Le pays des oubliés

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Michael Farris Smith fait encore résonner le tonnerre dans ce roman âpre à l’ambiance électrique, du grand art.

Je revois l’auteur, le regard porté sur le lointain, assis face à sa table de petit-déjeuner dans le cadre du festival de l’Amérique à Oron. Il portait cette distance poétique, et cette amabilité certaine, d’un écrivain sensible qui garde en lui certaines cicatrices.

Dans le delta du Mississippi, bande de terre fertile mais oubliée, bordant ce fleuve gigantesque, apparaît son personnage : Jack Boucher.
Dès les premières pages me voilà dans une histoire sombre et hypnotique. « Notre » Jack, au volant d’une camionnette usée jusqu’à la rouille comme notre héros, est en route vers le repère de « Big Momma Sweet », la matrone vengeresse des âmes damnées. Sur ce trajet, une mauvaise rencontre et un accident enfanteront d’un enfer et d’un hasard éblouissant.

C’est là, qu’au fur et à mesure de la lecture, mes mains se crispaient de plus en plus sur les pages tandis que mon pouls s’accélérait : merci Fabrice Pointeau pour cette traduction si juste.

J’étais là-bas, sur les terres de cet écrivain qui vous embarque comme dans un film, avec Jack et toute son histoire. Mais comment fait-il ? Quelle est cette magie pour vous prendre aux tripes d’une telle manière ?

Le pays des oubliés raconte la trajectoire d’un homme en résistance parce qu’il n’a jamais eu d’autre choix. C’est une histoire d’abandon, d’enfant perdu, de combattant et d’espérance fragile ; un roman noir certes, mais d’une beauté à couper le souffle.

Fanny.

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Le gang des rêves

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1906, Cetta, jeune Calabraise au destin déjà tourmentée, va prendre à bras le corps sa vie, pour fuir vers l’Amérique -terre promise- avec, dans ses bras, Natale, son “bâtard”, rapidement renommé Christmas par les peu scrupuleux fonctionnaires du centre d’immigration d’Ellis Island. 1922, Christmas rencontre Santo Filesi dans son quartier très populaire de l’île de Manhattan et fonde à eux seuls le gang des “Diamond Dogs”, tandis que Cetta, la rage de vivre au cœur, travaille comme prostituée pour l’étrange Sal, cet homme “qui fait chanter les femmes”. Au même moment, la jeune Ruth, fille de la haute bourgeoisie new-yorkaise, est retrouvée quasi morte dans une sombre ruelle. Nous voici ainsi lancé(e)s dans un roman au long cours où nous suivons les choix de vie de ces personnages hauts en couleurs. Avec Le gang des rêves, Luca Di Silvio nous montre ces destins de battants, de ceux et celles qui ne lâchent rien, pour le meilleur et parfois pour le pire. Il y a du sang, de la terreur, de l’amitié, de l’aventure, de la pitié, du grand et bel amour, bref, tout ce qui fait l’étoffe d’un “page-turner”: vibrant d’énergie et passionnant!

Le gang des rêves, Luca Di Silvio, Ed. Slatkine & Cie – 716 pages – 23 euros –

Fanny