La petite fille qui en savait trop

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Et voilà un très bon Peter May, heureuse je suis ! Première fois publié en 1981 (« The man with no face »), voici un roman noir à souhait qui se déroule dans un Bruxelles sombre, inquiétant, battu par la pluie et gangréné par les affaires politico-financières.

Neil Bannerman, journaliste d’investigation au Edinburgh Post, est dépêché par son directeur de publication afin d’enquêter sur une affaire de corruption. Sauf que la mort s’invite au programme en fauchant un de ses confrères et un prétendant au poste de Premier ministre du Royaume-Uni; tout ceci dans une mise en scène macabre qui garde un témoin… une petite fille autiste.

Taillé dans la masse de ses Highlands natals, Bannerman va faire souffler le chaud et le froid au sein de la Communauté européenne, mettant en péril certaines alliances nauséabondes, tandis qu’une petite fille cherche à sauver sa peau.

Haletant, vif, prenant, voici du Peter May sombre et tranchant à souhait, traduit par Ariane Bataille. Coup de cœur !

Fanny.

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1793… à Stockholm

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1793 de Niklas Natt Och Dag (Sonatine)

Sombre, poisseux, sinistre, effrayant, glacial, sanglant, inhumain… Voici quelques mots qui me viennent à l’esprit pour qualifier ce roman de Niklas Natt Och Dag, histoire de vous donner envie d’y plonger. Ça marche, hein? 🙂 Mais j’ajouterais aussi passionnant, envoûtant, réaliste, palpable, stupéfiant, inoubliable…

En cette année 1793, à Stockholm, un corps est repêché dans un lac insalubre. Démembré et la langue tranchée, l’homme semble avoir subi les pires sévices. Un homme de loi, atteint de phtisie et qui se sait condamné, s’empare de l’enquête, accompagné d’un ancien soldat, vétéran de la guerre contre les Russes.

1793 est un thriller historique d’une rare intensité. A ne pas placer entre toutes les mains, j’en conviens! Mais qui ravira les amateurs du genre, et notamment les lecteurs de Tim Willocks.

Gaël

L’étoile du nord de D.B. John

L’étoile du Nord de D.B. John (éd. Les Arènes) – 22.00 €

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Voici ce qu’écrivait le journaliste Yann Rousseau dans Les Echos le 27 octobre 2017: « L’histoire est à peine croyable. Pendant plusieurs années, le régime nord-coréen a fait enlever des centaines de ressortissants de pays voisins, afin de former ses espions aux langues et aux cultures étrangères ou pour voler des identités. Aujourd’hui encore, les familles les recherchent. »

C’est dans ce contexte que se situe ce passionnant roman de l’auteur britannique D.B. John. Un thriller d’espionnage (même si le terme est un peu réducteur) dans lequel se croisent trois destins, entre les États-Unis et la Corée du Nord.

Une immersion très réaliste au cœur d’un pays dont on sait peu de choses. Le tension est palpable tout au long du roman, et montera crescendo jusqu’à l’oppression… et l’effroi.

Fascinant!

Gaël

La mort selon Turner

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La mort selon Turner, Tim Willocks, traduction Benjamin Legrand, Sonatine, paru le 11/10/2018, 384 pages, 22€

Pour ceux qui ont déjà lu Tim Willocks, vous connaissez sa maîtrise, sa force romanesque et sa plume qui n’a pas peur d’en découdre. Pour moi, ce fut une découverte puisque malgré les louanges de Gaël, je n’avais, pour ma part, pas encore jeté de coup d’œil aux romans de ce monsieur.

Eh bien, je peux dire que je n’ai pas été déçue! J’ai été happée dès les premières pages par ce roman bien noir flirtant avec l’univers social des polars de Cary Ferey : un héros, des ordures, de la sueur et du sang. Bref un joli cocktail bien testostéroné qui aurait pu me rebuter s’il n’avait pas été porteur d’un message nettement plus humain.

Lors d’un weekend bien arrosé au Cap, un jeune afrikaner renverse une sdf noire, sans même s’en apercevoir. Son beau-père décide de fuir et de masquer l’affaire au jeune homme : il ne faudrait surtout pas compromettre la belle carrière d’avocat qui s’offre à lui et, après tout, la victime n’aurait surement pas survécu bien longtemps dans les rues! Ces choses-là se produisent tous les jours dans un pays gangrené par la corruption! Seulement voilà, c’était sans compter Turner, flic noir de la Criminelle, prêt à se battre sans répit pour la veuve et l’orphelin. Et quand je dis se battre, il va falloir être bien accroché parce qu’il y a certaines scènes à ne pas lire pendant son petit dèj!

Bref, dit comme ça, ça peut paraître un peu cliché mais il s’agit d’une dénonciation d’actes qui se produisent tout de même encore tous les jours, en toute impunité, le tout servi par une écriture juste et haletante : un très bon thriller.

A découvrir

Emma

 

Événement : Jérémy Fel à la librairie!!!

