La mort selon Turner

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La mort selon Turner, Tim Willocks, traduction Benjamin Legrand, Sonatine, paru le 11/10/2018, 384 pages, 22€

Pour ceux qui ont déjà lu Tim Willocks, vous connaissez sa maîtrise, sa force romanesque et sa plume qui n’a pas peur d’en découdre. Pour moi, ce fut une découverte puisque malgré les louanges de Gaël, je n’avais, pour ma part, pas encore jeté de coup d’œil aux romans de ce monsieur.

Eh bien, je peux dire que je n’ai pas été déçue! J’ai été happée dès les premières pages par ce roman bien noir flirtant avec l’univers social des polars de Cary Ferey : un héros, des ordures, de la sueur et du sang. Bref un joli cocktail bien testostéroné qui aurait pu me rebuter s’il n’avait pas été porteur d’un message nettement plus humain.

Lors d’un weekend bien arrosé au Cap, un jeune afrikaner renverse une sdf noire, sans même s’en apercevoir. Son beau-père décide de fuir et de masquer l’affaire au jeune homme : il ne faudrait surtout pas compromettre la belle carrière d’avocat qui s’offre à lui et, après tout, la victime n’aurait surement pas survécu bien longtemps dans les rues! Ces choses-là se produisent tous les jours dans un pays gangrené par la corruption! Seulement voilà, c’était sans compter Turner, flic noir de la Criminelle, prêt à se battre sans répit pour la veuve et l’orphelin. Et quand je dis se battre, il va falloir être bien accroché parce qu’il y a certaines scènes à ne pas lire pendant son petit dèj!

Bref, dit comme ça, ça peut paraître un peu cliché mais il s’agit d’une dénonciation d’actes qui se produisent tout de même encore tous les jours, en toute impunité, le tout servi par une écriture juste et haletante : un très bon thriller.

A découvrir

Emma

 

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L’amour a le goût des fraises

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L’amour a le goût des fraises, Rosamund Haden, Sabine Wespieser, paru le 06/05/2016, 400 pages, 24 euros

Le Cap, aujourd’hui, et le destin de deux jeunes femmes, Françoise et Stella, liées par un artiste étrange : Ivor Woodall. Après la mort brutale de ce dernier, ses anciens élèves reçoivent une invitation pour une exposition posthume.

C’est l’occasion, pour nous de revenir sur l’histoire de Françoise. Alors qu’elle n’était qu’une enfant, elle a fui le Rwanda emmenant avec elle sa jeune sœur, Doudou. Aujourd’hui, Doudou a 17 ans et se retrouve toujours dans des histoires pas possibles. Quant à Stella, elle se remet difficilement de la perte de sa mère, une peintre excentrique, lorsqu’elle découvre le cours de dessin d’Ivor Woodall grâce à cette musique :

Aussi différentes l’une de l’autre qu’émouvantes, Françoise et Stella nous transportent en Afrique du Sud, Miriam Makeba en fond sonore, le tout servi par l’écriture sensible de Rosamund Haden.

A découvrir

Emma