Né d’aucune femme

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Né d’aucune femme, Franck Bouysse, La manufacture de livres, paru le 10/01/2019, 334 pages, 20.90€

Découverte, pour moi, de Franck Bouysse (auteur, entre autres, de Grossir le ciel, Plateau et Glaise) et quel bonheur! Bon, autant être honnête dès le début, il s’agit d’un roman relativement sombre : l’ambiance glauque d’un asile pour débuter suivie par la misère d’une campagne lointaine. Je vous envoie du rêve, là? Je vous le dis, 2019 sera fun!

Mais je m’égare. Bien évidement, il ne faut pas s’arrêter là car au cœur de cette noirceur se niche une poésie, une beauté, une force en la personne de Rose, héroïne de ce magnifique texte à laquelle nous ne pouvons que nous attacher. Nul besoin de dévoiler l’intrigue de ce roman qui ne devrait pas vous laissez insensible. Juste vous dire qu’il y sera question de cahiers cachés, d’amour, de regrets, de violences…un texte qui vous prendra peut-être à la gorge, par moment, et c’est ce qui est merveilleux avec la littérature.

Premier coup de cœur de la rentrée de Janvier en ce qui me concerne et si tous les titres à venir ont la force de ce roman, c’est une année qui débute très, très bien.

 

Emma

PS : pour vous le procurer, c’est ici 🙂 :

https://www.librairielegrenier.com/livre/14727289-ne-d-aucune-femme-franck-bouysse-manufacture-de-livres

 

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LE roman de Fabcaro!!!

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Le discours, Fabrice Caro, Gallimard, 208 pages, paru le 04/10/2018, 16€

Fabcaro, ce nom ne vous est certainement pas inconnu si vous êtes lecteur de bd (ou pas, d’ailleurs parce que son univers dépasse largement les frontières.). Vous l’avez peut-être découvert avec Zaï zaï zaï primé en 2016 (si ce n’est pas encore le cas, foncez!).

Plus de dix ans après la parution de Figurec (actuellement indisponible mais que vous pourrez découvrir en poche au mois de mars), Fabcaro (ou plutôt Fabrice Caro lorsqu’il sort de la bd) récidive avec Le discours, texte réjouissant au possible, à mettre entre toutes les mains.

Alors que se déroule le repas de famille que l’on imagine hebdomadaire, Adrien la quarantaine déprimée vient d’envoyer un texto à Sonia, son ex, qui reste sans réponse. Comment peut-elle ne pas répondre? Elle s’en fiche? Elle ne sait pas quoi dire? Elle est avec un autre? Tout au long du repas, entre les différents plats, notre protagoniste va imaginer toutes les situations possibles, usant de stratagèmes divers et variés pour s’échapper de la table. Mais ce message sans réponse n’est pas sa seule angoisse : sa sœur va se marier et c’est à lui que revient l’honneur de prononcer le discours. Et là, c’est le drame. Déjà que la perspective des festivités ne le réjouit guère, si en plus il doit se taper la rédaction d’un joli texte auquel il ne croit pas, ça va l’achever. Il va falloir qu’il use d’inventivité et de diplomatie pour éviter que ça se termine comme ça :

Je voulais vraiment mettre un extrait du roman mais tout est tellement bon, je n’arrive pas à choisir! Je crois qu’il va falloir que vous l’achetiez ;)!

https://www.librairielegrenier.com/livre/14412723-le-discours-fabrice-caro-gallimard

A lire!!

Emma

 

 

