Cinq vies, cinq rivières, à Salisbury

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Ce qu’on entend quand on écoute chanter les rivières de Barney Norris

Ed. du Seuil (parution le 17 août 2017)

Premier coup de cœur de la rentrée pour ma part. M’étant fait piquer mon exemplaire par … une femme (j’en suis sûr! :)), j’ai fait l’effort d’imprimer la première de couverture pour que vous puissiez vous jeter dessus dès sa parution.

Dans ce premier roman de Barney Norris, cinq histoires vont se succéder. Celles de Rita, fleuriste, du jeune Sam, de George le fermier, d’Alison, femme de soldat, et de Liam, agent de sécurité. Des vies sans grands éclats, des vies minuscules, ordinaires mais ô combien touchantes! Dans la petite ville anglaise de Salisbury, dans le Wiltshire, un évènement tragique sera le point de rencontre de ces cinq trajectoires.

L’amour, la solitude, l’espoir et l’incertitude sont ici les thèmes abordés avec une bouleversante simplicité, au plus près de l’intime. J’espère que l’auteur saura garder cette sensibilité et cette justesse dans son prochain roman que j’attendrai impatiemment.

Gaël

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Cartel

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Cartel, Don Winslow, Le Seuil, 718 pages, paru le 08.09.2016, 23.50 euros

En 2007, paraissait en France La Griffe du Chien, de Don Winslow. Enorme claque à l’époque que ce roman exceptionnel mêlant thriller et espionnage.

Un agent des renseignements américains, Art Keller, de retour du Vietnam, déclare la guerre à une famille de narcotrafiquants mexicains, les Barrera. Une guerre sans merci, violente, sanglante, pour tenter de juguler l’un des trafics les plus juteux au monde.

Magistral, monumental, tout comme cette suite qui vient de paraître aux éditions du Seuil : Cartel. Une nouvelle guerre s’annonce…Certaines choses changent, d’autres pas.

Gaël

Des SP par milliers…

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Pendant que certains préparent leurs valises, de notre côté, nous nous consacrons à la rentrée littéraire. Et c’est donc par milliers (bon ok, il n’y en a « que » 560 à paraître) que nous recevons les services de presse. Après un mois de lecture assidue, une chose est certaine : la rentrée se présente bien (évidemment quelques uns nous tombent des mains, mais je n’ai ni le temps, ni l’énergie d’en parler.).

Voici donc les belles sorties, pour lesquelles vous allez devoir patienter encore un peu (hihihi) :

Ecoutez nos défaites, Laurent Gaudé, Actes Sud

14 juillet, Eric Vuillard, Actes Sud

L’heure de plomb, Bruce Holbert, Gallmeister

Minnow , James Mc Teer II, Le Sous-sol

Et la vie nous emportera, David Treuer, Albin Michel

La succession, Jean-Paul Dubois, Le Seuil

Le garçon, Marcus Malte, Zulma

Certains ont déjà été chroniqués, d’autres le seront prochainement.

Et ce n’est que le début, puisqu’il nous reste encore plein d’ouvrages à découvrir :

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Bref, nous vous tenons au courant, les premières sorties seront sur les tables, à partir du 18 Août et d’ici là, il y aura certainement, pour vous, de chouettes romans à se mettre sous la dent.

 

Emma

Irving un jour, Irving toujours!

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Avenue des mystères, John Irving, Le Seuil, 528 pages, paru le 06/05/2016, 22 euros

« Quoi, il y a un nouveau Irviiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing? » Voilà à peu près ce que j’ai dit à notre représentante Carole, lorsqu’elle est passée nous présenter les nouveautés il y a quelques mois. Je crois avoir fait un effort pour ne pas lui détruire les tympans au passage et si ce n’est pas le cas, je m’en excuse…

Comment vous dire? John Irving, c’est, pour moi, la découverte de la littérature américaine. C’est, réunis en un seul livre, une écriture formidable, de l’émotion, de l’humour, de la profondeur et de la fantaisie. Que ce soit Garp, L’hôtel New Hampshire ou encore A moi seul bien des personnages, à chaque fois ce fut un moment de grand bonheur.

