour d’une bière bretonne, histoire de poursuivre la découverte de la région.

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La rencontre approche, avec son lot de stress (est-ce que tout le monde sera là? Est-ce qu’on va s’emmêler les pinceaux pendant l’entretien? Et comment on dit pêche à la mouche déjà en anglais? On savait bien qu’on aurait dû réviser du vocabulaire.. bon bah tant pis, hein).

Bref, quand on arrive à la librairie et qu’on voit tous nos lecteurs qui attendent bien sagement, dans notre tête ça fait un peu ça : joie/peur/excitation/soulagement/je-vais-plutôt-rentrer-et-aller-me-cacher-sous-la-couette/bon-non-je-ne-peux-quand-même-pas-faire ça/allez, courage,go! Et on y va.

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Deux heures qui passent très vite. L’écriture, la traduction, l’Amérique aujourd’hui… Le temps manque, forcément, mais à la fin de l’échange, on repart tous un peu plus riche de quelque chose.

Donc voilà, merci aux lecteurs d’être venus si nombreux (le record de 60 personnes est battu (YEAH!)et franchement, on ne pourra pas aller au delà au vu de la configuration de l’espace), merci à Callan pour sa gentillesse et sa disponibilité, merci à Francis d’avoir rendu cette soirée possible (et je crois qu’on peut ajouter Whouaou pour la traduction simultanée sans filet!).

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Bon, nous aussi on n’arrive qu’à l’épaule de Callan, mais on ose quand même la photo debout. Le rendez-vous est pris pour la parution de son futur roman : il reviendra à la librairie en échange d’un masque personnalisé (il va falloir bosser, maintenant ;)).

 

Les libraires masqué(e)s

 

Terres d’Amérique à la librairie

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Amateurs de littérature des grands espaces, de l’Amérique, de romans profondément humains, cette rencontre est pour vous. Nous avons la joie (comme nous vous l’avions annoncé il y a quelque temps et, oui, nous trépignons toujours d’impatience) de recevoir Francis Geffard, créateur de la collection Terres d’Amérique (aux éditions Albin Michel) et fondateur du festival America qui a lieu tous les deux ans à Vincennes. Il sera accompagné de Callan Wink, jeune auteur du recueil de nouvelles Courir au clair de lune avec un chien volé, guide de pêche dans le Montana l’été, écrivain l’hiver.

Rendez-vous vendredi 29 septembre, 19h00, à la librairie, pour cette soirée qui promet d’être dépaysante.

Comme d’habitude, la rencontre sera suivie d’un apéritif dinatoire.

 

Entrée gratuite, sur inscription uniquement

 

Les libraires masqués

Des nouvelles!

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Le cœur sauvage, Robin MacArthur, traduit par France Camus-Pichon, Albin Michel (collection Terres d’Amérique), paru le 03/05/2017, 220 pages

Courir au clair de lune avec un chien volé, Callan Wink, traduit par Michel Lederer, Albin Michel (collection Terres d’Amérique), parution le 20 septembre (eh ouais, il faudra patienter!)

Des nouvelles, et quelles nouvelles! Je sais bien, les nouvelles sont un genre un peu boudé par ici et, je dois l’avouer, j’ai mis du temps à y prendre goût. Et pourtant, quel travail d’orfèvre pour pouvoir offrir au lecteur, en quelques pages, une atmosphère, une émotion qui vous imprègnent comme pourrait le faire un roman. Si je me permets de réunir ces deux recueils, c’est tout simplement parce que les passerelles entre les deux me semblent évidentes : une plume, des personnages incarnés, une ambiance, l’Amérique, les grands espaces.. Amateurs de Ron Rash, Jim Harrison, Pete Fromm etc. plongez dans ces nouvelles sans attendre (enfin non, pour Callan Wink, il faudra attendre héhé), ces deux jeunes auteurs sont une magnifique découverte.

Et ce qui est, en plus, super cool c’est que Callan Wink sera à la librairie le 30 septembre avec Francis Geffard pour notre soirée Terres d’Amérique. C’est pas chouette ça?!!

