Le sport des rois

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Le sport des rois, C. E. Morgan, traduction Mathilde Bach, paru le 10/01/2019, 656 pages, 24 €

Alors, tout d’abord, pardon pour la photo pourrie. Je n’avais pas prévu d’en faire une (toute seule, en plus!) mais il n’y avait pas grand chose d’exploitable sur internet. Enfin bref, promis, je ferai mieux la prochaine fois.

J’imagine donc, si je n’ai pas trouvé beaucoup de références, qu’il y a malheureusement eu peu d’articles de presse pour ce roman brillant. Et non, le terme n’est pas fort. Si la thématique peut paraître éculée (3 générations dans un kentucky bouseux au sein d’une famille misogyne et raciste), le traitement est, quant à lui, une vraie réussite.

Pas de manichéisme, un souffle, une vraie plume, des personnages auxquels s’attacher…j’ai été emportée par ce roman fleuve et ai découvert par la même occasion une autrice fantastique. Car oui, derrière ces initiales « C.E. » se cache en fait un femme, qui dépeint un univers terrible de bêtise humaine, de transmission et de violence. Si le monde hippique est également au cœur du roman, n’ayez aucune crainte, nul besoin d’avoir de quelconques connaissances en la matière.

Moyens ou grands lecteurs (peut-être un peu dense pour les plus petits lecteurs), je ne peux que vous encourager à vous jeter sur Le sport des rois et à vous offrir une plongée dans une épopée exceptionnelle.

Emma

 

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« En Février, note dans ton calendrier. »

Nous sommes en hiver, il est temps de se réchauffer l’âme et le cœur au milieu de tout ce gris. Le mois de Février s’annonce donc riche en belles rencontres et en partage. Alors, prends ton agenda, ton calendrier, ton carnet, ta paume de main, le dos de ton voisin et note les dates ! Deux formidables auteurs et une géniale traductrice viennent nous/vous rendre visite et ça va être drôlement chouette !

Alors qui?! qui?! qui?!

eric vuillard

VENDREDI 15 Février à 18h, nous souhaiterons la bienvenue à ERIC VUILLARD ( Prix Goncourt 2017 pour l’excellent Ordre du Jour chez Actes Sud ) qui nous revient pour son dernier opus La Guerre des Pauvres, gros coup de cœur pour ce récit à la fois dénonciateur et éclairant . C’est Gaël qui animera la rencontre avec cet auteur généreux et passionnant. Cela se passera à la Bibliothèque de Dinan.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à joindre la Bibliothèque : 20 Rue Waldeck Rousseau, 22100 Dinan / 02 96 39 04 65 / bm@dinan.fr

Bien entendu, dans un prochain post , Gaël vous en dira plus sur ce court récit toujours aussi finement écrit et ciselé. La guerre des Pauvres vous attend déjà à la librairie.

 

affiche heller

JEUDI 21 Février à 19h00, à la librairie, ce sera au tour du tout aussi généreux et souriant PETER HELLER, accompagné, s’il vous plaît, par sa formidable traductrice CELINE LEROY. Peter Heller nous revient avec Céline (et non, cela ne s’invente pas), trépidant coup de cœur. Après La constellation du chien et Peindre, pêcher et laisser mourir, l’auteur américain nous revient avec des héroïnes mystérieuses et hautes en couleurs.

Réservation à la librairie dans la limite des places disponibles : par courriel / contact@librairielegrenier.com , téléphone / 02 96 39 59 83 ou courrier avec des paillettes (oui, c’est comme ça) / 6 place Duclos 22100 Dinan.

Bien entendu, dans un prochain post , Fanny vous en dira plus sur ce roman qui mêle enquête, souvenirs et grands espaces de l’Ouest américain. Les deux précédents ouvrages cités de Peter Heller vous attendent à la librairie, en attendant la sortie de Céline, toujours chez Actes Sud, le 06 Février prochain.

Vous avez compris : « En Février, note dans ton calendrier » 🙂

à bientôt!

Les libraires masqués.

Les frères K : enfin la sortie!

