Les huit montagnes

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Les huit montagnes, Paolo Cognetti, traduction Anita Rochedy, édition Stock, paru le 23/08/2017, 298 pages, 21.50€

Pietro et Bruno se rencontrent alors qu’ils n’ont qu’une dizaine d’années. Pietro vient de Milan. Son père, randonneur passionné, tente de l’initier aux joies de la montagne. Chacun a son rythme, son altitude, ce qui, parfois, les éloigne. L’amitié entre Bruno et Pietro nait rapidement. Quelques semaines à vagabonder dans les alpages et les forêts scellent, pour de nombreuses années, le lien entre les garçons.

Je ne dévoile pas plus l’histoire, bien que l’enjeu de ce roman ne soit pas dans les différents rebondissements que l’on pourrait y trouver. C’est une histoire de montagne (celle-ci étant presque un des personnages), d’hommes, d’amitié, de filiation. C’est un texte pudique aussi, où l’on ne fait pas étalage de ses émotions, ces dernières étant plutôt effleurées et les non dits lourds de sens. Amoureux de la nature, de la montagne, des hommes, foncez, ce texte est pour vous.

Emma

P.S : Alors, oui, la photo est moche, je ne retrouve pas mon masque, l’éclairage est atroce..bref, promis, je fais mieux la prochaine fois ;).

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La tresse – Laetitia Colombani

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Tresse. n. f. : assemblage de trois longues mèches de cheveux entrecroisées à plat et retenues par une attache.

Le Robert 2018.

 

Trois femmes, trois vies, trois continents et pour toutes : une soif de liberté. Tout les sépare, une seule chose les réunit : une tresse.

Trois femmes qui vont faire face, à leur manière, à de nombreux défis liés aux conditions de vie des femmes dont les droits ne sont jamais totalement acquis. Malgré les distances, les continents et les cultures, l’humanité les unit plus que tout, renforcée et solidifiée par le tressage.

Laetitia Colombani signe là un premier roman poignant, plein d’humanité, de poésie et réconfortant à la fois.

La tresse – Laetitia Colombani – Grasset – 221p. – 18.00€

Gaëlle.

Yaak Valley, Montana

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Yaak Valley, Montana, Smith Henderson, Belfond, 592 pages, paru le 18/08/2016, 23€

Dans le Montana des années 80, Pete exerce son métier de travailleur social tant bien que mal, connaissant par ailleurs ses propres déboires familiaux. Tout au long de sa carrière, il a vu des cas complexes, des familles au bord de l’implosion, des gamins s’élevant tout seuls, mais quand même, lorsque son chemin croise celui de Benjamin Pearl, il est surpris par ce jeune garçon en guenilles, vivant en pleine forêt. L’enfant est méfiant et Pete connait des difficultés dans sa tentative d’approche. D’autant plus que son père, Jeremiah, un fondamentaliste chrétien fuyant la civilisation, semble voir cette relation d’un mauvais œil…

Une plongée dans l’Amérique des laissés-pour-compte, un personnage extrêmement attachant et une écriture qui vous emporte jusqu’au bout du roman. Bref, une très belle découverte.

 

Emma

Je vous ai déjà parlé de Pete Fromm?

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Oui, bon, je sais, il faut que je passe à autre chose etc.:). Il n’empêche que je viens de refermer If not for this, gentiment prêté par Denis, un client de la librairie (Ce titre n’est, malheureusement, pas encore traduit et il va vous falloir patienter si vous voulez le trouver en français), et c’est un énorme coup de cœur.

Le roman reprend une de ses nouvelles, publiée précédemment dans laquelle on découvrait un jeune couple se mariant au bord de la rivière : l’histoire de Maddy et Dalt, profondément amoureux, mais que la vie va durement malmener.

Encore une fois, des personnages très bien dépeints, des thèmes plutôt sombres associés à des dialogues percutants et un humour qui font que l’on ne tombe jamais dans le pathos. Bref, nous avons très très hâte d’avoir la traduction entre les mains.