Ah oui et sinon, comme le post s’intitule « Des nouvelles », petit mot pour vous dire que le passage des tongs-chaussette à la chaussure orthopédique s’est bien déroulée.

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Je ne peux pas encore faire de danse de la joie mais ce n’est qu’une question de semaines. En attendant, j’avale la rentrée littéraire ;).

Emma

En attendant l’automne…

Le week-end dernier, nous étions tous sur le pont à St-Malo, au festival Etonnants Voyageurs. Coupure agréable dans notre quotidien, mais qui génère un peu de frustration. En effet, nous ne représentons que des éditeurs jeunesse et n’avons pas beaucoup de temps pour aller rencontrer les auteurs et les éditeurs que nous défendons tout au long de l’année. Heureusement, nous arrivons parfois à nous glisser subrepticement hors des stands pour nous rendre dans l’espace « adultes ». C’est ainsi que nous avons pu rencontrer Francis Geffard, directeur de la collection Terres d’Amérique chez Albin Michel, que nous recevrons le vendredi 29 septembre à la librairie, et David Treuer, auteur notamment d’Indian Roads et de Et la vis nous emportera. Une rencontre brève mais qui laisse présager une soirée automnale des plus passionnante!

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Équateur

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Voilà, devant vous, un GRAND roman d’aventures. Lu d’une traite, c’est un réel plaisir de retrouver la plume de Varenne et d’y voir toute son évolution: de son regard d’auteur, de ses histoires. Pour Équateur, tout commence à Lincoln City dans le Nebraska, en juin 1871. Pete Ferguson (si jamais vous n’avez pas lu Trois mille chevaux vapeur, jetez-vous dessus -sans vous faire mal hein- et vous verrez bien le lien) se fait appeler Billy Webb. Et ce Billy Webb est le meurtrier d’un abruti, mais un meurtrier tout de même. Pete est en fuite mais on comprend vite qu’il a d’abord un compte à régler avec lui-même. Il se fait embaucher comme dépeceur de bisons auprès de Mc Rae et part sur son fidèle mustang, Réunion, à la recherche des derniers grands troupeaux des vastes plaines. Nom d’un p’tit pois, j’ai retrouvé dans ce passage l’atmosphère du Butcher’s crossing de J.E. Williams, même si, dans ce roman, j’avais fini par être écœuré par ces massacres de grosses bébêtes pleines de poils. Pour en revenir à Équateur, le talent d’Antonin Varenne est de nous entraîner d’univers en univers avec une grande précision et un sens tout à fait esthétique du détail. Au sein du campement tu y seras, avec les Comancheros tu auras faim, dans la traversée du désert tu crèveras de soif et durant la révolte guatémaltèque, tu brûleras de rage. Antonin Varenne a une fluidité dans son écriture liée à une mise en ambiance forte, c’est la magie d’un très bon auteur. Pete Ferguson nous entraîne donc dans sa quête. Dans ce récit haletant, notre héros écrit des lettres de la part des personnages qu’il aime, il fait parler morts et vivants, c’est ceux-là même qui le jugent par l’intermédiaire de sa plume. Pete est un être décharné qui cherche à s’incarner. Une femme l’amènera sur ce chemin, c’est Maria, une indienne Xinca. Ensemble ils traverseront terres et océans, lui apprendra à « être », elle à se laver de ses démons. Il y aura ce moment fort où Pete écrira son histoire à même la peau et nous tatouera, de la même manière, notre esprit. C’est pur et parfois dur. Équateur est un roman qui vous emporte beaucoup plus loin qu’un western. C’est une histoire intense, sans répit, qui tient en haleine jusqu’au bout. Dans ses multiples remerciements, Antonin Varenne évoque un certain couple: Judy et Craig Johnson… tiens donc 🙂 on se dit que cela sent l’air frais des grands espaces et la recherche d’une certaine vérité dans les actions des personnages. Laissez-vous donc transporter par le souffle des chevaux et la rage de vivre; ce voyage palpitant vers l’Équateur de Pete-Antonin est une odyssée haletante. Yeehaaa!

Équateur d’Antonin Varenne – Albin Michel – 339 pages – 20.90 euros-

Fanny.