Charmant

btr

Nelly est une jeune femme comme les autres. Amour, beauté, dessin (BD)… on peut dire que rien ne lui réussit !
Mais sa vie change le jour où elle met la main sur un carnet mystérieux. De là, Nelly va rencontrer « LE » prince charmant, va affronter une adorable petite fille diabolique et accessoirement essayer de sauver le monde !

David Safier nous fais sauter à pieds joints dans ce roman vivifiant et coloré, qui m’a presque donné l’impression d’être dans une bande dessinée.
Nelly et ses compagnons plus loufouques les uns que les autres seront ravis de vous faire suivre leurs histoires riches en rebondissements.

Un grand merci à Virginie Pironin pour la traduction de ce livre.

Que du bonheur !

Célia.

 

Publicités

La faille du temps

smartcapture

Je pourrais parler de Shakespeare, parler de l’abandon vécu par Jeanette Winterson qui l’amena à avoir ce lien particulier au Conte d’hiver. Mais d’abord, ce mot, celui jaillit à la fin de ce roman : sublime. Ce mot avec toute sa puissance évocatrice. Sincèrement émue par cette Faille du temps vers laquelle se retrouvent ses personnages, traduit par l’indispensable Céline Leroy.

En le lisant, je me suis aussi retrouvée dans cette faille : jeune fille allongée sur un lit dans une maison écrasée par le soleil. C’est dans cet endroit que je compilais la lecture d’histoires shakespeariennes faites de vengeance, de tragédie et de pardon (Netflix peut aller gentiment se rasseoir en salle d’attente). Jeanette Winterson a ce don pour subjuguer ses lecteurs, vous entraînant dans son histoire, pour vous faire ressentir des émotions vives.

Par une nuit pluvieuse, Shep recueille un mort, une valise et une enfant. Dans un autre espace géographique, un homme, Léo, préfère « assassiner le monde plutôt que changer », au mépris de tout et principalement de l’amour et l’amitié. Perdita, enfant recueillie et choyée, grandit, puis un jour : le passé se rappelle au présent.

Vengeance, tragédie, pardon… Winterson reprend un conte de 1611 avec subtilité, intelligence et talent. La faille du temps est un exercice de style littéraire mené au titre de Grand Art, qui vous prend au cœur de la première à la dernière page.

Sublime donc.

Fanny.

 

 

Les tribulations d’Arthur Mineur

DSCN8107

Les tribulations d’Arthur Mineur, Andrew Sean Greer, traduction Gilbert Cohen-Solal, Jacqueline Chambon, paru le 02/01/2019, 252 pages, 22 €

J’ai découvert Andrew Sean Greer il y a dix ans, avec L’histoire d’un mariage. Je me rappelle avoir beaucoup aimé ce titre à l’époque. L’atmosphère, les personnages m’avaient tout de suite emportée sans que je sache trop pourquoi. C’est un peu ce que j’ai retrouvé dans cette lecture.

A l’instar du personnage de Stoner, de John Williams (https://www.librairielegrenier.com/livre/3538146-stoner-john-edward-williams-j-ai-lu ) , Arthur Mineur est un homme plutôt passif, subissant les différentes étapes de sa vie sans trop réagir, jusqu’au jour où son ancien amant se marie et lui fait parvenir l’invitation à la cérémonie. Cet événement va alors créer une sorte de déclic chez Arthur qui choisit, plutôt que de se morfondre seul chez lui, d’accepter tout un lot d’invitations à participer à différentes manifestations littéraires (il est romancier) à travers le monde. Paris, Berlin, le Sahara…nous le suivons avec délice dans ses voyages exotiques qui lui permettent également un peu d’introspection : mène-t-il la vie qu’il souhaitait? Est-il un bon auteur? A l’approche de la cinquantaine, quelles sont, désormais, ses attentes?