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Bon, je ressors la photo de cet été, comme je ne suis pas en librairie. J’ai donc lu Les Frères K en août et j’ai été soufflée. Ensuite j’ai dû patienter pour qu’il sorte et ça y est, ça arrive : il sort demain! Voici donc, comme promis, ma chronique :

Préparant mes lectures pour la rentrée littéraire je tombe sur un nouveau titre à paraitre aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. Pour ceux qui ne connaissent pas la maison, il s’agit, en général, d’ouvrages plutôt consistants (rarement moins de 700 pages), d’une certaine exigence (disons que je ne suis pas encore tombée sur un bouquin écrit avec les pieds.) et d’une très belle qualité d’impression (de vraies œuvres d’art). Bref, je me suis donc jetée sur Les frères K avec précipitation. Et ce roman est d’une telle richesse qu’il m’est compliqué de savoir par où commencer.

Je vais tâcher de faire simple. Le roman débute avec la famille Chance au début des années 60. Nous faisons connaissance avec un père aux rêves brisés, une mère dont le fanatisme (ah, le puritanisme américain…) règle le quotidien ainsi qu’une belle et grande fratrie (cinq enfants, tout de même, qui prendront la parole à tour de rôle.) dont l’agitation rythme la vie familiale. Et puis il y a le base-ball, passion dévorante de papa Chance (aussi appelé papa orteil mais vous comprendrez mieux avec la lecture.) à la fois source de bonheur suprême et de désespoir. Je préfère vous rassurer tout de suite, bien que ce sport soit assez présent dans le roman, vous n’avez en aucun cas besoin de vous y connaitre ou de l’apprécier. Je suis moi même totalement néophyte et cet élément ne m’a absolument pas gênée durant ma lecture. C’est un peu comme la lutte chez John Irving (auteur que je place très très haut, auquel je pourrais presque faire des cœurs avec mes mains, ce que la bienséance m’interdit, naturellement). Et d’ailleurs le parallèle ne s’arrête pas à cette thématique. J’ai retrouvé chez David James Duncan, les éléments qui me transportent chez John Irving : l’humanisme, le foisonnement, la profondeur, la nuance, l’incarnation des personnages sans oublier l’humour, bien évidemment. Vous l’avez compris c’est une très grande découverte et un immense coup de cœur pour ce roman qui, je l’espère, deviendra culte, que je suis heureuse de partager avec vous.

Emma

Isidore et les autres

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Il est des romans que l’on referme en étant triste de quitter les personnages, de ces histoires que l’on prend à cœur dès les premières pages et dont le plaisir de lecture ne se dément pas un seul instant,  Isidore et les autres de Camille Bordas en fait désormais partie.

Izzy-Dory-Isidore, douze ans, aime sa famille, les gens. Il est dans l’empathie, arrondit les angles, fait preuve d’une belle sensibilité, bref : Isidore aime son prochain, sans sens biblique, juste dans le sens du bien commun. Il est dans une famille, où, qui n’a pas soutenu sa thèse ne peut rien comprendre à la vie. Entouré de ses cinq frères et sœurs aux têtes enfouies dans les livres et peu réceptifs au monde qui les entoure, Isidore détonne. C’est dans cet univers qu’il mène sa barque, avec bienveillance et franchise. Il fugue pour ressentir l’air frais du large, des petits bouts de chemin de vraie vie qui le découvrent à lui-même.

Avec une plume juste et sans artifice, Camille Bordas est arrivée à nous rendre en amour de ce bout d’homme qui cherche, suite à un drame, le sens de la vie. L’auteure nous fait rentrer dans une histoire universelle, essentielle et magnifique. Par son héros nous partageons un moment de cette vie de famille, quittant de nouveau les petites chaussures de l’enfance pour repartir pieds nus sur les chemins caillouteux de l’adolescence. Il s’écorche, se blesse, essaye, se positionne et, malgré tout, nous entoure de ses bras au milieu d’une fratrie qui se questionne beaucoup pour, peut-être, ne pas trop percevoir cette vie incertaine et parfois violente. Vous comprendrez : Isidore nous a « attrapé le cœur » !