Emma

Fan Man

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Fan Man, William Kotzwinkle, éditions Cambourakis, sorti le 01/2012, 10.50 euros

Tout d’abord, un petit extrait pour vous mettre dans le bain :

« Je viens de me réveiller, mec. Horse Badorties vient juste de se réveiller et se traîne dans l’abominable mer de crasse, mec, qu’il appelle son chez-soi. Traversée des pièces de ma turne, mec, entre le verre pilé et les tas de fringues cradingues parmi lesquels je vais choisir ma garde-robe du jour. Tiens, fourré dans une poubelle, un futal salingue incroyablement froissé. Et là, mec, sous un tas de journaux mouillés, une chemise, mec, avec une manche.[…] SPAGHETTI! MEC! Maintenant ça me revient. C’est pour ça que je me suis levé de la fosse septique qui me sert de paddock, mec, à cause des grondements de mon bide. C’est l’heure du petit-déjeuner, mec. Mais d’abord, je dois passer un coup de fil en Alaska. »

Et c’est comme ça tout le long, mec! Fan Man, c’est donc l’histoire de Horse Badorties, clochard céleste, qui se balade entre sa « turne » et les différents quartiers du New-York des sixties, qu’il connait comme sa poche. Ses missions de la journée : vendre des ventilateurs et surtout recruter des chanteuses (comprendre des « poulettes de 15 piges ») pour sa « Chorale de l’Amour ».

Vous l’aurez compris, Fan Man est une sorte d’ovni littéraire qui nous transporte dans la vie foutraque de Horse Badorties. Le genre de roman qui passe…ou pas, mais qui ne laisse en aucun cas indifférent. Et, en ce qui me concerne, bah c’était plutôt chouette la coolitude à toute épreuve de Horse :).

Emma

Toute la lumière que nous ne pouvons voir

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” On est bien loin de comprendre ce que c’est d’être aveugle, quand on ferme les yeux. Sous notre monde des cieux, des visages et des édifices, il en existe un autre, plus brut et plus ancestral, un espace où les  surfaces pleines se désintègrent et où les sons forment une multitude de rubans dans les airs. (…)Elle entends frémir des tamarins, des geais piailler dans les herbes dunaires ; elle sent le gros poing de granit, profondément enfoncé dans la croûte terrestre sur lequel Saint-Malo est posé, et l’océan l’entourer de toutes parts, et les îlots résister à l’assaut des marées. De sa main libre, elle ouvre le livre posé sur ses genoux, trouve les lignes avec ses doigts, porte le micro à ses lèvres.”

J’ai dévoré, avalé, englouti un roman : “Toute la lumière que nous ne pouvons voir” d’Anthony Doerr (Albin Michel). L’histoire commence entre l’Allemagne et la France, entre Paris et Saint-Malo, entre deux destinées : celle de Marie-Laure, jeune aveugle aux multiples tâches de rousseur et celle de Werner, petit orphelin aux cheveux déjà blancs comme neige. Avec une écriture vive et flamboyante, Doerr te prend par la main et te transporte au sein d’une épopée. Tu seras impressionné(e) par la ténacité et la rage de vivre de Marie-Laure, jeune fille lumineuse. Tu te surprendras à prendre sous ton aile Werner, génie rêveur passionné par les  transmissions électromagnétiques. Tu plongeras dans le dédale de la cité malouine, à la recherche d’un trésor, d’un souvenir ou d’un simple coquillage. Et tu seras au milieu du chaos, où nul ne peut échapper à son destin, ni à l’incroyable “hasard des choses”. “ Toute la lumière…” est un roman-fresque marqué d’une force émotionnelle exceptionnelle.

Fanny

Le dernier gardien d’Ellis Island

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Qu’est donc la totalité de notre existence, sinon le bruit d’un amour effroyable ? – Louise Erdrich – “Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse”

New-York, Ellis Island, 3 Novembre 1954. John Mitchell, directeur du centre d’immigration, erre sur cette île bientôt vidée de ses histoires, de ses migrants, de ses espoirs et désespoirs. Le récit se construit au fil des heures solitaires qui amène Mitchell à se confronter à son passé, à sa vie vouée à Ellis, à son amour pour Liz, à sa passion pour la mystérieuse Nella. Gaëlle Josse nous dresse le portrait contrasté de cet homme lié à l’Île et inversement. Un roman d’une grande densité qui se dévore, provoque des images et tente de percer quelques uns des mystères de l’âme humaine. Une petite merveille.

Le dernier gardien d’Ellis Island” de Gaëlle Josse – Ed. Noir Blanc – 14 euros

Fanny.