Arthur Mineur est un homme avec toutes ses complexités et c’est cette finesse que j’ai particulièrement appréciée. Andrew Sean Greer évite les clichés et fait preuve d’une belle maîtrise aussi bien sur le fond que sur la forme. C’est un roman bien écrit, distrayant, touchant et très drôle également. Bref, une découverte lumineuse pour ce mois de Février.

L’auteur était l’invité de la grande table au début du mois :

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/andrew-sean-greer-prix-pulitzer-2018

Si vous êtes tenté.e.s, vous pouvez vous procurer le roman sur le site de la librairie 🙂 :

https://www.librairielegrenier.com/livre/14800424-les-tribulations-d-arthur-mineur-andrew-sean-greer-editions-jacqueline-chambon

Emma

 

Né d’aucune femme

imag0696

Né d’aucune femme, Franck Bouysse, La manufacture de livres, paru le 10/01/2019, 334 pages, 20.90€

Découverte, pour moi, de Franck Bouysse (auteur, entre autres, de Grossir le ciel, Plateau et Glaise) et quel bonheur! Bon, autant être honnête dès le début, il s’agit d’un roman relativement sombre : l’ambiance glauque d’un asile pour débuter suivie par la misère d’une campagne lointaine. Je vous envoie du rêve, là? Je vous le dis, 2019 sera fun!

Mais je m’égare. Bien évidement, il ne faut pas s’arrêter là car au cœur de cette noirceur se niche une poésie, une beauté, une force en la personne de Rose, héroïne de ce magnifique texte à laquelle nous ne pouvons que nous attacher. Nul besoin de dévoiler l’intrigue de ce roman qui ne devrait pas vous laissez insensible. Juste vous dire qu’il y sera question de cahiers cachés, d’amour, de regrets, de violences…un texte qui vous prendra peut-être à la gorge, par moment, et c’est ce qui est merveilleux avec la littérature.

Premier coup de cœur de la rentrée de Janvier en ce qui me concerne et si tous les titres à venir ont la force de ce roman, c’est une année qui débute très, très bien.

 

Emma

PS : pour vous le procurer, c’est ici 🙂 :

https://www.librairielegrenier.com/livre/14727289-ne-d-aucune-femme-franck-bouysse-manufacture-de-livres

 

LE roman de Fabcaro!!!

9782072818493-200x303-1

Le discours, Fabrice Caro, Gallimard, 208 pages, paru le 04/10/2018, 16€

Fabcaro, ce nom ne vous est certainement pas inconnu si vous êtes lecteur de bd (ou pas, d’ailleurs parce que son univers dépasse largement les frontières.). Vous l’avez peut-être découvert avec Zaï zaï zaï primé en 2016 (si ce n’est pas encore le cas, foncez!).

Plus de dix ans après la parution de Figurec (actuellement indisponible mais que vous pourrez découvrir en poche au mois de mars), Fabcaro (ou plutôt Fabrice Caro lorsqu’il sort de la bd) récidive avec Le discours, texte réjouissant au possible, à mettre entre toutes les mains.

Alors que se déroule le repas de famille que l’on imagine hebdomadaire, Adrien la quarantaine déprimée vient d’envoyer un texto à Sonia, son ex, qui reste sans réponse. Comment peut-elle ne pas répondre? Elle s’en fiche? Elle ne sait pas quoi dire? Elle est avec un autre? Tout au long du repas, entre les différents plats, notre protagoniste va imaginer toutes les situations possibles, usant de stratagèmes divers et variés pour s’échapper de la table. Mais ce message sans réponse n’est pas sa seule angoisse : sa sœur va se marier et c’est à lui que revient l’honneur de prononcer le discours. Et là, c’est le drame. Déjà que la perspective des festivités ne le réjouit guère, si en plus il doit se taper la rédaction d’un joli texte auquel il ne croit pas, ça va l’achever. Il va falloir qu’il use d’inventivité et de diplomatie pour éviter que ça se termine comme ça :

Je voulais vraiment mettre un extrait du roman mais tout est tellement bon, je n’arrive pas à choisir! Je crois qu’il va falloir que vous l’achetiez ;)!

https://www.librairielegrenier.com/livre/14412723-le-discours-fabrice-caro-gallimard

A lire!!