Isidore et les autres de Camille Bordas aux éditions Inculte – 413 p. – 19.90 euros –

Emma & Fanny.

Énorme coup de cœur!!!

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Les frères K, David James Duncan, traduction Vincent Raynaud, Monsieur Toussaint Louverture, 800 pages, 24 euros.

Énorme. Ce n’est pas très recherché comme adjectif mais c’est vraiment le terme que j’ai eu en tête en refermant Les frères K il y a quelques heures. Il va falloir vous armer de patience par contre, parce qu’il ne paraitra que le 4 octobre. Mais je ne pouvais pas ne pas partager mon enthousiasme. Et pour vous rafraichir la mémoire, promis, je vous ferai un vrai article au moment de la sortie. Bref, énorme coup de cœur!

Emma

Patria

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Patria, Fernando Aramburu, traduction Claude Bleton, Actes Sud, 614 pages, paru le 07/03/2018, 25€

L’histoire se déroule dans un petit village, tout près de San Sebastian, dans le pays basque espagnol.  2011 : l’ETA annonce « la fin définitive de son action armée ». Nous retournons, nous, quelques années en arrière pour découvrir la vie de Bittori, du Txato, de Miren et de tous les autres personnages que nous croiserons dans ce roman foisonnant. Vous l’avez compris, l’ETA est au cœur de ce roman basque, pourtant, ce serait une erreur de limiter ce texte à l’organisation terroriste.

Si Fernando Aramburu nous permet, en effet, de mieux comprendre l’Euskadi Ta Askatasuna, il nous montre surtout son impact sur la vie quotidienne de la population à l’époque où elle était encore active. C’est ainsi que nous faisons connaissance avec Bittori et Miren, deux amies qui se retrouvent régulièrement autour d’un café, qui partent en vacances ensemble, avec leur mari et les enfants, deux femmes qui ne passent pas une journée sans se raconter les derniers potins du village. Jusqu’au jour où le Txato, le mari de Bittori, commence à être la cible d’ETA.

S’étalant sur plusieurs décennies, Patria relate l’histoire de ces deux familles et de leur amitié mise à mal par l’organisation. Amour, liens parentaux, rapports frères-soeurs, tout se retrouve alors bouleversé. Et, grâce à une habile construction, l’auteur nous trimballe entre les personnages et les différentes époques, sans jamais nous perdre.

Un roman un peu exigeant au départ (notamment pour se familiariser avec les noms basques) mais dont l’effort est largement récompensé par la suite : sa puissance et sa finesse en font un très grand coup de cœur.

 

Emma

 

Lire Pete Fromm

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Mon désir le plus ardent, Pete Fromm, traduction Juliane Nivelt, Gallmeister, paru le 05/04/2018, 283 pages, 22.70€

Par où commencer? Ceux qui suivent le blog savent que nous suivons Pete Fromm depuis de nombreuses années et que nous avons une tendresse particulière pour ses romans. Mon désir le plus ardent ne fait pas exception à cette règle.

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Comme à son habitude, l’auteur parvient à nous tirer les larmes puis à nous faire rire deux minutes après. Les dialogues percutants, les personnages attachants, la rivière pour décor…on s’immerge de suite dans l’histoire de Dalt et Maddy. Nous sommes dans le Wyoming et, peu après leur rencontre, ces deux guides de pêche tombent éperdument amoureux. Seulement voilà, les aléas de la vie font que ces deux là vont devoir s’armer d’un sacré courage pour pouvoir tenir, malgré tout.

Fanny et moi l’avons lu il y a un petit moment, avant qu’il ne soit traduit, et je réalise que j’ai encore certaines images en mémoire, certaines scènes qui me reviennent tour à tour drôles ou poignantes. Alors voilà, il y a des romans, comme ça, qui reste en vous longtemps, pour une raison qui ne s’explique pas toujours. Celui-ci en fait partie.

A lire de toute urgence.

Emma

Et si vous êtes loin, nous pouvons l’expédier 😉 :

https://www.librairielegrenier.com/livre/13183004-mon-desir-le-plus-ardent-juliane-nivelt-editions-gallmeister