L’appel

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« Tiens, je lirais bien un roman qui parle de saut en hauteur!« , Bon, ok, vous vous levez rarement avec ce genre d’envies (ou alors vos envies sont pour le moins étranges…mais bon, nous ne jugeons pas.). Pourtant, lorsque nous avons eu ce roman entre les mains, dont le héros n’est autre que Richard Fosbury (créateur du saut qui porte son nom), on s’est dit : »Pourquoi pas? ». Emma s’est alors rappelée l’émotion suscitée par différents romans où le sport était très présent et le héros particulièrement attachant (La petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon, Comment tout a commencé de Pete Fromm, Parmi les loups et les bandits d’Atticus Lish)  tandis que j’essayais de faire la roue avant de m’écraser brutalement sur le parquet.

Ce Richard Fosbury, adolescent au début du roman, tout en bras et en jambes, fluet, c’était nous. Oui c’était nous. Nous étions en short, au collège, en cours d’EPS (si ça se dit encore! non mais) et, pour une fois, nous nous retrouvions douées. Bon d’accord, en réalité, l’une était allongée sur son canapé, le chat collé contre elle prêt du poêle, traînant ses +16 kg de grossesse, tandis que l’autre était avachie sur sa couette, traînant ses 13kg de petit bonhomme contre elle (varicelle oblige).

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Fanny Wallendorf réussit, comme peu d’auteur.e.s savent le faire, à vous extirper de votre quotidien pour suivre avec délice celui d’un autre. Richard est un garçon que l’on prend en affection immédiatement. Ses mimiques, ses pensées, sa perception du monde, en font un personnage délicieux. Il se fit à son instinct, ne travaille que pour améliorer son art, croit en sa philosophie, c’est avec « elle » qu’il se maintient dans l’action, quand corps et mental épousent le monde environnant afin d’effacer la hauteur des barres, réelles ou symboliques. L’appel est un roman magnifiquement lumineux, une ode à la vie, à la fantaisie, à la persévérance.

L’appel, Fanny Wollendorf, Finitude, paru le 02/01/2019, 345 pages, 22€

Emma & Fanny.

 

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En attendant Bojangles

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En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, Finitude, paru le 07/01/2016, 160 pages, 15.50 euros.

C’est l’histoire d’un amour fou d’un homme et d’une femme, à travers les yeux émerveillés de leur fils unique. L’histoire d’un homme qui tombe éperdument amoureux d’une femme fantasque, qui fera de sa vie  une fête perpétuelle, un éblouissement permanent, en allant toujours plus loin. Au fil de la lecture, Mr Bojangles passe en boucle sur le tourne-disque. La danse et les cocktails font partie des incontournables de la maison :

« Toujours, quand ils dansaient, ils se préparaient des cocktails fous, avec des ombrelles, des olives, des cuillers, et des collections de bouteilles. Sur la commode du salon, devant un immense cliché noir et blanc de Maman sautant dans une piscine en tenue de soirée, se trouvait un beau et vieux tourne-disque sur lequel passait toujours le même vinyle de Nina Simone, et la même chanson : Mister Bojangles. […] Cette musique était vraiment folle, elle était triste et gaie en même temps, et elle mettait ma mère dans le même état. »

Et cette mélancolie est présente tout au long du roman, car on se doute bien que la vie réelle ne peut être que fête, que cette folie ne peut être que joyeuse.

Bref, ce titre est, pour moi, une des belles surprises de cette rentrée de janvier et je me suis laissée porter par le charme de ce premier roman, jusqu’au bout.

A découvrir

Emma

P.S : Et puis c’est aussi l’occasion de réécouter (ou de découvrir) ce morceau :