Emma

 

 

Roulio fauche le poil

roulio

Julia épile les mots disgracieux pour ne garder que le côté gracieux de la vie. Elle est comme l’amie en verve d’un Bobby -Lapointe- et la compagne fantasque d’un Boris -Vian-. Elle nous présente ainsi son héroïne: Roulio-Roinita-Mademoiselle de Printemps, jeune femme aux converses dorées, à l’esprit acéré et aux chats névrotiques. Roulio travaille à Paris VIIIe, au « Fauche le Poil Institute« . Elle a une mémé Jeannette borderline qui aime le saucisson à l’ail, un copain clochard céleste qui répond au prénom de Marcel et un voisin, Charly Bagels, qui l’observe du coin de l’œil, bien attendri par la damoiselle mais quelque peu mis à distance par une Roulio survoltée et nerveuse à l’idée de montrer sa face sensible. Voilà un roman qui m’a fait risette, qui remue les zygomatiques, extravagant comme le chapeau de Tata Yoyo et attachant comme un caramel au beurre salé. Roulio fauche le poil et pas que, elle nous donne un p’tit bout de sa vie -youpi-youpi-, nous remplit d’une humanité avec des paillettes à l’intérieur et nous fait vibrer d’amûûûûrrr. Bref, on saute dessus comme une boîte de Pépito… mi corazón pépitipépito…

Roulio fauche le poil de Julia aux éditions du Tripode – 224 p. – 15 euros –

Fanny.

L’imparfaite amitié

IMG_3482

Quel beau coup de cœur mes amis, quel beau coup au cœur. Et pourtant, comment vous dire ce qu’est cette  Imparfaite amitié  de Mylène Bouchard. Il y a des accents de Kundera dans cet ouvrage, dans ses questionnements sur l’amour et l’amitié. J’ai envie d’écrire cette phrase posée dans L’insoutenable légèreté  pour commencer à dire ce livre :

« Il n’existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne car il n’existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation (…) la vie ressemble toujours à une esquisse. Mais même « esquisse » n’est pas le mot juste, car une esquisse est toujours l’ébauche de quelque chose, la préparation d’un tableau, tandis que l’esquisse qu’est notre vie est une esquisse de rien, une ébauche sans tableau. ».

Alors Mylène Bouchard m’a fait vivre tout cela. Et Amanda est toute cette pensée. C’est une femme indépendante, qui aime fort. Amanda vient de l’Isle-aux-Coudres, son histoire est liée à une goélette qui prend feu sur le fleuve Saint-Laurent en 1967 et son destin est scellé à un tableau vendu dans une petite galerie praguoise, de nos jours, représentant une femme voguant sur un bateau. C’est l’histoire d’un feu intérieur et Amanda est ce feu : c’est une aventurière, de celle qui va de l’avant, toujours. Elle quittera l’Isle-aux-Coudres pour Québec puis Prague, le flot de la vie est là : créer des liens, partager des réflexions, des envies. J’y ai parcouru son journal, ses souvenirs, son « registre des lièvres », ses petits dialogues avec Finn, son fils, ses confidences pour Sabina, sa fille, les lettres à ses belles amies, à ses amours. Amanda est dans la pulsation de sa vie. L’imparfaite amitié suit ce rythme : des textes datés s’entrecroisent avec des tableaux typographiques, une phrase d’inspiration donne souffle au passé, au présent. Mylène Bouchard s’affranchit du style littéraire traditionnel et nous offre ce roman qui transporte, interroge, émeut, libère.

« Réfléchis bien cela Sabina : 1 Aimer très fort / 2 Résister / 3 Choisir »

J’ai donc commencé à aimer très fort cette Imparfaite amitié , il y fait bon s’approcher de ce feu de joie et y lire le crépitement d’Amanda Pednault.

L’imparfaite amitié de Mylène Bouchard aux éditions La Peuplade. 387 p. /  22 euros.

Fanny.