Roulio fauche le poil

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Julia épile les mots disgracieux pour ne garder que le côté gracieux de la vie. Elle est comme l’amie en verve d’un Bobby -Lapointe- et la compagne fantasque d’un Boris -Vian-. Elle nous présente ainsi son héroïne: Roulio-Roinita-Mademoiselle de Printemps, jeune femme aux converses dorées, à l’esprit acéré et aux chats névrotiques. Roulio travaille à Paris VIIIe, au « Fauche le Poil Institute« . Elle a une mémé Jeannette borderline qui aime le saucisson à l’ail, un copain clochard céleste qui répond au prénom de Marcel et un voisin, Charly Bagels, qui l’observe du coin de l’œil, bien attendri par la damoiselle mais quelque peu mis à distance par une Roulio survoltée et nerveuse à l’idée de montrer sa face sensible. Voilà un roman qui m’a fait risette, qui remue les zygomatiques, extravagant comme le chapeau de Tata Yoyo et attachant comme un caramel au beurre salé. Roulio fauche le poil et pas que, elle nous donne un p’tit bout de sa vie -youpi-youpi-, nous remplit d’une humanité avec des paillettes à l’intérieur et nous fait vibrer d’amûûûûrrr. Bref, on saute dessus comme une boîte de Pépito… mi corazón pépitipépito…

Roulio fauche le poil de Julia aux éditions du Tripode – 224 p. – 15 euros –

Fanny.

L’imparfaite amitié

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Quel beau coup de cœur mes amis, quel beau coup au cœur. Et pourtant, comment vous dire ce qu’est cette  Imparfaite amitié  de Mylène Bouchard. Il y a des accents de Kundera dans cet ouvrage, dans ses questionnements sur l’amour et l’amitié. J’ai envie d’écrire cette phrase posée dans L’insoutenable légèreté  pour commencer à dire ce livre :

« Il n’existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne car il n’existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation (…) la vie ressemble toujours à une esquisse. Mais même « esquisse » n’est pas le mot juste, car une esquisse est toujours l’ébauche de quelque chose, la préparation d’un tableau, tandis que l’esquisse qu’est notre vie est une esquisse de rien, une ébauche sans tableau. ».

Alors Mylène Bouchard m’a fait vivre tout cela. Et Amanda est toute cette pensée. C’est une femme indépendante, qui aime fort. Amanda vient de l’Isle-aux-Coudres, son histoire est liée à une goélette qui prend feu sur le fleuve Saint-Laurent en 1967 et son destin est scellé à un tableau vendu dans une petite galerie praguoise, de nos jours, représentant une femme voguant sur un bateau. C’est l’histoire d’un feu intérieur et Amanda est ce feu : c’est une aventurière, de celle qui va de l’avant, toujours. Elle quittera l’Isle-aux-Coudres pour Québec puis Prague, le flot de la vie est là : créer des liens, partager des réflexions, des envies. J’y ai parcouru son journal, ses souvenirs, son « registre des lièvres », ses petits dialogues avec Finn, son fils, ses confidences pour Sabina, sa fille, les lettres à ses belles amies, à ses amours. Amanda est dans la pulsation de sa vie. L’imparfaite amitié suit ce rythme : des textes datés s’entrecroisent avec des tableaux typographiques, une phrase d’inspiration donne souffle au passé, au présent. Mylène Bouchard s’affranchit du style littéraire traditionnel et nous offre ce roman qui transporte, interroge, émeut, libère.

« Réfléchis bien cela Sabina : 1 Aimer très fort / 2 Résister / 3 Choisir »

J’ai donc commencé à aimer très fort cette Imparfaite amitié , il y fait bon s’approcher de ce feu de joie et y lire le crépitement d’Amanda Pednault.

L’imparfaite amitié de Mylène Bouchard aux éditions La Peuplade. 387 p. /  22 euros.

Fanny.

Lire Pete Fromm

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Mon désir le plus ardent, Pete Fromm, traduction Juliane Nivelt, Gallmeister, paru le 05/04/2018, 283 pages, 22.70€

Par où commencer? Ceux qui suivent le blog savent que nous suivons Pete Fromm depuis de nombreuses années et que nous avons une tendresse particulière pour ses romans. Mon désir le plus ardent ne fait pas exception à cette règle.

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Comme à son habitude, l’auteur parvient à nous tirer les larmes puis à nous faire rire deux minutes après. Les dialogues percutants, les personnages attachants, la rivière pour décor…on s’immerge de suite dans l’histoire de Dalt et Maddy. Nous sommes dans le Wyoming et, peu après leur rencontre, ces deux guides de pêche tombent éperdument amoureux. Seulement voilà, les aléas de la vie font que ces deux là vont devoir s’armer d’un sacré courage pour pouvoir tenir, malgré tout.