Avenue des mystères ne fait pas exception. Pour une fois, nous allons du côté du Mexique, découvrir la jeunesse de Juan Diego Guerrero, un écrivain célèbre. Il est en route pour les Philippines lorsqu’il décide de diminuer sa prise de bêtabloquants, médicaments qui sont certes bons pour le cœur mais qui vous empêchent de replonger dans vos souvenirs, notamment en rêvant. C’est donc ainsi que Juan revit sa jeune adolescence aux côtés d’une mère femme de ménage et prostituée, retrouve sa sœur et le cirque qui se trouvera sur leur parcours, ainsi que Guadalupe, vierge détrônée par Marie. On y croise un jésuite défroqué, un transsexuel, une mère un peu particulière, le tout accompagné d’une sexualité débridée.

Bref, tous les ingrédients d’un bon John Irving sont là. Les lecteurs habitués pourront trouver quelques références aux titres précédents. Quand aux autres, quelle chance! Vous avez un auteur merveilleux à découvrir.

Emma

La douleur porte un costume de plumes

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La douleur porte un costume de plumes, Max Porter, Le Seuil, 121 pages, paru le 14/01/2016, 14.50 euros.

« LES GARCONS

Il y a une plume sur mon oreiller.

Y a plein de plumes dans les oreillers, couche-toi.

C’est une grosse plume noire.

Viens dormir dans mon lit.

Il y en a aussi une sur ton oreiller.

On va les laisser et dormir par terre. »

Ainsi débute ce roman à trois voix : Les garçons, Papa, Corbeau. Autant vous le dire tout de suite. C’est une claque. C’est bref, percutant et on peut être un peu sonné après coup.

Une mère meurt, laissant derrière elle une famille empêtrée dans le chagrin. Comme par enchantement, Corbeau arrive pour panser, avec empathie, verve et humour, les plaies de Papa et des Garçons.

Alors, oui, c’est un ovni, il faut se laisser porter par la plume poétique de Max Porter. Mais si vous vous laissez faire…

Bref, merci à Max Porter et aux éditions du Seuil (qui, décidément, nous offrent une très belle rentrée de janvier après Mount Terminus et Le chant de la Tamassee).

Emma

Un nouveau Ron Rash

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Le chant de la Tamassee, Ron Rash, Le Seuil, 233 pages, 19 euros

Hiiiiiiiiiiii! Le nouveau Ron Rash est arrivé sur nos tables :). Alors en fait il n’est pas tout à fait nouveau puisqu’il s’agit de son deuxième roman, mais celui-ci n’avait encore été traduit.

Dans Le chant de la Tamassee il y a d’un côté le deuil impossible d’une famille suite à la noyade d’une enfant. La rivière retient en son sein le corps de la jeune Ruth. La solution serait d’installer un barrage temporaire pour permettre de libérer ce dernier. Sauf que voilà, de l’autre côté, les environnementalistes s’alarment : autoriser un barrage une fois, c’est ouvrir une brèche et mettre en danger le label « sauvage » de la rivière Tamassee.

Le dilemme est cornélien et le roman habilement mené par l’auteur qui évite l’écueil du manichéisme ou du pathos. Et c’est un grand plaisir de retrouver Ron Rash.

Emma

Une contrée paisible et froide

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Une contrée paisible et froide, Clayton Lindemuth, Seuil policiers, paru le 03/09/2015, 340 pages, 21.50 euros

Alors pour le « froid » ok, pour mais l’ambiance « paisible », on repassera!

L’histoire démarre dans une bourgade du Wyoming, en plein hiver. Nous sommes en 1972, Burt Haudesert vient d’être retrouvé mort, la gorge transpercée par une fourche. La traque commence et le shérif Bittersmith n’est pas près de lâcher l’affaire : il ne lui reste plus que 24 heures avant d’être mis à la retraite (ce qui ne lui plaît guère). Rapidement, les armes et les cris viendront troubler l’apparente tranquillité de ce village enneigé.

Un roman âpre, dans lequel nous découvrons l’Amérique des laissés-pour-compte, où la campagne est loin d’être de tout repos. Amateurs de policiers tranquilles, passez votre chemin, celui-ci dégomme!

Emma