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Il y a trois ans, Jérémy Fel était passé nous voir, à la librairie, lors de la parution de son ouvrage précédent Les loups à leur porte. Grand coup de cœur, nous l’avions reçu peu après en dédicace mais étions restés un peu frustrés, toute de même, de ne pas avoir organisé une véritable rencontre avec les lecteurs.

https://gaeletemmalibraires.wordpress.com/2015/11/25/jeremy-fel-a-la-librairie/

A l’époque, nous avions évoqué son futur roman tandis qu’il n’en était encore qu’aux débuts de son écriture, se promettant de l’accueillir à nouveau, avec joie.

Lorsque le 22 aout est paru Helena et nous nous sommes donc jetés dessus avec avidité. Et, bim : coup de cœur (d’ailleurs il n’y a pas que nous, les critiques sont élogieuses, qu’il s’agisse de Télérama, des Inrocks ou encore du magazine Elle)!

https://gaeletemmalibraires.wordpress.com/2018/09/13/helena/

Du coup, il ne restait plus qu’à échanger avec l’auteur! Eh bien, ce sera chose faite le samedi 27 octobre. Nous aurons donc le plaisir de passer la soirée avec ce maitre ès suspens et nous vous proposons de nous rejoindre (si vous n’avez pas trop froid aux yeux!) pour une rencontre autour du thriller et du roman noir.

Comme d’habitude, la soirée sera suivie d’un apéritif dinatoire.

Gratuit, sur inscription uniquement.

 

Helena

***Spoiler alert*** : cette photo peut constituer un indice.

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Helena, Jérémy Fel, Rivages, 733 pages, paru le 22/08/2018, 23€

Surprenant son petit ami dans les bras d’une autre, la jeune Hayley décide de partir précipitamment chez sa tante dont le voisin n’est autre que George Kingsbury, joueur de golf renommé.  Le championnat auquel elle doit participer a lieu dans trois semaines et Hayley est loin d’être prête. Puisque plus rien désormais ne la retient à Wichita, autant quitter la ville et se concentrer sur ce qui en vaut vraiment la peine : La World Junior Girls Championship.

Tommy, quant à lui, ne peut soulager sa souffrance qu’en l’infligeant aux autres. C’est près d’un abattoir désaffecté qu’il a choisi de se débarrasser de sa dixième victime et il a déjà sur les lèvres le gout de l’excitation qui suivra la mise à mort.

Norma gère seule ses trois enfants dans le fin fond du Kansas, jonglant entre les affres de l’adolescence et les commérages, menant  avec fierté son combat du moment : le concours de mini-miss que sa petite Cindy doit gagner à tout prix.

Évidemment, tout ne va pas se passer comme prévu et Jérémy Fel va vous faire passer une nuit blanche. L’écriture est incisive, les chapitres très courts, le rythme effréné : autant vous le dire tout de suite, si vous mettez le nez dedans, vous êtes fichus. Vous ne referez réellement votre apparition qu’une fois le roman terminé. Et si les 733 pages vous font peur, pas d’inquiétude, vous ne les verrez pas passer. Par contre, vous les sentirez car, que les choses soit claires : ça pique un peu.  Ceux qui ont lu Les loups à leur porte sont passés par là, ils savent donc à quoi s’attendre (en un peu plus violent, tout de même). Âmes sensibles, abstenez-vous. Les autres : foncez!!

 

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Gaël et Emma

 

 

Ses yeux bleus

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Il y a quelque chose de grandement addictif dans Ses yeux bleus, quelque chose qui vient chercher vos peurs primitives, quelque chose d’étrangement mauvais qui vous donne la chair de poule, et quelque chose de fraternel qui vous attache à Raili. Raili est bibliothécaire et son plus beau trip de vacances et de se plonger dans les bouquins, lovée dans son canapé, canapé situé dans son chalet perdu au fin fond des bois de Lövaren. Raili n’a pas sa langue dans sa poche, elle aime découvrir… alors elle découvre ses gentils voisins, papote avec Olofsson, ce grand gaillard qui lui raconte parfois des choses sans queue ni trop de tête, admire la nature : les champignons auprès d’une ferme abandonnée, la beauté du lac sombre et profond… oui voilà, ces trois points de suspension, c’est ici : c’est beau mais « pas que ». Il y a de très dérangeantes histoires et présences dans cette forêt. La première remonte à très loin, du temps où les sorcières étaient emprisonnées et moulinées à la Question… ces femmes qui portaient le vice et le malheur, ces diablesses, il y en avait dans les profondeurs de Lövaren. Alors Raili, ni une ni deux, elle enfile ses Crocs et ses écharpes colorées Gudrun Sjödén et va chercher la – ou les – présence(s) qui hantent les lieux pour chercher à comprendre une disparition, puis deux, puis l’incendie, puis le meurtre et elle y va Raili, jusqu’à se confronter aux yeux bleu glacé de la Folie. Lisa Hågensen entame sa trilogie et ça commence diablement très fort. Vivement le prochain mais sans les Crocs et avec les crocs

Ses yeux bleus de Lisa Hågensen chez Actes Sud dans la collection actes noirs et traduit avec talent par Rémi Cassaigne. 363 p. – 22.80 euros –

Fanny.