Fanny et moi l’avons lu il y a un petit moment, avant qu’il ne soit traduit, et je réalise que j’ai encore certaines images en mémoire, certaines scènes qui me reviennent tour à tour drôles ou poignantes. Alors voilà, il y a des romans, comme ça, qui reste en vous longtemps, pour une raison qui ne s’explique pas toujours. Celui-ci en fait partie.

A lire de toute urgence.

Emma

Et si vous êtes loin, nous pouvons l’expédier 😉 :

https://www.librairielegrenier.com/livre/13183004-mon-desir-le-plus-ardent-juliane-nivelt-editions-gallmeister

 

Le cœur mendiant

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Le cœur mendiant de Mérédith Le Dez (La Part Commune)

Seule dans son appartement, une femme apprend aux informations qu’un homme qu’elle a connu il y a vingt cinq ans vient de mourir. Les souvenirs ressurgissent. Une histoire d’amour éphémère à l’âge de 17 ans qui restera gravée au carrefour de l’adolescence et de l’âge adulte.

L’écriture sensible et poétique de Mérédith Le Dez apporte un supplément de profondeur à ce roman intimiste et d’une grande finesse.

Gaël

4 3 2 1, Paul Auster : Yeah!!

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4 3 2 1, Paul Auster, traduit par Gerard Meudal, Actes Sud, paru le 03/01/2018, 1024 pages, 28 €

Brillant! Je referme le livre du tant attendu Paul Auster et c’est le premier mot qui me vient à l’esprit. Quelques années s’étaient écoulées depuis ma lecture de Sunset Park, roman que j’avais beaucoup aimé (et qui m’avait réconcilié avec l’auteur après la grosse déception qu’avait été Invisible). J’attendais donc 4 3 2 1 avec un mélange de hâte et de crainte. Et si c’était une déception? Et si je ne rentrais pas dedans?

Bref, je me suis lancée et il est vrai qu’à un moment il ne faut pas perdre le fil, mais cela ne dure que peu de temps. Les cent premières pages se dévorent. Entre la page 100 et la page 200, le processus des quatre destins de notre héros (j’y reviendrai) se met en place et c’est là qu’il faut être un peu concentré. Après, on est embarqué et le roman vous suit dans toutes les pièces de la maison (oui, il est un peu lourd, et parfois c’est pénible, mais bon, on pardonne.), du petit dèj au coucher : apprêtez-vous à être asocial le temps de la lecture. Car si la magie opère pour vous comme pour moi, alors vous vivrez le temps de cette lecture une sorte de vie parallèle. Il y aura la vie normale, quotidienne, et la vie dans le roman, avec Ferguson, notre héros, Rose, Amy, Artie, Célia et bien d’autres personnages qui rythmeront votre journée.

L’histoire, assez classique, est donc celle de Ferguson, petit-fils d’immigré juif, né dans les années 40 à New-York, que l’on suivra durant une vingtaine d’année. On retrouve tous les ingrédients chers à Paul Auster : New-York, donc,  le récit d’apprentissage, la figure de l’écrivain, la littérature, l’amitié, l’amour, la filiation, Paris…(Si habituellement vous n’êtes pas tellement fan de l’auteur, passez votre chemin, ça ne sert à rien d’y aller.). La nouveauté de celui-ci, c’est d’abord l’ampleur (1024 pages), il faut aimer se plonger dans les grands romans fleuve. Et bien-sur, sa construction, puisque l’auteur va imaginer quatre destins différents pour notre héros, selon les choix, les hasards etc. Pas d’inquiétude, on ne s’y perd pas (c’était ma crainte principale.)! Au contraire, on s’amuse et on suit avec délice les possibilités de vies de Ferguson, dans ce New-York extrêmement bien dépeint ayant pour toile de fond l’histoire de la ville et du pays (La guerre du Vietnam, les mouvements sociaux, les émeutes raciales..).

Enorme coup de cœur. 4 3 2 1, foncez ;)!

 

Emma