Regarder

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Depuis un petit temps, je faisais défiler des textes sur Gerta Taro, et rien en accroche.  Puis là : Regarder de Serge Mestre. Un portrait complètement addictif d’une femme qui n’avait ni sa langue, ni ses yeux dans sa poche ; une aventurière de la vie, une grande amoureuse, bien avant Robert Capa, ce même homme qui lui appris le métier de photographe reporter.

Mestre, avec un style vif et « partageur », nous fait directement rentrer dans l’action. Le rythme est aussi dense que son personnage.

Nous sommes en 33, à Leipzig, Gerta Pohorylle est arrêtée et soumise à la question par une brute nationale-socialiste. Ses frères ont jetés des tracts du haut d’un grand magasin, appelant à la résistance. La fratrie ne fait pas dans la demie mesure. Et c’est à partir de ce moment là que l’auteur décide de révéler toute la personnalité de Gerta : flamboyante, féminine, féministe, résistante, amante, provocatrice, animée par ce désir profond de vivre intensément.

 Regarder est un roman qui surgit et vous explose entre les mains. J’ai parcouru ses pages comme un feuilleton, ça se bouscule, s’entrechoque, s’évoque avec ce ressenti d’être dans l’urgence, de côtoyer, de braver, d’être au front.

Voici un portrait flamboyant, éblouissant, une très belle réussite littéraire !

Fanny.

 

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Eric Vuillard : Dédicace et Rencontre vendredi 22 décembre

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Nous avons le plaisir de vous annoncer qu’Eric Vuillard, Prix Goncourt 2017 pour son récit L’Ordre du jour, sera à la librairie (encore :)!) vendredi 22 décembre.

N’hésitez pas à venir le rencontrer à partir de 15h00, à la librairie. Il sera présent pour une séance de dédicace. Puis, à partir de 18h00, nous vous proposons d’échanger avec lui, autour d’un verre, afin de passer un moment convivial. Vous venez quand vous le souhaitez, aucune inscription n’est requise.

Nous tenons à remercier Eric chaleureusement. Il a eu la démarche peu commune de transmettre à son éditeur une liste de librairies qui le soutenaient depuis le début et chez qui il souhaitait se rendre à nouveau. Et nous avons la chance d’en faire partie. C’est pas top, ça?!!!

Les libraires masqués (sur un petit nuage)

Toute la lumière que nous ne pouvons voir

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” On est bien loin de comprendre ce que c’est d’être aveugle, quand on ferme les yeux. Sous notre monde des cieux, des visages et des édifices, il en existe un autre, plus brut et plus ancestral, un espace où les  surfaces pleines se désintègrent et où les sons forment une multitude de rubans dans les airs. (…)Elle entends frémir des tamarins, des geais piailler dans les herbes dunaires ; elle sent le gros poing de granit, profondément enfoncé dans la croûte terrestre sur lequel Saint-Malo est posé, et l’océan l’entourer de toutes parts, et les îlots résister à l’assaut des marées. De sa main libre, elle ouvre le livre posé sur ses genoux, trouve les lignes avec ses doigts, porte le micro à ses lèvres.”

J’ai dévoré, avalé, englouti un roman : “Toute la lumière que nous ne pouvons voir” d’Anthony Doerr (Albin Michel). L’histoire commence entre l’Allemagne et la France, entre Paris et Saint-Malo, entre deux destinées : celle de Marie-Laure, jeune aveugle aux multiples tâches de rousseur et celle de Werner, petit orphelin aux cheveux déjà blancs comme neige. Avec une écriture vive et flamboyante, Doerr te prend par la main et te transporte au sein d’une épopée. Tu seras impressionné(e) par la ténacité et la rage de vivre de Marie-Laure, jeune fille lumineuse. Tu te surprendras à prendre sous ton aile Werner, génie rêveur passionné par les  transmissions électromagnétiques. Tu plongeras dans le dédale de la cité malouine, à la recherche d’un trésor, d’un souvenir ou d’un simple coquillage. Et tu seras au milieu du chaos, où nul ne peut échapper à son destin, ni à l’incroyable “hasard des choses”. “ Toute la lumière…” est un roman-fresque marqué d’une force émotionnelle exceptionnelle.

Fanny